PORTRAIT - “La machine Flosse”
Il a 78 ans, et il continue à se battre. Contre ses ennemis politiques, contre la justice, contre ses anciens amis politiques qui l’ont “lâché”, parfois aussi contre lesmédias. Mais qu’est-ce qui fait courir Gaston Flosse ?... L’ambition bien sûr, l’amour pour son pays, le goût du pouvoir et ce contact avec le peuple, vers lequel il se retourne lorsque tout vamal. Tout cela a fait de lui une véritable“bête politique”, que ses rivaux redoutent et que ses amis admirent. La protection apportée par le Sénat à son immunité parlementaire - pour l’instant - va certainement encore“booster” l’infatigable sénateur, prouvant qu’il peut ainsi encore convaincre et résister -même à la justice. Petit retour sur quelques-uns des secrets de la “machine Flosse”…
(YF)
Il dort peu et travaille beaucoup
Novembre 2008 : Savino Tetoka, maire délégué de Raroia, se rend à Makemo à la veille du conseil municipal. Interpellé par un habitant de son île pour une demande de citerne d’eau, il décide d’appeller Gaston Flosse pour avoir son avis à ce sujet. Il est 15 heures, sous le soleil des Tuamotu. Le président du Tahoera’a décroche, la voix pâteuse. En métropole, où il se trouve en mission, il est 3 heures du matin. “Oui Savino”, entend-on sur le téléphone du maire qui met le haut-parleur. “Tu me réveilles. Je suis à Paris. Je te rappelle.” Et alors que tout le monde attendait un coup de téléphone le soir ou le lendemain, le téléphone du tavana paumotu sonne… cinq minutes plus tard.
“Savino, c’est Gaston… C’est quoi le problème ?” Et le maire de lui expliquer la situation, avant de passer le téléphone au maire de Makemo, qui est invité par la même occasion au congrès des maires en France. Fin de l’histoire ou presque. Car depuis Paris et en pleine nuit, Flosse a ensuite appelé la permanence du Tahoera’a à Papeete. Puis Lana Tetuanui, pour aider les paumotu dans leurs démarches. Il n’y a pas d’heure pour les braves, dit-on.
BP
Il sait s’entourer
Bien que non-énarque, l’ancien instituteur devenu le “boss” de la Polynésie a toujours su s’entourer. A commencer par des énarques, venant étoffer son cabinet présidentiel, et lui faisant profiter de leurs réseaux de relations. Mais Gaston Flosse a toujous sur également “renvoyer” l’ascenseur au sein de la famille RPR, qui l’a soutenu depuis Paris. Dans les années 90, défilent ainsi à Tahiti Alain Juppé, Jacques Toubon, Philippe Seguin, puis récemment encore Dominique De Villepin. Tous acceuillis et traités royalement, avec des honneurs à faire pâlir un chef d’Etat. Même le ministre de l’Outre-mer Jean-Jacques De Peretti, trouvera un réconfort bienvenu en Polynésie, lorsqu’il perdra son portefeuille, tout en accumulant les ennuis judiciaires. Il deviendra ainsi “M. reconversion” de l’atoll de Hao qui vient de perdre le statut de base arrière du CEP. Une fonction grassement rémunérée…
YF
Il choisit le bon cheval
Gaston Flosse aime raconter cette histoire : en 1976, lors de la création du nouveau parti de Jacques Chirac, le RPR, Gaston Flosse fait le déplacement jusqu’à Paris pour être parmi les membres fondateurs du nouveau parti “anti-Giscard”. En le voyant arriver à la réunion, Jacques Chirac s’écrie : “Mais Gaston ! Qu’est-ce que tu fais là ? Tu as fait 18 000 km pour venir me soutenir ?” Depuis cette date, les deux hommes se sont suivis et entraidés : dix ans plus tard, Jacques Chirac nomme Flosse dans son gouvernement de cohabitation, comme secrétaire d’Etat au Pacifique Sud. En 1995, Gaston Flosse défend becs et ongles la reprise des essais nucléaires décidée par le président Chirac, et surtout l’arrêt du CEP.
Un an plus tard, il obtient le fameux Fonds de renconversion, à hauteur de 18 milliards par an pour la Polynésie... qui se retrouve soudain en plein décollage économique, grâce à l’argent qui coule à flots. Le tandem marche à merveille entre les deux hommes, la justice s’intéressant d’ailleurs de près à cette relation Paris- Papeete.
YF
Il s’est trompé aussi… et a trompé
Malgré sa brillante carrière, le parcours de Gaston Flosse n’est pas exempt d’échecs et d’accrocs. A commencer par ce terrible “parjure téléviseul”, le 29 janvier 2008 : “Le Tahoeraa Huiraatira ne conclura aucune alliance avec les indépendantistes et ne permettra pas à un indépendantiste d’être élu président de la Polynésie Française. J’en fais le serment”, déclaret- il aux auditeurs, entre les deux tours d’une élection territoriale anticipée qui voit le Tahoeraa s’effondrer.
Et pourtant, quelques semaines plus tard, il s’allie avec ces mêmes indépendantistes pour reprendre - brièvement - la présidence du Pays, et surtout pour tenter de gagner les élections municipales dans plusieurs communes. Beaucoup d’électeurs, et même de sympathisants, ne lui pardonneront pas ce tour de passe-passe politique qui irrite jusqu’à Paris. Le mensonge a ainsi parfois été érigé en stratégie grossière, comme en 2004 lorsqu’il affirmait que la motion de censure n’était pas à l’ordre du jour, alors qu’il préparait tout son parti à des élections anticipées. “Celui qui creuse la tombe d’un autre doit se méfier de ne pas y tomber dedans lui-même”, commentera Oscar Temaru au lendemain du taui…
YF




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ajoutez à cela un peut de clientélisme, des postes bien placés et bien payés aux copains et le tour est joué !
C'est bizarre mais cela continue encore aujourd'hui le clientélisme... Comme quoi l'instit a bien formé ses successeurs, même dans l'opposition !!