TRIBUNAL DU TRAVAIL - Licenciés pour consommation de stupéfiants
Après de multiples renvois, le tribunal du travail a finalement retenu, hier matin, l’affaire d’une quinzaine de personnels naviguant commerciaux d’ATN licenciés sans autre forme de procès par la compagnie, fin 2007, soupçonnés de consommer des stupéfiants pendant leurs escales, voire même d’en importer sur le territoire.
Une affaire sensible puisque Air Tahiti Nui pourrait être contraint d’indemniser ses anciens employés si la justice venait à considérer le caractère abusif de ces licenciements : on parle de plus de 200 millions de Fcfp. À l’audience hier, l’avocat de la compagnie au tiare, Me Piriou, ne s’en est pas laissé compter, précisant que ATN avait pris cette décision à l’encontre d’employés ayant reconnu les faits : “Et c’était bien à l’occasion de leur travail ! Les textes prévoient qu’il faut faire la différence entre vie privée et vie professionnelle, sauf s’il y a trouble au fonctionnement de l’entreprise. Et là, nous y sommes. L’escale est un temps entre deux vols, l’hôtel et les frais sont payés par l’entreprise…”
Des analyses toxicologiques négatives
Un argument qui n’a évidemment pas convaincu Me Cazères, l’avocat des PNC, dans ce volet du dossier : “L’escale est un temps d’activité pendant lequel le personnel vaque librement à ses occupations. La compagnie aurait pu se contenter d’une suspension, d’autant plus qu’elle a lancé une procédure pénale dans ce dossier et qu’il serait préférable d’attendre que tout soit clarifié de ce côté-là”. Me Cazères, qui s’est refusé à tout commentaire sur cette procédure, secret de l’instruction oblige, et son homologue Me Piriou étaient tous deux hier dans l’expectative d’un renvoi prochain des PNC mis en cause devant le tribunal correctionnel, peut-être au mois de novembre. Le tribunal du travail, lui, a mis sa décision en délibéré au 17 novembre. Ces deux dossiers si étroitement liés pourraient donc se télescoper. Et, les PNC seraient enfin fixés sur leur sort, d’autant plus qu’une large part d’entre eux, dont les analyses toxicologiques au paka, à l’ice, et même à la cocaïne se sont avérées négatives, attendent leur convocation avec impatience.
Raphaël Pierre
> Nouveau renvoi pour les vétérans du nucléaire
Le dossier des anciens salariés employés sur les sites du CEP avance toujours avec autant de prudence. Renvoyé au mois de septembre le 2 juin dernier pour permettre aux sociétés défenderesses et à l’État de répondre aux interrogations des plaignants, un nouveau délai leur a été accordé hier par le tribunal du travail. Argument invoqué par Me Cazères, représentant entre autre les intérêts de l’État : difficile pendant la période de vacances qui vient de s’écouler d’avoir pu joindre tous ses interlocuteurs. L’affaire sera finalement plaidée le 20 octobre prochain. Huit anciens salariés imputent les graves pathologies qui les touchent aux retombées nucléaires.

Par gilles, septembre 16, 2008



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