Fifa/Corruption: la Fifa suspend le processus de candidature pour le Mondial-2026

    mercredi 10 juin 2015

    Les journées noires continuent pour la Fifa, contrainte mercredi de suspendre le processus d’attribution du Mondial 2026 et de remettre des documents informatiques à la justice suisse dans le cadre de l’enquête sur les soupçons de corruption autour des Mondiaux 2018 et 2022.
    Une semaine après la démission de son ex-inamovible président, le Suisse Joseph Blatter, contraint de lâcher la barre quatre jours à peine après sa réélection à un cinquième mandat, la Fifa voit donc maintenant sa compétition phare directement concernée.
    « Il a été décidé de suspendre le processus administratif de candidature pour la Coupe du monde 2026, en raison de la situation actuelle », a déclaré à la surprise générale la Fifa dans un communiqué, tout en annonçant un comité exécutif extraordinaire, en juillet. Le même comité exécutif qui devra fixer la date du congrès électif, prévu entre décembre 2015 et mars 2016, appelé à élire le successeur de Blatter.
    « Ça ne me surprend pas, c’est normal », a aussitôt réagi Michel Platini, le président de l’UEFA, lors de la conférence de presse organisée à Paris à un an de l’Euro-2016 en France.
    « Il y avait un processus pour faire le vote en 2017, mais il n’y a pas de leadership à la Fifa. Donc c’est bien », a poursuivi l’ancien meneur de jeu de la Juventus Turin, en refusant de commenter la situation actuelle à la Fifa et son éventuelle candidature au poste de patron du foot mondial: « Ce n’est ni le moment ni le lieu », a-t-il insisté.
    La désignation du pays hôte du Mondial-2026 devait initialement intervenir lors d’un congrès de la Fifa en 2017, à Kuala Lumpur. Pour l’instant, cette date n’est cependant pas encore remise en cause.
     

    – ‘Protéger’ les coupes du monde –

     
    Avec les Mondiaux 2018 et 2022, attribués respectivement à la Russie et au Qatar, ce sont donc les trois prochaines Coupes du monde qui sont désormais impactées par le maelstrom judiciaire en cours des deux côtés de l’Atlantique.
    Mais contrairement aux jours précédents, ce n’est pas l’enquête américaine qui a rebondi, cette enquête ouverte avec fracas le 27 mai par l’arrestation de 14 dirigeants et partenaires de la Fifa, dans une vaste affaire de corruption supposée remontant jusqu’aux années 1990.
    Si l’instance qui dirige le football mondial a été contrainte de remettre des documents informatiques mercredi, c’est par la justice suisse, dans le cadre de l’enquête criminelle contre X ouverte pour des soupçons d’irrégularités lors de l’attribution des Coupes du monde 2018 et 2022, respectivement à la Russie et au Qatar.
    Ironie du sort, cette enquête ouverte le 10 mars l’avait été suite à une plainte de la Fifa elle-même en novembre.
    Ni la Fifa, ni le porte-parole du ministère public suisse n’ont précisé la teneur de ces documents, les deux sources soulignant bien cependant que ceux-ci avaient été remis et non saisis. Selon la BBC, il s’agirait de documents concernant le président démissionnaire Blatter, son secrétaire général, le Français Jérôme Valcke, et le directeur financier Markus Kattner.
    Ce même Valcke se trouvait en Russie mercredi, à Samara, où il une nouvelle fois nié les accusations visant le Mondial 2018.
    « Les Coupes du monde doivent être protégées, car elles sont la base de l’activité de la Fifa », a plaidé le N.2 de la Fifa, à Samara: « La Russie a gagné honnêtement le droit d’accueillir le Mondial-2018 et il faudrait être fou pour dire que tout a été acheté ».
    Dimanche, dans l’hebdomadaire suisse Sonntagszeitung, le président du comité d’audit de la Fifa, Domenico Scala, avait certes déclaré que « s’il existe des preuves que le Qatar et la Russie ont obtenu (la Coupe du monde) grâce seulement aux pots-de-vin, alors elle pourrait leur être retirée ». Mais il avait aussitôt ajouté que « ces preuves n’ont pas été fournies » jusqu’à présent.
     

    – ‘Structure quasi-dictatoriale’ –

     
    Pour les pays intéressés par le Mondial 2026, dont le Maroc, les Etats-Unis, le Canada, le Mexique et tout récemment le Kazakhstan, il est donc désormais urgent d’attendre les futures décisions de la Fifa.
    Une chose est cependant déjà certaine: le Mondial-2026 ne sera pas attribué par le comité exécutif de la Fifa, c’est-à-dire son gouvernement, actuellement composé de 28 membres, comme cela avait été le cas pour les Mondiaux 2018 et 2022, mais par l’ensemble des membres du congrès de la Fifa. Soit les 209 fédérations affiliées à la Fifa.
    Cette réforme du mode de scrutin pour la désignation des pays hôtes des futures Coupes du monde avait notamment été demandée par le président de la Fédération américaine de football, qui en mai 2014 en avait fait une condition à une nouvelle candidature de son pays.
    Côté réformes, le travail devra sans doute aller plus loin à la Fifa, aux dires en tout cas de Mark Pieth, professeur de droit à l’Université de Bâle, à qui Blatter avait confié en 2011 une réflexion sur la gouvernance de l’institution qui gouverne le football mondial: « La Fifa possède une structure quasi-dictatoriale, (…) une structure ultra-présidentielle, sans assez de contre-pouvoirs », a-t-il asséné dans un entretien avec l’AFP mercredi matin.

    AFP

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