Fifo – Chantal Steinberg, membre du jury et directrice de l’école du documentaire de Lussas

    mardi 2 février 2016

    Fifo 2054. Pour cette 50e édition du Festival international du film documentaire océanien, le comité organisateur a vu les choses en grand. Le président du jury, cette année, n’est ni plus ni moins que le premier oscarisé polynésien – pour ses effets spéciaux dans Star Wars XIV obtenu l’année dernière -, le réalisateur de 44 ans, issu de l’école Poly3D, créée en 2015, l’incontournable…
    Cette fiction autour du Fifo, qui ouvre ce matin sa 13e édition à la Maison de la culture de Papeete, pourrait être une réalité, à l’instar de ce qu’il se passe, depuis 30 ans, autour du documentaire dans un petit village de l’Ardèche, Lussas, dignement représenté au sein du jury du festival par Chantal Steinberg, directrice de l’école du documentaire de ce village d’à peine plus de 1 000 habitants.
    Il s’agit de son premier voyage en Océanie et elle ne saisit pas encore l’honneur qu’il lui est fait, mais Chantal Steinberg est “très contente d’être là” car c’est une “découverte à tous les niveaux”, dans un état d’esprit en mode “ouverture maximale”, même si elle fut déjà membre d’un jury au Mexique et en Belgique.
    Et surtout, rencontrer ce membre du jury nous fait imaginer ce que pourrait être le Fifo d’ici quelques années, si ce dernier suivait l’exemple – et les bonnes idées – de ce petit village de France.
    Lussas est aujourd’hui un “village documentaire” qui réunit toutes les associations et structures autour du documentaire d’auteur. Initiative créée il y a 30 ans par Jean-Marie Barbe, ancien soixante-huitard, fils du pays et de l’épicière du village, Lussas et le documentaire aujourd’hui, c’est un festival (non-compétitif, sans prix donc) qui s’appelle les États généraux du film documentaire, devenu l’un des plus importants de métropole, mais ce n’est pas tout.
    C’est aussi un centre de documentation et une vidéothèque, la plus importante d’Europe sur le documentaire francophone, en passe d’être officialisée par la BNF, afin de devenir le dépôt légal de la Bibliothèque nationale grâce à ses plus de 20 000 références.
    Ces dernières vont être numérisées, mises en ligne pour les professionnels et dans un second temps, pour le grand public, une télévision avec vidéos en ligne, entièrement dédiée aux documentaires d’auteur.
    Lussas est aussi une école, depuis 1997, avec différents ateliers d’écriture et une association, des actions culturelles et caritatives à l’international et Ardèche Images, une association pour coordonner le tout.
    Chantal Steinberg est la directrice de cette école, mais enseigne aussi dans un Master, en collaboration avec l’université de Grenoble, qui accueille chaque année 18 étudiants, dont la moitié d’étrangers grâce aux liens tissés avec d’autres festivals de France, d’Europe et du monde.
    Bien évidemment, pour Chantal Steinberg, le documentaire, c’est du cinéma et donc le cinéma (ou le doc) d’auteur, est quelque chose “du point de vue et de l’écriture très affirmée, qui se détache aussi du formatage télévisuel”, mais elle vient sans préjugés.
    Depuis dix ans, Lussas organise des résidences d’écriture en Afrique de l’ouest et s’exporte, toujours comme notre Fifo, dans différents festivals, en Nouvelle-Calédonie, notamment.
    Cela fait 30 ans que cela dure et se développe, Chantal Steinberg a rejoint l’aventure il y a une quinzaine d’années.
    Tout a démarré avec ce passionné de cinéma, Jean-Marie Barbe – “à la foi incroyable” dixit Chantal Steinberg, auteur, réalisateur, producteur, enseignant, mais avant tout “passeur de films documentaire d’auteur”, qui, enraciné en Ardèche, et avec la ferme volonté de faire venir les gens dans son pays, a développé tout cet ensemble dédié à l’image et au documentaire, avec l’appui des collectivités de la région. Ce qui est un peu le Fifo aujourd’hui, foi comprise avec ce “couple Maamaatuaiahutapu-Kotra”.
    Et l’homme ne manque pas de projets, comme cette plateforme et télévision dédiées au documentaire, ou pour 6 euros (700 F) par mois, il vous sera possible, dès août 2016, de voir plus de 200 documentaires sur deux mois. Ce projet, appelé Tënk (en langue wolof, cela veut dire “résume au mieux ta pensée”) se met en place avec l’appui d’organismes comme la Scam et la Sacem, également aujourd’hui présents en Polynésie. Un projet que pourrait rejoindre le Fifo, dans les années qui viennent.
    Et qui sait, ce président du jury du Fifo 2054 a peut-être foulé pour la première fois les allées de la Maison de la culture, lundi.

    Christophe Cozette

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