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Mer

16

Sep

2009

Gaston Flosse convoqué à la DSP
Fenua - Politique
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CORRUPTION PRESUMÉE - Dans la foulée du refus des sénateurs de se prononcer sur la levée de l'immunité parlementaire

Les juges Stelmach et Redonnet n’auront pas attendu longtemps avant de contre-attaquer. Trois heures à peine après la décision du Sénat de refuser de se prononcer sur la levée de l’immunité parlementaire de Gaston Flosse (lire par ailleurs), l’ancien président de la Polynésie française, en métropole pour la rentrée parlementaire, recevait la visite de deux officiers de police judiciaires chargés de lui remettre une convocation, mais à la direction de la sécurité publique (DSP) de Papeete cette fois.

 

> En 3 points

  • Le sénateur, qui a demandé à être mis en examen depuis le 22 août dernier, est convoqué par le juge chez les enquêteurs de la financière demain.
  • En attendant, les magistrats poursuivent leurs investigations. Une nouvelle perquisition a eu lieu hier à l’agence Bontant de Papeete, dans le cadre des transactions immobilières douteuses du groupe 2H et les soupçons d’enrichissement direct ou indirect pesant sur Gaston Flosse.
  • Hubert Haddad, lui, sera auditionné une nouvelle fois cet après-midi par les juges, dans un climat d’agacement des proches des détenus qui misaient sur les déboires de Gaston Flosse, “tête de pont” du dossier pour certains, afin, peut-être, d’assister à la remise en liberté de leurs proches. Des demandes en ce sens ont par ailleurs déjà été déposées.
 

Le président du Tahoeraa Huiraatira, dont le retour au fenua était programmé au mardi 22 septembre, devra donc écourter son séjour à Paris pour se rendre au commissariat de police de Papeete, dès demain, dans la matinée. Problème : l’avion n’arrive pas avant 22 heures. Le juge d’instruction accordera-t-il quelques heures de répit à Gaston Flosse qui, de source proche du sénateur, ne compte pas se soustraire à la police ? Son avocat à Tahiti, Me Quinquis, a tenté de joindre lemagistrat toute la journée hier pour reporter cette audition au lendemain vendredi, en vain : “J’ai cherché à le joindre dans ce but mais sans succès”, nous confiait le bâtonnier hier soir, “j’ai aussi d’autres clients…”. Si le juge Stelmach sait où trouver l’avocat historique de Gaston Flosse, comme à l’occasion de consultations de documents à son cabinet, vendredi dernier, dans le cadre des investigations sur l’implication ou non d’Hubert Haddad dans le rachat de la propriété du sénateur à Huahine, en 2006, le magistrat semble moins prompt à répondre à ses sollicitations. Comme La Dépêche le révélait hier, Me François Quinquis attend depuis le 22 août dernier une réponse des juges à la demande formulée par Gaston Flosse d’être mis en examen, dans l’affaire OPT-Haddad, ce qui lui permettrait d’avoir accès au dossier.

Collecter un maximum d’éléments contre le sénateur avant de les lui faire découvrir

Mais les magistrats ne semblent pas pressés, donnant l’impression de vouloir collecter unmaximum d’éléments contre le sénateur avant de les lui faire découvrir. Ils étaient d’ailleurs encore hier en perquisition, chez l’agent immobilier Bontant, quatre jours après s’être rendus au domicile de l’ancien notaire Alexandre Cormier pour se faire remettre des documents (lire par ailleurs). Reste que le second camouflet que leur a infligé le bureau du Sénat hier, les contraignant à mettre le leader orange en examen avant, d’éventuellement, de répondre favorablement à une troisième demande de levée de son immunité parlementaire, risque de faire accélérer les choses. Si l’audition de Gaston Flosse par le groupe financier de la DSP à bien lieu comme prévu jeudi prochain, l’ancien président de la Polynésie française pourrait logiquement être entendu dans la foulée par le duo Stelmach-Redonnet. Mis en examen, Gaston Flosse aurait alors accès aux pièces du dossier tout en échappant à un éventuel placement en détention provisoire, que ne manqueront pas de redemander les deux magistrats.

