Fidji réadmis au sein du Commonwealth

samedi 27 septembre 2014

Les îles Fidji ont été réadmises de plein droit dans le giron du Commonwealth, a annoncé hier à New York le comité ministériel d’action de cet organisme international composé essentiellement d’anciennes colonies britanniques.
Dans un communiqué rendu public depuis le siège londonien de l’organisation, mais annonçant l’issue d’une réunion tenue, comme chaque année, en marge de l’Assemblée Générale des Nations-Unies, à New York, le Commonwealth justifie cette réintégration de Fidji par la tenue, le 17 septembre, d’élections jugées crédibles par un groupe multinational d’observateurs notamment coprésidé par l’Australie.
Autre motif invoqué : la prise de fonctions et la prestation de serment, en milieu de semaine, d’un gouvernement composé de 19 ministres tous issus du suffrage populaire.
Au terme de ces élections, l’ancien homme fort de Suva et ancien chef des armées de Fidji, Franck Bainimarama, a obtenu une écrasante victoire en rassemblant près de 60 % des suffrages exprimés.
Fidji avait été suspendu de son statut de membre du Commonwealth en septembre 2009, pour cause de non-retour à la démocratie, après le putsch du 5 décembre 2006, mené par Franck Bainimarama, alors contre-amiral et commandant en chef des armées.
Lundi 22 septembre, il a officiellement prêté serment dans la capitale, en tant que Premier ministre démocratiquement élu. Il a annoncé dans la foulée la composition d’un gouvernement (14 ministres et cinq ministres délégués) au sein duquel on trouve deux de ses anciens ministres-clés, le chef de la diplomatie Ratu Inoke Kubuabola, ainsi que Aiyaz Sayed-Khaiyum, reconduit mais dans le rôle de ministre des Finances, du Tourisme et du Commerce.
Au cours de sa précédente réunion, le comité ministériel d’action du Commonwealth (CMAG, composé de neuf ministres des affaires, dont le Néo-zélandais Murray McCully et le Salomonais Clay Forau) avait annoncé son intention de réintégrer Fidji en son sein après la tenue d’élections juges libres et juste.
Il y a quelques semaines, les sportifs fidjiens avaient néanmoins été autorisés à participer aux Jeux du Commonwealth, à Glasgow.
Dans son communiqué, le Commonwealth appelle par ailleurs à tous les acteurs de la société fidjienne à « continuer à œuvrer ensemble afin de renforcer la culture démocratique de ce pays » et à « explorer de nouvelles opportunités de dialogue et de réconciliation ».
Le CMAG a aussi salué au passage la présence, au sein de la nouvelle assemblée législative de 50 sièges, de huit femmes, ainsi que la nomination de Jiko Luveni, ancienne ministre des Affaires féminines, au poste de présidente du Parlement. Quatre femmes sont aussi membres du nouveau gouvernement, qui comprend aussi d’anciens militaires.
D’autres réactions sont venues tout au cours de la semaine saluer soit la tenue d’élections pacifiques, soit la formation d’un gouvernement issu des urnes. Parmi celles-là : celle de l’Union Européenne, important partenaire de développement de cet archipel, par la voie de son commissaire au développement, Andris Piebalgs. Dans son message, il évoque notamment la volonté de Bruxelles de reprendre et de resserrer le dialogue politique avec Fidji, mais aussi son intention d’actionner le processus de levée du gel du Fonds européen de développement (FED), dont Fidji n’a pas bénéficié depuis le dernier putsch en date, à l’exception d’assistance humanitaire.
De ce fait, au cours de près de huit années, Fidji a été privé de plusieurs centaines de millions d’euros, initialement destinés à des programmes de développement et d’aide à un secteur sucrier en grande difficulté et en mal de modernisation.
La décision de reprendre un flux normal en provenance du FED devra passer par le Conseil européen et notamment des débats qui devraient traiter de ce sujet, entre États membres, dans la seconde semaine d’octobre 2014.
 
Pad

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