Fermeture du laboratoire libéral d’anatomie et cytologie pathologiques

    mardi 28 juillet 2015

    “Avant d’être traité, le cancer doit être diagnostiqué”, annonce Patrick Boz, l’un des quatre anapathologistes de Polynésie française. Diagnostiquer, voilà justement la principale mission de sa spécialité médicale peu connue, mais irremplaçable, l’anatomie et la cytologie pathologiques. 
    Pourtant, l’annonce imminente de la fermeture de son laboratoire n’inquiète personne. Pire même, il existe actuellement comme un climat d’indifférence générale, tant du côté du politique que dans le secteur médical. 
    Or, ce laboratoire libéral, situé avenue Prince Hinoi, réalise, à lui tout seul, les deux tiers de l’activité anatomo-cytopathologique (ACP) du territoire. Ce qui signifie que la majorité des biopsies, frottis ou autres examens, réalisés par les médecins libéraux, les cliniques Paofai et Cardella, ainsi que par les dispensaires, lui sont adressés. 
    Un rapport coordonné par deux médecins inspecteurs de santé publique, le Dr Barbail et le Dr Sarda, rédigé en juillet 2013, a également montré que le cabinet pathologique des docteurs Boz et Petitdidier assurait 
    60 % de l’activité du territoire en termes de diagnostic ACP. Par ailleurs, seule protection médico-légale apportant un diagnostic de certitude. 

    Report sur l’ILM et le CHPF

    Les 40 % restants sont réalisés par le CHPF qui répond à la demande hospitalière ou par l’institut Louis Malardé qui s’occupe essentiellement des dispensaires et des îles. 
    “Lorsque nous arrêterons, les deux tiers du travail seront obligatoirement reportés sur l’ILM et le CHPF. Malheureusement, ces deux structures ne pourront pas absorber cette charge parce qu’elles sont trop petites et les médecins sont seuls. À Malardé, il ne peut pas absorber ça et à l’hôpital, notre consœur est noyée dans la biologie. Elle a un tout petit bureau. 
    Lorsqu’ils ont créé le nouvel hôpital, ils n’ont pas créé d’unité d’anatomo-pathologie, sûrement parce que nous existions et parce qu’on a toujours considéré cette spécialité comme de la biologie, donc on lui a donné un bureau, mais sans équipe dédiée. Voilà le problème”, explique, désabusé, Patrick Boz qui, après plusieurs années de combat pour faire avancer les choses, a définitivement jeté l’éponge.
    Arrivé en Polynésie en 1983, ce spécialiste met en place son cabinet en 1984. Il s’associe en 1997 avec un autre anapathologiste, Patrice Petitdidier. Dès 2005, ces médecins tentent d’attirer l’attention de leurs tutelles sur leur spécialité, son évolution et sur les difficultés qu’ils rencontrent, eux et leurs confrères, à exercer chacun de leur côté dans des structures différentes. 
    “Du fait de son morcellement en trois petites unités, dont deux avec un seul médecin, l’anatomie et  la cytologie pathologiques en Polynésie ne pourront prétendre continuer à remplir leur rôle de façon satisfaisante dans un avenir proche. L’écart entre les performances des structures territoriales et métropolitaines ira en s’accentuant inexorablement”, écrivaient-ils déjà.
    L’unique solution, demandée et réitérée en 2012, la création d’un laboratoire regroupant les quatre spécialistes avec une équipe de techniciens qualifiés dans des locaux appropriés parce que cette spécialité évolue très vite, que les diagnostics engagent les spécialistes sur 30 ans et qu’une relecture est nécessaire. 
    “Il y a lieu d’espérer que l’arrêt de notre activité permette une prise de conscience obligatoire qui se traduise par la création d’une unité d’ACP qui puisse répondre aux besoins du secteur libéral et hospitalier, mais aujourd’hui ce n’est plus mon problème”, lâche Patrick Boz, qui a décidé de rentrer en Métropole.
    Son associé devrait, lui aussi, rentrer en métropole, laissant ainsi deux anapathologistes pour l’ensemble de la population. 

    Jennifer Rofes

    Lire l’interview de Patrick Boz, anatomo-cyto-pathologie dans notre édition du jour ou au feuilletage numérique.

    Lolipop 2015-07-29 00:20:00
    C''est très suspect, il ne donne pas les raisons de la fermeture....
    D''ailleurs les jeunes, il est temps d''aller se former en France, la Polynésie aura besoin de 2 anatomopathologistes, ou le territoire renseignez-vous sur les tahitiens deja formée
    Ange 2015-07-28 20:59:00
    Je suis allée une fois déposer un prélèvement et c''est pas fameux l''endroit pour un laboratoire. Il est vieux délabré et doit être remis en l''état donc je pense que cela fait parti d''une des raisons de la fermeture
    Claude 2015-07-28 12:36:00
    C'est très bien de faire un article sur le sujet mais ce serais mieux si la journaliste nous donnait les raisons de cette fermeture et ce qu'il aurais fallu faire pour éviter cette situation ou alors on ne dit rien pour éviter de renter dans les sujets qui fâchent et ainsi garder la tète bien enfoui dans le sable!!
    Brice 2015-07-28 12:20:00
    pas grave... les tékitoi sont 2eme au beach soccer et tahiti 3eme aux jeux du pacifique ! c'est plus important pour le pays !
    geronimo 2015-07-28 10:18:00
    ils attendent quoi les Tahitiens pour se soulever
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