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Festival Tatau i Moorea – Une seconde édition envisagée d’ici trois ans

jeudi 20 septembre 2018

Les femmes tatoueuses étaient bien représentées durant ce festival international. (© Jeannot Rey/LDT)

Les femmes tatoueuses étaient bien représentées durant ce festival international. (© Jeannot Rey/LDT)


Démarré le 12 septembre, le festival Tatau i Moorea s’est terminé hier par une fête qui a rassemblé toutes les délégations, pour la cérémonie du kava. Durant sept jours, les stands des tatoueurs travaillant à la machine ou façon traditionnelle n’ont pas arrêté. C’est un bilan très positif que les organisateurs de l’association Mana Tatau Maohi ont dressé. Déjà, on parle d’une prochaine édition encore plus élargie.

Le public, qu’il soit résident ou touristique a manifesté son intérêt dès la journée d’ouverture du festival Tatau i Moorea. L’événement a rassemblé 80 tatoueurs issus d’une quinzaine de délégations venues du grand Pacifique, d’Asie, du continent américain et d’Europe. Tous ayant des liens et des connaissances très prononcés sur le tatouage tribal.

Pour la plupart des tatoueurs, la dextérité en tatouage traditionnel n’est plus à démontrer : on parle ici de tatouage martelé au peigne ou travaillé manuellement à l’aiguille.

Le thème de ce festival était en effet, “Le tatouage traditionnel autochtone”, il s’est traduit par une démonstration des différentes techniques et des projets artistiques propres à chaque région. Et elles sont nombreuses ces délégations, les Samoa, les Cook, le Japon, l’Indonésie, Taiwan et les Philippines, l’île de Pâques, Aotearoa (Nouvelle-Zélande), Hawaii, la Malaisie, l’Espagne, la France, l’Allemagne mais aussi, Bornéo, les Pays- Bas, l’Irlande et la Pologne. Sans oublier les tatoueurs polynésiens, bien présents et en particulier les anciens, à l’origine du renouveau culturel propre au tatouage : Purotu, Chime, ou Roonui pour ne citer qu’eux.

À la tête de tout ce beau monde, l’association Mana Tatau Maohi, organisatrice de l’événement, son président Sam Huna et Raphaël Ketterer, Michel Pikguin Gourdikian, Gilles Lovisa et Purotu, l’un des “anciens” resté sur le territoire pour diffuser localement sa passion sur les peaux, qu’elles soient blanches ou colorées.

 

“Le message est bien passé”

 

L’association pense avoir accueillis entre 3 000 et 3 500 personnes durant ces sept jours, avec d’importants pics samedi et dimanche malgré un temps incertain.

“Il y avait des locaux bien sûr, mais aussi beaucoup de résidents qui ont fait la traversée de Tahiti et beaucoup de touristes. Nous avons cherché à communiquer en programmant des manifestations de danses traditionnelles avec le groupe professionnel néo-zélandais dans certains hôtels, le Sofitel Ia Ora et l’InterContinental par exemple. Il est clair que voir ces peuples exprimer leur art dans leur hôtel a incité les touristes à venir au village. Dans l’ensemble, le message est bien passé.”

La jeunesse n’a pas été oubliée puisque deux journées avec entrée gratuite étaient proposées aux scolaires et collégiens jeudi et vendredi dernier, avec cette idée de partage de la culture qui a prédominé.

Pour permettre la tenue de ce festival qui, il faut bien le dire, n’a pas été toujours très bien accueilli dès le départ, en particulier des autorités, quelques personnes lui ont, dès l’annonce du projet, apporté un soutien sans faille. À commencer par Hinano Murphy, responsable de Te pu atiti’a, le site culturel de la baie de Paopao mis à la disposition de Mana Tatau Maohi pour la tenue du festival. À charge pour cette dernière, d’installer les structures nécessaires pour recevoir les délégations, des stands construits en matériaux locaux, bois, pandanus et niau.

Certains fare resteront sur place, les autres seront entièrement démontés pour rendre le site comme les organisateurs l’ont trouvé. Aux côtés des quelques membres de Mana tatau Maohi, des bénévoles ont apporté leur aide, certains depuis le début, pour la construction ou à la recherche de la matière première. Tout ça avec un minimum de moyens. La Commune a participé aux financements, le ministère du Tourisme aussi et l’État.

Pour une éventuelle prochaine édition, Mana Tatau Maohi commence déjà à réfléchir à la forme de l’événement, “le tatouage bien sur, mais plus élargi, avec une approche générale sur le savoir-faire tahitien, dans le domaine de la culture, la sculpture, la gravure, la construction, puisque tout est lié. Notre objectif est de reconduire cet événementiel tous les trois ans, sachant qu’il faut presque un an pour tout organiser.”

 

De bons échanges

 

En attendant la prochaine édition, Mana tatau Maohi va faire une analyse de ce qui s’est passé durant une semaine : “Nous allons voir les bonnes choses, celles qui seraient à peaufiner… L’important sera pour nous d’essayer de faire mieux, plus beau, donc avec des moyens plus importants. Nous savons que toutes nos délégations ont travaillé, c’était très important pour nous si l’on veut qu’elles reviennent un jour. Nous sommes d’autant ravis que les échanges étaient là entre les délégations, on n’a pas hésité à se faire tatouer chez l’une ou l’autre.”

Hier en fin de journée, quelques délégations ont présenté une dernière fois leurs danses traditionnelles et une cérémonie de partage du kava a clôturé l’événement. Rendez-vous maintenant en 2021.

 

De notre correspondant Jeannot Rey

 

festival tatau i moorea tatouage

Beaucoup de monde encore hier, ici dans le stand collectif des tatoueurs à la machine. (© Jeannot Rey/LDT)

tatouage festival tatau moorea

Le stand japonais. (© Jeannot Rey/LDT)

tatoueuse

Pour les amateurs, le “sailor tatoo”. (© Jeannot Rey/LDT)

gilles lovisa

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