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FIDJI – Conférence de Bonn sur le climat

lundi 6 novembre 2017

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Le mur de pierres construit par les habitants de la ville de Narikoso, à Fidji, ne peut pas lutter contre la montée du niveau de la mer dans le Pacifique Sud. (Photo : Christoph Sator/DPA/AFP)

Le Premier ministre des îles Fidji rappellera le monde à la dure réalité des maux subis par son peuple cette semaine aux pourparlers de Bonn sur le climat : le changement climatique existe, ses effets sont déjà désastreux et des mesures d’urgence sont impératives.

L’Allemagne accueille à partir d’aujourd’hui la 23e conférence de l’ONU sur le climat (COP23) et Frank Bainimarama présidera les discussions.

Le chef du gouvernement de l’archipel est bien placé pour expliquer combien les États insulaires du Pacifique sont en première ligne du réchauffement climatique mondial.

En prévision de son rôle de président de la COP23, Frank Bainimarama a parcouru la planète, ces derniers mois, pour la sensibiliser aux problèmes des habitants de ces micronations.

“La montée des eaux, les événements météorologiques extrêmes ou les changements dans l’agriculture (…) menacent notre mode de vie, et dans certains cas, notre existence même”, dit-il. “Nous sommes les plus vulnérables et en tant que tels, nous devons être entendus.”

Les scientifiques préviennent que certaines nations insulaires de basse altitude risquent d’être complètement englouties par la mer. Les sécheresses et les inondations sont désormais fréquentes à travers la région, qui passe d’un extrême météorologique à l’autre. Les terres agricoles et les sources d’eau potable ont été contaminées par l’eau de mer.

Dans les îles Marshall, des cimetières ont même été perdus, noyés par la montée des eaux.

Frank Bainimarama rappelle que son pays, où vivent environ un million de personnes, a été dévasté en février 2016 par le cyclone Winston, la plus puissante tempête à jamais toucher terre dans le Pacifique Sud avec des rafales soufflant à 325 km/h. La catastrophe avait fait 44 morts, rasé 40 000 habitations et anéanti un tiers de l’économie de l’archipel.

Jadis, ce type de super-cyclone ne survenait qu’une fois tous les dix ans. Mais un an seulement avant Winston, le cyclone Pam avait fait onze morts au Vanuatu voisin.

Fidji vit aujourd’hui dans la crainte que de telles tempêtes “sorties de nulle part” n’éclatent “tout le temps”, dit Frank Bainimarama.

“Nous affrontons une situation dans laquelle un seul événement qui frapperait directement Fidji serait susceptible d’annihiler des années de développement et nous faire repartir des dizaines d’années en arrière.”

L’expérience de Fidji et d’autres pays à travers le monde prouve à ses yeux la réalité du réchauffement climatique.

“Les preuves sont mondiales, qu’il s’agisse de la fin de la banquise arctique d’ici 40 ans, la perte de villes comme Miami d’ici 50 ans ou dans le Pacifique, la perte de trois pays tout entiers dans un laps de temps similaire, Kiribati, Tuvalu et les îles Marshall.”

À Bonn, sa priorité numéro un sera de “forger une grande coalition formée par les gouvernements, la société civile et le secteur privé” pour mettre en œuvre l’accord conclu à Paris en 2015 sur le changement climatique. Plus de 190 pays s’étaient alors engagés à maintenir le réchauffement en dessous de 2 °C.

Plusieurs États insulaires espèrent persuader les gros pollueurs d’aller plus loin et de limiter à 1,5 °C le réchauffement par rapport aux niveaux pré-industriel.    

AFP

 

 

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