Fifo hors les murs : les Vendéens découvrent la Polynésie

dimanche 24 mai 2015

Le Fifo était invité aux Sables-d’Olonne à l’occasion de la 5e Vendée Va’a, la plus importante course de pirogues d’Europe. Cinq films
à thématique polynésienne ont été projetés, dont un film pour les scolaires. Carnet de bord de Khadidja Benouataf, coordinatrice Fifo
en métropole.

• Jeudi 14 mai

– 9 h. Message d’un collègue journaliste, sur place depuis la veille : Pense à prendre un coupe-vent, des bottes et un parapluie.

– 12h25. Gare des Sables-d’Olonne. Je descends du train et suis le flot des Parisiens en long week-end pour l’Ascension. Émilie m’attend. Elle a les yeux très bleus, aussi bleus que le ciel. Chance à moi, le soleil a chassé la pluie ! Émilie m’explique que la course de va’a, dont le départ a été donné ce matin à six heures, a dû être annulée à cause du mauvais temps. “Une houle de 3 mètres, un vent à 35 nœuds, certaines pirogues ont cassé. Je crois que les équipages tahitiens se sont retrouvés en difficulté, l’eau est à 12°”, se désole-t-elle.

– 13h. Déjeuner de poisson frais et petit tour dans la ville, où les drapeaux polynésiens flottent au vent. Dans certaines rues, les murs sont ornés de coquillages. Très joli. Je vais faire un tour sur le port à la rencontre des rameurs. Une équipe de Polynésiens bretons me confirme l’info du jour. La pirogue de l’EDT a coulé et celle d’ATN est à la dérive. Deux Tahitiens ont été hospitalisés, en hypothermie. Les conditions étaient très difficiles. Mais tout le monde est sain et sauf, c’est l’essentiel.

– 15h30. Arrivée à l’Atlante, le centre de Congrès où auront lieu les projections Fifo. La salle de projection est ronde. Elle porte le nom d’une course célèbre : Le Vendée Globe. Le premier film projeté sera “Tatau” de Jean-Philippe Joachim. Les spectateurs arrivent par petits groupes. Une fois installés, je leur présente brièvement le Fifo, puis introduis le film.

– 16h55. Fin de la projection.
Je recueille quelques impressions. Combien y a t-il de tatoués dans la salle ? Quatre personnes lèvent la main. Un homme, ancien militaire ayant fait son service en Polynésie, arbore des motifs marquisiens sur le mollet. Une jeune femme brune portant un tiki autour du cou a décidé de passer le cap : “On a appris plein de choses sur le tatouage polynésien, et d’ailleurs, je vais m’en offrir un !”

– 17h. Quartier libre jusqu’à la prochaine projection. Je m’attarde dans le hall où un corner librairie Au Vent des Îles, accueille les visiteurs. Surprise, je rencontre une ancienne journaliste des Nouvelles, Rosanne Aries, qui vient de publier un “Dictionnaire insolite de Tahiti” aux éditions Cosmopole. À la lettre F, il y a Fa’a’amu, Fafaru, Fare, Fenua, Fiu, Flamboyant, Flosse, Fourmi de feu, Four Tahitien, FCFP, et Frangipanier. Il faudra penser à y rajouter Fifo, lors de la prochaine édition ! En attendant le prochain film, je m’y plonge, et parmi une guirlande de petites anecdotes, j’apprends que le ukulele est inspiré du cavaquinhodes portugais ! Le saviez-vous ?

– 20h. Projection du film Va’a Tahoe de Benjamin Picard. La salle est comble, nous sommes obligés d’éconduire les derniers arrivés. Pas de chance pour une équipe de rameurs qui voulait venir découvrir les coulisses des entraînements de l’équipe Shell Va’a, restée longtemps invaincue. À la sortie, les commentaires vont bon train. “Dans le documentaire, il est dit que la Hawaiki Nui est la course de va’a la plus difficile au monde, mais après l’épreuve de ce matin, on va dire que c’est la Vendée va’a !” s’amuse un Vendéen. “On peut sportivement regarder la vidéo et apprendre quelque chose du coup de rame, on découvre aussi la philosophie, la mentalité des rameurs polynésiens, c’était génial”, s’enthousiasme un touriste anglosaxon.  

• Vendredi 15 mai 2015

– 10h. Petit tour par le village polynésien installé dans les jardins du tribunal. L’incontournable Théo Sulpice fait le Show avec ses danseurs.  Autour de la scène, des stands accueillent les visiteurs : Vanille de Tahiti, Institut du Monoï, sculpteur de tiki, perles, vannerie, t-shirts et pareu, tressage de couronnes, tatouage… Sur le stand Air Tahiti Nui,
on offre des ballons aux enfants et on fait des selfies avec lagon turquoise en toile de fond.

– 16h. Projection de la Compagnie des Archipels. Quelques minutes après le début du film, des rires ricochent sur les parois courbes. La séquence du permis de conduire a un franc succès. Celle de l’audition d’un jeune homme soupçonné d’avoir abusé de sa petite sœur, fait planer un malaise. Générique, la salle applaudit.
Un ancien gendarme souhaite apporter son témoignage : “J’étais à Rangiroa et je peux dire que tout ce qui est dans ce film est fidèle à la réalité.” Les questions fusent : “Combien y a-t-il d’îles en Polynésie ?”, “De quoi vivent les populations des îles isolées ?”, “Les Tuamotu seront-elles submergées en cas de montée des eaux due au changement climatique ?”, “Quels sont les problèmes rencontrés par les populations ?”
Nous pourrions échanger et échanger encore, mais nous devons libérer la salle pour un briefing des bateaux suiveurs de la course de pirogues. À la sortie, un couple ayant habité à Tahiti me presse de questions. Est-ce que ça a changé ? Comment va le flamboyant de Faa’a ?

– 20h. La délégation des VIP, présents pour la course, nous fait l’honneur d’assister à la dernière projection : “Kaimiloa, l’énigme de l’Odyssée polynésienne”, d’Olivier Comte. Édouard Fritch, le président du Pays, accompagné des députés Maina Sage et Jean-Paul Tuaiva, la Déléguée générale à Paris Caroline Tang, Jacques Witkowski, le directeur de cabinet de la ministre des Outre-mer, Sophie Elizeon, la Déléguée interministérielle à l’égalité des chances des Français d’outre-mer, et Didier Gallot le maire des Sables d’Olonne. La Délégation de la Polynésie française à Paris a invité Louise Peltzer, ancienne directrice de l’Université à faire une conférence à l’issue du film. Son intitulé : “Ainsi naviguèrent les Dieux et les Héros polynésiens”.
Qu’avez-vous appris ? J’interroge en conclusion. “Tout !” répond la salle.   

22h. Voilà, c’est fini. Les organisateurs sont ravis. Ce premier Fifo Hors-les-Murs aux Sables d’Olonne est un succès. “C’est un partenariat qu’il faut développer, avec plus de projections, plus d’échanges” avance Yvan Coquin du service des affaires culturelles, “Je pense déjà à la prochaine édition !”, ajoute-t-il avec un sourire. 

Khadidja Benouataf

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