Raphaël Pierre

 

Perquisition à l’agence Bontant et chez l’ex-notaire Cormier

Rachat de la propriété de Gaston Flosse à Huahine par ses proches pour 180 millions de FCFP, rachat par l’OPT à Hubert Haddad de l’immeuble Shangrila pour 335 millions de FCFP, affaire de l’atoll Anuanuraro, 850 millions de FCFP… Comme le révélait La Dépêche dans son édition du 11 septembre dernier, l’enquête des juges d’instruction a pris une nouvelle dimension qui s’intéresse désormais, comme nous l’indiquait le procureur de la République José Thorel, “sur certaines opérations immobilières financées par le groupe 2H et qui pourraient avoir été faites au bénéfice direct ou indirect de Gaston Flosse”.

Nouvelle illustration, hier, avec la perquisition pendant trois heures dans l’après-midi de l’agence immobilière Bontant, dans le centre-ville de Papeete. “Les enquêteurs sont allés chercher des documents relatifs aux soupçons pesants sur Hubert Haddad”, a confirmé le parquet. A noter que le gérant de l’agence avait déjà été entendu en mars 2008, sans être inquiété, dans le cadre d’une autre affaire immobilière douteuse dont l’instruction est désormais close : le rachat par le Pays à Robert Wan de l’atoll de Anuanuraro.

Cette perquisition est intervenue quatre jours après une autre visite de la police chez un notable de la place : l’ancien notaire Alexandre Cormier. La DSP s’est en effet rendue à son domicile de la résidence du Lagon Bleu à Taunoa “pour se faire remettre des documents”, expliquait hier soir le parquet confirmant nos informations. La veille, le jeudi 10 septembre, le juge Jean-François Redonnet venait de perquisitionner l’étude Calmet-Restout- Delgrossi, autrefois aux mains d’Alexandre Cormier. La traque continue.

 

 

Hubert Haddad retourne devant le juge

Le patron du groupe 2H a une nouvelle fois rendez-vous avec les juges d’instruction Philippe Stelmach et Jean- François Redonnet, cet après-midi. Les magistrats doivent l’interroger sur leurs récentes découvertes, à la faveur des différentes perquisitions menées chez les agents immobiliers et autres offices notariaux de la place ces derniers jours. La justice soupçonne Hubert Haddad d’être impliqué dans des opérations immobilières douteuses au bénéfice “direct ou indirect” de Gaston Flosse. C’est la première audition programmée après la décision du bureau du Sénat de ne pas se prononcer sur la levée de l’immunité parlementaire de Gaston Flosse, pas tant que les juges en tout cas ne l’auront pas mis en examen. Et le climat risque d’être tendu tant certains avocats, dont celui d’Hubert Haddad, lient le destin de leur client à celui du sénateur : “Leur refus d’entendre Gaston Flosse, pourtant présenté comme la clé de voûte de l’affaire, ou de le mettre en examen, nous a fait perdre sept semaines”, explique ainsi Me Jean- Charles Barmont.

“On peut se poser la question de l’équité du traitement des uns et des autres”

“Il y a des actes qui auraient du être faits et qui ne l’ont pas été. On peut aussi se poser la question de l’équité du traitement des uns et des autres, et de la sérénité des débats. La pression médiatique qui entoure l’affaire la remet en cause.” Hubert Haddad, qui a subi de nouveaux examens médicaux en raison de ses graves problèmes cardiaques, a déposé hier, par le biais de son avocat, une nouvelle demande de remise en liberté, à l’instar des autres prévenus placés en détention provisoire dans l’affaire des annuaires OPT. Hubert Haddad est incarcéré depuis le 24 avril dernier. Il lui est reproché d’avoir versé 200 millions de FCFP de pots de vin à destination de Gaston Flosse entre 1993 et 2005, et une ardoise de 811 millions de FCFP au préjudice de l’OPT, conséquence de la vente d’un immeuble à la maison jaune et bleu et de contrats publicitaires sur mesure passés avec la bénédiction des dirigeants de l’Office, entre 2003 et 2006.

 

Commentaires (1)Add Comment
0
Never too late...
Par PV, septembre 16, 2009
"MIEUX VAUT TARD QUE JAMAIS POUR LA DSP" ! Ils auront eu amplement le temps de craquer les pauvres et simples prévenus ! Une détention provisoire qui dure et durant laquelle, ils auront en effet pu se demander s'il n'y aurait pas un réel problème d'équité en matière de traitement, selon que l'on soit puissant ou à l'évidence, pas grand chose...

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