Le Festival Polynesia – Te Moana Nui a Hiva se termine demain

    vendredi 16 septembre 2016

    festival

    La chanteuse Kainani Kahaunaele n’a pas eu de mal, hier matin, à enseigner l’air et les paroles d’une chanson hawaiienne, aux 300 élèves présents au grand théâtre. Le moment où ils l’ont tous chanté en chœur donnait des frissons. (Photos : Vaiana Hargous)

     

    Une matinée avec les Hawaiiens

     

    “À Hawaii, le premier dieu du kapa est un homme, lance Baba Kamohoali’i. Donc, chez nous, cette pratique est autant pour les hommes que pour les femmes. Ça nous apprend l’équilibre.”

     

    Hier matin, sur le pa’epa’e a Hiro de la Maison de la culture, les membres du Halau Na Kipu’upu’u proposaient un atelier de kapa, leur tapa, à un petit public attentif, des élèves de l’école élémentaire Tamahana, à Arue, et d’autres personnes de passage. Avant de passer à la pratique, il y a d’abord eu la petite histoire, celle de Maikoa, un père aimant qui avait deux filles et qui devint le dieu du kapa.

    En ces temps immémoriaux où les vêtements n’existaient pas, Maikoa, qui souhaitait que ses filles puissent s’habiller, partit s’enterrer dans un trou près d’une rivière après leur avoir dit : “De moi naîtra un arbre avec lequel vous pourrez faire des vêtements.” L’arbre sorti de terre, les deux filles, qui ne savaient pas vraiment comment s’y prendre, sont parvenues, à force d’expérimentations, à trouver la bonne méthode pour se faire des pièces d’étoffe.

    L’histoire dit également que l’une des filles est à l’origine des tampons, les motifs gravés sur les faces du battoir et qui s’impriment dans l’étoffe ; et l’autre de la teinture. “Il faut tenir le iekuku (le battoir) de la main droite et le kapa doit être disposé bien à plat au milieu du kua (l’enclume)”, explique-t-on aux enfants, avant de leur apprendre les différents rythmes du battage de kapa : lentement, puis par trois à-coups suivis d’une pause, puis rapidement, et plus rapidement encore.

    La démonstration terminée, la délégation prévient les élèves qui se relèvent : “N’enjambez pas le kua et le iekuku, passez à côté. Chez nous, il est très irrespectueux de passer par dessus.

     

    La musique, moyen de connexion

     

    Plus loin, au grand théâtre, Kainani Kahaunaele, seule sur scène avec son ’ukulele hawaiien, enseigne une chanson de son archipel aux 300 élèves présents. Il n’aura pas fallu longtemps pour que l’air et les paroles soient mémorisés. Kainani Kahaunaele chante, les élèves la suivent en chœur. Le moment était beau. “Peut-être que je vous amènerai tous à Hawaii pour chanter avec moi”, leur lance-t-elle dans un sourire.

    Quelques chansons plus tard, il est déjà temps de se dire au revoir, mais non sans un dernier message à l’attention de la jeunesse : “Accrochez-vous à votre langue, à votre culture, soyez fiers de vos tupuna. Apprenez la généalogie, le nom des différents lieux de votre pays, mangez votre nourriture. Écoutez les histoires de votre pays, c’est ce qui vous permettra de rester connectés avec votre terre.” En coulisse, cette enseignante de langue hawaiienne à l’université et mère de trois enfants confie “beaucoup apprécier ces échanges avec les enfants, ils s’amusent et participent, c’est génial”.

    Je suis ravie de pou-voir partager notre musique hawaiienne ici. La musique est l’un des meilleurs moyens de connexion, parce que nous portons attention à ce que fait l’autre, nous apprécions, surtout quand elle véhicule nos langues.” Dans la salle de projections, le petit public de Moses Goods est captivé. Le conteur leur raconte, dans sa langue vernaculaire, le voyage à Kahiki de Kamapua’a, un akua (divinité) pourvu d’un charme auquel peu de femmes peuvent résister. Et il y met la forme : intonations de la voix, mimiques et gestuelle quasi théâtrale, l’auditoire est conquis et a même réussi à comprendre l’histoire.

    Après un bref moment d’échanges, Moses Goods leur apprend un hula noho, un hula assis qui ne se danse qu’avec les mains. La formule séduit également. Il reste un peu de temps avant la fin de la rencontre, le conteur hawaiien décide donc de leur apprendre un dernier ‘oli, un chant, composé seulement de six mots :
    – Akahai, qui signifie gentillesse ;
    – Lokahi, qui veut dire unité ;
    – ‘Olu’olu, pour douceur ;
    – Ha’aha’a, qui signifie humilité ;
    – ‘Ahonui, qui veut dire patience.

    Si vous regardez la première lettre de chaque mot, ça nous donne notre sixième mot : Aloha. Parce que c’est tout ça que représente la notion ‘Aloha’. C’est un chant fait pour être partagé, donc n’hésitez pas à le faire autour de vous”, conclut-il.

     

    V.H.

     

        Retrouvez dans notre édition du Vendredi 16 septembre 2016 :       

    • Encadré : C’est toujours bon à savoir ! – « Voici quelques notions de hawaiien, histoire de pouvoir échanger quelques mots »      
    • À ne pas manquer ce soir : Le grand concert d’artistes du Pacifique à To’ata
    • En marge du festival : Les conteurs sont allés à la rencontre des détenus de Nuutania
    • Plus de photos du festival

     

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