Le Festival Polynesia – Te Moana Nui a Hiva se termine aujourd’hui

    samedi 17 septembre 2016

    maori

    Mené par Tupoutama Paki (à gauche au premier plan), le Hinana Kapahaka a réalisé, avec beaucoup d’humour, une démonstration des différents arts du spectacle maori, hier matin, au grand théâtre de la Maison de la culture. (Photos : Vaiana Hargous)

     

    Une matinée avec les Maori

     

    Tupoutama Paki, suivi par son jeune frère Te Rangiaorere et sa jeune sœur Hinerauwhiri, prennent place sur la scène du grand théâtre.

     

    Leurs tenues traditionnelles font leur effet, le brouhaha se dissipe pour laisser place à un public attentif. “Aujourd’hui, nous allons vous présenter les différents arts du spectacle maori, et nous allons commencer par les jeux, lance Tupoutama, le leader du Hinana Kapahaka. On va commencer par le matimati, c’est un jeu de mains qui nous permet d’apprendre la généalogie, et donc de comprendre d’où l’on vient dans le monde.

    Sur un rythme effréné, l’aîné de la fratrie récite des mots maori tout en bougeant les doigts de façon coordonnée. La démonstration laisse place à des rires de surprise, puis le jeu est décortiqué : un mot, une position de doigts, les mains positionnées paume sur paume.

    En fait, si vous regardez bien, avec nos mains, on part de la graine, qui pousse, qui devient une herbe, et ainsi de suite jusqu’à ce que naisse une forêt ; c’est une métaphore pour les humains, qui naissent bébé, grandissent jusqu’à former une tribu.”

    Les jeux suivants finissent de conquérir le public : les poi, ces pompons à corde courte ou à corde longue qu’ils tournent dans les airs, les faisant se toucher entre eux ou sur certaines parties de leur corps, créant une musicalité audible de tous. “Notre peuple n’avait pas de tambours, les poi sont ce qui se rapproche le plus des percussions chez nous.

     

    Gros son et platines DJ

     

    Puis vient le tititaurea, un jeu avec des bâtons. Chaque joueur tient un bâton dans chaque main, et doit le lancer à son adversaire tout en veillant à rattraper celui que son adversaire lui aura lancé. On vous l’accorde, c’est un peu compliqué à comprendre à l’écrit, mais ça vaut le déplacement jusqu’à la Maison de la culture, où ils en feront une dernière démonstration aujourd’hui.

    De l’autre côté, au petit théâtre, c’est une tout autre ambiance, plus actuelle. Gros son et platines DJ, King Kapisi est dans la place avec son épouse/DJ/choriste, Teremoana Rapley, pour un énième atelier de musique.

    Je suis né en Nouvelle-Zélande, mais je suis d’origine samoane, lance King Kapisi à son jeune auditoire, des collégiens de Papara et de Faa’a. Mon épouse, qui a été la première femme rappeuse de Nouvelle-Zélande, est de Aitutaki, aux îles Cook. Et ce que j’aimerais vous dire aujourd’hui, c’est qu’on peut faire de la musique contemporaine tout en restant connecté à sa culture. Ma femme et moi, on totalise ensemble 24 boulots, entre notre marque de textile, la musique, la télé, la vidéo… Donc y a-t-il un sujet en particulier dont vous souhaitez parler ?

    Les jeunes restent timides, KK choisit donc de leur parler vidéo, des différents plans existants, puis leur montre deux de ses clips, qu’il a tournés et montés tout seul. Il enchaîne sur des anecdotes de tournage, puis sur ses collaborations à l’international, notamment avec les Black Eyed Peas, quand un “yeah !” collectif émane du public.

    L’atmosphère se détend, le rappeur poursuit avec une collaboration qu’il a été amené à faire avec les All Blacks pour une publicité, un travail rémunéré 100 000 euros (près de 12 millions de francs) ; puis sur ses prestations sur scène, qui ont déjà pu lui rapporter 20 000 dollars NZ de l’heure.

    Mais l’argent n’est pas notre motivation, précise-t-il. C’était juste pour vous donner une idée de ce que ça peut rapporter. Ma femme et moi travaillons dur parce qu’avec tout cet argent, on soutient nos parents, on leur offre une belle vie. Il fut aussi un temps où on avait à charge 24 à 30 personnes, uniquement la famille !

    Le petit speech terminé, place à la pratique. D’abord du beatboxing, plutôt laborieux. Puis du freestyle rap, improviser des paroles sur un beat sans se répéter ; un exercice tout autant laborieux, d’abord pour les enseignants qui ont bien voulu jouer le jeu, créant le fou rire chez leurs élèves, puis pour les élèves qui leur ont succédé. Danser sur les musiques du rappeur aura été plus facile, chacun y allant de son mouvement de breakdance ou de ‘ori Tahiti, “parce que l’important est de s’amuser, que ce soit en contemporain ou en traditionnel”, conclut King Kapisi.

     

    “Ouvrir une fenêtre sur le monde”

     

    À quelques pas de là, le silence religieux de la salle Muriavai, où sont exposées peintures et photographies d’artistes invités, soulage les tympans. Te Rawhitiroa Bosch, photographe de Nouvelle-Zélande, attend le public pour son atelier de photographie.

    S’il y en a qui veulent parler technique, je leur parle technique, mais depuis le début du festival, les gens veulent surtout que je leur parle des photos que j’ai accrochées au mur.” Une représentation condensée de la culture maori, sa culture, du whare tupuna qui représente les ancêtres, à quelques personnes en tenues traditionnelles, en passant par la nature du pays du long nuage blanc.

    Le jeune homme de 30 ans fait de la photographie professionnelle depuis dix ans et a terminé il y a deux mois un tour du monde photographique d’un an. “Ce qui m’a plu dans ce tour du monde, c’est de pouvoir rencontrer les peuples autochtones des pays où j’ai séjourné, de m’immerger dans leur vie, leur culture, et d’en repartir avec de superbes clichés. Pour moi, la photographie est le meilleur moyen pour ouvrir une fenêtre sur le monde dans la conscience des gens.

    Des visiteurs arrivent, il est temps pour nous de partir.

     

    V.H.

     

        Retrouvez dans notre édition du Samedi 17  septembre 2016 :       

    • Encadré : C’est toujours bon à savoir ! – « Voici quelques notions de maori, histoire de pouvoir échanger quelques mots. »
    • Les derniers rendez-vous du Festival
    • Quelques instantanés

     

     

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