Habillage fond de site

Bannière sur-titre PI

Noyée au fond d’un puits : quel rôle a joué son conjoint ?

vendredi 8 septembre 2017

FC 1 justice

L’accusé a eu plusieurs versions sur les faits, mais c’est l’aveu fait lors de la veillée mortuaire qui correspond le plus aux éléments de l’enquête. (©Photo : Florent Collet).

L’affaire avait créé un vif émoi sur le petit atoll tranquille de Raroia, lorsqu’un dimanche soir d’octobre 2014, Albert M. avait appelé le village au secours, car sa conjointe était coincée au fond d’un puits, profond d’un peu moins de 3 mètres et de la largeur d’un drum d’essence.

Il faudra l’intervention de quatre personnes pour la ressortir et malgré le bouche à bouche et le massage cardiaque réalisés par son conjoint, la jeune femme alors âgé de 21 ans décédera noyée.

Faute de pouvoir joindre Tahiti à cause d’un problème de réseau, l’auxiliaire de santé et le maire décideront de la faire inhumer sans que la justice et la gendarmerie ne soient mises au courant.

Albert M., dont les excès de violences contre sa femme n’étaient pas ignorés des gens du village, avait été placé à l’abri dans la mairie pour calmer la tension qui commençait à s’élever contre lui.

L’auxiliaire du policier municipal présent à l’audience a rappelé hier les deux premières versions livrées par l’accusé : “Il a fait plusieurs déclarations, il était perdu”, déclare-t-il.

L’homme explique, et cela a été confirmé depuis, qu’il a bu toute la journée, deux litres de komo en tout, puis s’est disputé  avec sa conjointe.

Il lui aurait mis une gifle et la victime aurait ensuite couru jusqu’au puits pour y sauter debout, avant de déclarer qu’elle avait sauté tête en avant.

Aux enquêteurs de la section de recherche, qui se rendront place plusieurs jours plus tard, notamment pour exhumer le corps, il donne une troisième version.

Lors de la dispute, il aurait touché la hanche de sa conjointe, ce qui l’aurait déséquilibré et aurait entraîné sa chute.

Mais le soir de la veillée mortuaire, Albert M. se confie. Ce jour-là, il part chercher du paka et lorsqu’il revient sur le lieu de fête où était sa conjointe, elle n’est plus là.

Sa jalousie et sa possessivité font un mauvais cocktail avec le komo. Il part à sa recherche, furieux, et lorsqu’il la retrouve chez eux, il la traîne par les cheveux.

Dans la maison, il lui introduit un doigt dans le sexe pour vérifier si elle n’a pas été infidèle avant de la violer.

Il l’aurait ensuite amené jusqu’au puits, où il l’aurait plongé les pieds attachés à une corde, la faisant monter et descendre dans les 60 centimètres d’eau pour lui faire avouer son infidélité.

Albert M. niera cette version et avoir tenu ces propos, mais pour le directeur d’enquête, cet aveu concorderait avec les faits matériels constatés sur les lieux.

En détention, Albert M. aurait également fait cet aveu à un surveillant de Nuutania : “Je l’ai mise dans le trou parce qu’elle le méritait”.

Mutique et ayant du mal à s’exprimer, Albert M. n’a pas avancé sur sa position.

Hier, lors de la première journée d’audience, réfutant avoir causé les violences ayant pu entraîner la mort de sa conjointe sans intention de la donner.

Pour cela, il encourt une peine de 20 ans de réclusion criminelle. Dans ce procès à rallonge, où 27 témoins ont été appelés à la barre, le délibéré devrait rendu aujourd’hui en fin de journée.

 

F.C.

 

 

0
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

C'est la semaine de la mobilité, dans votre quotidien, faites-vous des gestes comme :

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete