Le Festival Polynesia – Te Moana Nui a Hiva bat son plein

    jeudi 15 septembre 2016

    festival

    Hier à l’heure du déjeuner, les artistes pascuans répétaient une dernière fois le spectacle qu’ils devaient présenter le soir même au grand théâtre, sous l’œil attentif de Nancy Manutomatoma, en tee-shirt orange, la chef de la délégation, qui veillait à corriger les derniers détails. (Photo : Vaiana Hargous)

     

    Une matinée avec les Pascuans

     

    Pe he koe ? Riva riva !” (Comment vas-tu ? Je vais bien !) Notre matinée débute par un cours de langue dispensé par l’énergique Maria Rapanui Haoa/Bordes.

     

    Tombée amoureuse du fenua, elle s’y est installée il y a dix ans, après avoir rencontré son époux, et y enseigne l’espagnol. Mais spécialement pour le festival, c’est la langue vernaculaire de son île d’origine, ou du moins quelques bases, qu’elle a tenté de transmettre hier matin à quelques festivaliers et une poignée d’élèves du collège de Papara.

    Et c’est en rythme, donné par des claquements de mains, que nous avons appris les différents pronoms, à nous présenter et demander comment va l’un ou l’autre participant (lire la liste de vocabulaire dans notre édition papier). Le temps encore d’entonner avec Maria Rapanui une chanson de chez elle, et le cours était fini.

    Dehors, près de la mer, Nano Ika y va à grands coups de tronçonneuse sur une grosse bûche de bois, laissant entrevoir ce qui sera un moai tuturi, ou moai à genoux en français. “Il a le pouvoir de protéger le volcan Rano Raraku, confie-t-il. Il représente un homme important dans le groupe de sculpteurs de la carrière Maunga ’Eo, c’était l’architecte, l’ingénieur, un sage.

    Nano Ika, 36 ans, dédie sa vie à la sculpture depuis douze ans. Un art quasi-inscrit dans son ADN, puisque dans sa famille, on est sculpteur de génération en génération. Si sa préférence va à la pierre et au bois, il maîtrise aussi la sculpture sur kare (le corail en rapa nui), sur basalte, sur os et sur mata (l’obsidienne). Certaines de ses sculptures, principalement des moai, sont d’ailleurs en vente sur le stand que tient sa délégation.

     

    C’est là que nous rencontrons Kara Pate, maître sculpteur de rongo rongo, l’écriture ancestrale de l’île, qu’elle a découverte à l’âge de 8 ans.

    Quand j’étais petite, j’aimais bien dessiner des pétroglyphes sur le sol, se rappelle-t-elle. Quand mon père l’a constaté, il m’a offert une tablette pour que je dessine dessus. C’est comme ça que j’ai commencé à dessiner. Puis il m’a offert un ciseau à bois pour que je commence à tailler. Il faut dire la vérité : qu’est-ce que c’était moche au début !

    Aujourd’hui, Kara Pate propose des reproductions des seules et uniques 25 dernières tablettes rongo rongo encore existantes et dispersées dans le monde, à Rome, à Berlin, à Paris, à Washington et au Chili. À côté d’elle, Catherine Pont-Icka-Hager, qui donnera aujourd’hui et demain une conférence sur le jour de la langue à l’île de Pâques, la finalité d’un travail annuel en langue rapa nui avec tous les élèves de l’île, du jardin d’enfant à la fin du lycée, vous parle artisanat.

    Des moai sculptés bien sûr, mais aussi du mahute, leur tapa à eux, fait à partir du mûrier à papier. “Tu vois, ceci est le costume traditionnel de notre reine, fait en mahute. Là, son diadème, qui est également recouvert de mahute. Et regarde ce bracelet, il a été fait avec des chutes de mahute. C’est vraiment une matière très utilisée.

     

    Il est l’heure du déjeuner et la majorité de la délégation se retrouve sur les planches du grand théâtre pour une dernière répétition du spectacle qu’ils devaient présenter le soir même. Danseurs et danseuses sont en costumes et font leur filage avec autant d’énergie qu’un soir de spectacle. De côté, Nancy Manutomatoma, la chef de la délégation, veille au grain.

    Ça fait un mois qu’ils répètent le spectacle, et là nous sommes prêts, mais ça n’a pas été facile de les regrouper, dit-elle. Les danseurs et danseuses viennent de différents groupes et il faut faire avec le caractère de chacun et les différentes écoles.

    Les derniers détails réglés, la joyeuse troupe part enfin manger. Et La Dépêche vous donne rendez-vous demain pour d’autres rencontres.

     

    V.H.

     

        Retrouvez dans notre édition du Jeudi 15 septembre 2016 :       

    • Encadré : « C’est toujours bon à savoir ! » – Voici quelques notions de rapa nui, histoire de pouvoir échanger quelques mots.
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