Ferdinand Gooding, un outsider pour les législatives

    vendredi 3 février 2017

    ferdinand gooding

    Ferdinand Gooding, qui s’apprête à officialiser son parti Fetia api no Porinetia, a déclaré
    sa candidature aux législatives de juin. (© Marie Guitton)

    Ferdinand Gooding est né en août 1964, à Papeete. “Lion et Dragon”, pour lui qui se présente comme un “entrepreneur”, “un self-made-man” et un “homme de défis”, ça veut dire beaucoup.

    Bachelier, employé dans l’hôtellerie, chargé de mission à l’as­semblée de la Polynésie française à la fin des années 80, organisateur de concerts pendant deux décennies, ex-président d’un club de football à Moorea, où il habite, ce père de trois enfants, marié, vit aujourd’hui de ses “locations de terrains et maisons”. Oui mais voilà : “Ce que je vois actuellement n’est pas très réjouissant, et je me dis qu’à 52 ans, il est peut-être grand temps de se lever et faire quelque chose pour ce pays.”

    Bille en tête, le voilà donc parti pour les législatives des 3 et 17 juin, dans la première circonscription (Moorea, Papeete, Pirae, Arue, les Marquises et les Tuamotu-Gambier).
    La composition – il promet “beaucoup de jeunes et des gens d’expérience” –, le statut et le programme de son parti sont encore en cours d’élaboration. Ferdinand Gooding reste évasif, même sur la signification du nom de son futur parti : Fetia api no Porinetia, qui évoque le Fetia api de Boris Léontieff. Un héritage volé pour créer la confusion ? “C’est peut-être une stratégie…”, souffle le candidat sans, une fois encore, préciser sa pensée. Il l’assure en tout cas, son parti n’est parrainé par aucun autre. Ferdinand Gooding part seul, tout seul.

    Pourquoi alors Gaston Flosse et Teura Iriti en personne, pontes du Tahoera’a huiraatira, ainsi que des membres du Tau hoturau de Tauhiti Nena et du Here ai’a de Gustave Taputu se sont-ils rassemblés hier, à sa demande, dans un café de Papeete ?

    “Qu’il n’y ait pas de confu­sion : nous ne sommes pas affiliés à tel ou tel parti. C’est une rencontre de courtoisie pour s’annoncer, dire qu’on va exister, jure le nouveau challenger, qui refuse d’être considéré comme un sous-marinier en mission pour tel ou tel gros poisson. J’ai aussi invité le Tavini, même s’ils ne sont pas là.”
    Le Tapura, lui, n’était pas convié hier, “pour ne pas faire tâche d’huile avec les autres”, glisse le responsable. “Mais on ira les rencontrer le moment venu !, se reprend-il. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit ! Aujourd’hui, c’est une rencontre de courtoisie.”

     

    Chômage et dette nucléaire

     

    Le Fetia Api no Porinetia sera un parti autonomiste, qui souhaite “garder le statut actuel” de la Polynésie. Sur qui s’appuiera-t-il en France ? “Si je suis député, j’irai là où il faut. Si le gouvernement est de gauche, il faudra jouer la carte de la gauche. Si c’est à droite, il faudra jouer celle de droite. Parce qu’avant tout, il faut jouer la carte de la Polynésie”, balance Ferdinand Gooding.

    Localement, sa principale préoccupation serait l’emploi. “Quand je vois tous ces jeunes diplômés qui sortent de leurs études sans emploi… Est-ce qu’il ne faut pas mettre en place un genre de RMI (revenu minimum d’insertion) ou RSA (revenu de solidarité active, NDLR) comme dans certains départements d’outre-mer ?”, demande-t-il, sans se cacher de courtiser les voix de la jeunesse désabusée.

    Pour lutter contre la “précarité économique”, il aimerait suggérer à Paris de doubler la dotation globale d’autonomie pour porter son montant à 36 milliards de francs.
    Le candidat rappelle les propos de Jacques Chirac au sujet des essais nucléaires : “Sans la Polynésie, la France ne serait pas la grande puissance qu’elle est”, et drague le Vieux Lion (mais qui est en réalité Cancer et Chèvre) à la volée : “On avait un allié de taille à l’époque. Aujourd’hui, si on avait Jacques Chirac et M. Gaston Flosse réunis, je pense que la Polynésie n’aurait pas autant de problèmes.”

    S’il dépasse le millier de votes, Ferdinand Gooding prévoit de se lancer pour les territoriales de 2018. “Après, il y aura des négociations”, dit-il. Et nécessairement des reports de voix.

     

    Marie Guitton

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