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Mer

19

Nov

2008

Maltraitance : travailleurs sociaux débordés et structures d’accueil insuffisantes
Fenua - Social
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Journée des droits de l’enfant  -volet 1- (rédaction web)

dianevignette.jpgLa violence physique, psychologique et la négligence des parents à l’égard de leurs enfants sont odieuses. Face à l’intolérable, et à l’occasion de la journée mondiale des droits de l’enfant, il est bon de rappeler qu’il est du devoir de chacun de signaler des défaillances éducatives mettant en péril un enfant. Les affaires sociales, pour leur part, missionnées pour protéger les enfants, reçoivent des centaines de signalements par an. Entre parcours administratif et manque de moyens, le secours n’est pas toujours à la hauteur de l’enjeu ; Mais tous les cas sont examinés. Etat des lieux avec Diane Chiu, responsable de la protection de l’enfance et de la jeunesse à la direction des Affaires sociales (DAS).

Que fait-on pour secourir les enfants maltraités en Polynésie française ?

La direction des Affaires sociales est missionnée pour la protection de l’enfance. Au sein d’une cellule dite de « recueil et de centralisation des informations préoccupantes», nous réceptionnons tous les signalements de différents partenaires qui sont, dans l’ordre en 2007, la Ligne verte, la santé par le biais principalement du CHPF (centre hospitalier de Polynésie française) et la justice. Nous avons ensuite deux voies d’actions principales : judiciaire ou administrative.  Nous nous orientons dans la première voie lorsque le danger est avéré pour l’enfant. La justice décidera de la nécessité d’une assistance éducative avec une mesure de placement pour protéger l’enfant.  La deuxième voie, administrative, sera prise par la direction des Affaires sociales elle-même. Dans ce cas, par le biais d’une assistance éducative en milieu ouvert (l’enfant reste au sein de sa famille) nous venons en aide aux familles, suivies par des travailleurs sociaux.

diane350.jpgEst-ce que tous les signalements sont pris en compte ?

Oui. Nous faisons le tri au sein de la cellule. S’il n’y a pas suffisamment d’éléments sur un signalement, nous prenons contact avec le signalant pour tenter d’en savoir plus. Mais sans un minimum, une adresse ou un nom, c’est impossible.

Quels types de signalements recevez-vous ?

En 2007, les signalements concernant des maltraitances physiques étaient les plus importants. Ce n’était pas arrivé depuis plusieurs années. La DAS a enregistré 815 signalements. Ce chiffre fait ressortir une augmentation de plus de 250  signalements par rapport à 2006.  Viennent ensuite les signalements pour des problèmes de comportements (agressivité physique et verbale, irrespect des règles envers les parents ou adultes, fugues, addictions, incivisme, ....) puis pour absentéisme scolaire, signalé par les écoles.

Comment expliquez-vous cette augmentation des signalements de maltraitance physique ?

Une prise de conscience plus importante peut-être de l’entourage,  mais il y a aussi la réalité : promiscuité dans certaines familles, absence de revenus. L’alcool et le paka font de gros dégâts.

Que se passe –t-il concrètement lorsque vous avez pris en compte le signalement et identifié l’enfant en difficulté ou en souffrance ?

Le signalement est adressé à la circonscription d’action sociale concernée. Il y en a 9 en Polynésie et les travailleurs sociaux prennent le relais.

droits350.jpgDans les archipels éloignés aussi ?

Nous avons deux travailleurs sociaux pour les Marquises, quatre pour les Tuamotu, dont un basé sur Rangiroa et un seul pour les Australes basé sur Tubuai. Ce n’est pas suffisant et ces travailleurs sociaux ne peuvent pas toujours se déplacer sur les îles voisines.  Quelquefois, on est obligé d’attendre une tournée administrative. Au mieux, nous avons des personnes relais sur place : à la mairie, mutoi,…) Mais à Tahiti, nous sommes pauvres en moyens également. Les travailleurs sociaux ont en charge en moyenne 50 à 60 dossiers chacun en permanence alors qu’en métropole, c’est une trentaine. Ils sont obligés d’établir des priorités. Le suivi des familles n’est pas aussi efficace qu’il devrait l’être.

En quoi consiste le travail de terrain du travailleur social ?

Il y a celui qui vérifie le signalement auprès de la famille et de l’entourage, école, voisins, …. De son rapport doit découler une orientation : une demande d’assistance éducative auprès du procureur puis du juge des enfants ou bien une assistance par nos services comme je vous l’expliquais.  Dans ce dernier cas, d’autres travailleurs sociaux, assistantes sociales et éducateurs spécialisés effectuent alors un suivi auprès des familles.

Lorsqu’il y a danger pour l’enfant et qu’il est éloigné de sa famille, où est-il placé ?

En foyer socio-éducatif ou en familles d’accueil. Mais c’est une autre faiblesse de notre prise en charge. Nous n’avons pas assez de structures d’accueil. Les foyers affichent complet et lorsqu’une place se libère elle est aussitôt occupée.  Nous manquons surtout de structures d’accueil spécialisées avec des plateaux techniques, par exemple pour les jeunes qui ont des troubles psychiatriques.

Quelles sont les actions préventives mises en place ?

La lutte contre la maltraitance est l’affaire de tous, et de tous les ministères qui devraient mutualiser leurs moyens puisque la maltraitance est liée aussi à l’alcool, l’emploi, … Il y a quelques années, nous avions mis en place des formations liées à la parentalité. Mais dans l’idéal, il faudrait renouveler ce genre d’opérations tous les ans. La prévention dans les collèges aussi est efficace car après la visite d’intervenants auprès des élèves, nous avons une petite recrudescence des signalements.

Que peut faire un particulier qui veut signaler un enfant en souffrance ou en danger ou un enfant lui-même ?

Il peut appeler la Ligne verte au 44 44 22 où une équipe d’écoute est présente  pour aider toute personne confrontée à une situation de maltraitance ou de détresse. L’appel est gratuit et confidentiel et n’apparaît pas sur les factures détaillés de l’appelant.  Il peut aussi s’adresser à l’antenne sociale de sa circonscription.

Propos recueillis par Sandrine Guyonnet (rédaction web)

 

Chiffres (2007)

815 signalements auprès de la DAS (Direction des affaires sociales)

2100 enfants placés sous protection judiciaire ou administrative

400 enfants placés en familles d’accueil

 

 

Liens utiles et Ligne Verte

 

A lire demain sur ladepeche.pf :

Volet 2 de notre sujet consacré à la maltraitance à l’occasion de la journée mondiale des droits de l’enfant avec l’interview de  Nathalie Colin-Fagotin , psychologue au Fare Tama Hau, coordinatrice de l’équipe d’écoute téléphonique d’urgence la Ligne Verte : 44 44 22

Volet 3 : l’interview de Henri Cornette de St Cyr plus connu sous le nom de Doudou, directeur de l’école de voile de Arue et organisateur de la Saga devenu depuis septembre le Défenseur des enfants en Polynésie française.

Commentaires (1)Add Comment
0
ho ho
Par oui oui, novembre 20, 2008
heureusement qu'il y a l'école des parents (avant ou après la naissance), ou alors examen psychologique avant de procréer, n'en déplaise à certains, à moins que l'on est à faire à des voyeurs qui salivent du spectacle. C'est sur que l'élection de miss c'est plus important, à quand "Miss bébé tabassé, violé, torturé et tué" au moins l'association pourrait avoir plus de subventions. Bon courage à tous ces volontaires, qui méritent, eux,qu'on s'intéresse un peu plus à leur sort. Merci Mme Diane.

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