Filière audiovisuelle – Les retombées économiques

    lundi 6 février 2017

    FIFO filière audiovisuelle

    Le blockbuster Point Break, tourné à Teahupoo il y a deux ans et demi, n’a quant à lui bénéficié d’aucune aide du territoire car les scènes bien que filmées à Tahiti se déroulaient à Biarritz, dans l’histoire…pourtant près de 300 millions ont été injectés sur le territoire. (© Tim McKenna)


    “C’est une filière qui a des impacts en termes social, économique et culturel. Pour un euro investi par le CNC ou les collectivités locales, ce sont 7,62 euros de retombées (…) Donc, elle a besoin d’être soutenue par les pouvoirs publics”, affirmait Daphné Bruneau, chef du service de l’action territoriale du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), lors des  états généraux des Outre-mer, qui ont eu lieu à Tahiti, en novembre dernier.

    En Polynésie, en tout cas, si les retombées économiques ne sont pas aussi importantes, elles existent et ne sont pas négligeables. “Pour le tournage de Al Dorsey, par exemple, les dépenses faites localement ont été quatre fois supérieures au montant de l’aide octroyée par le Pays. Mais en dehors de l’aspect financier, la série va permettre de promouvoir l’image de la Polynésie sur la chaîne métropolitaine. La venue de l’équipe de tournage a également contribué à la formation des techniciens locaux qui ont travaillé dessus …

    Et si l’audience est au rendez-vous pour cette première saison, une deuxième, voir une troisième saison sera lancée… bref, accueillir des tournages en Polynésie comporte beaucoup d’avantages“, affirme Hervé Boitelle, producteur des Films du Pacifique Tahiti. Un film comme Gauguin, tourné quasiment à 100% au fenua et qui retrace la vie d’un personnage illustre qui y a vécu a bien évidemment pu bénéficier d’aides de la part du Pays, de Tahiti tourisme et de ATN. Mais la production française a laissé sur place plus de cinq fois le montant des aides obtenues et a embauché plus de 200 personnes sur place; Sans compter toutes les retombées économiques indirectes: activités ou voyages organisés par les techniciens les weekends, la venue de certaines familles de l’équipe en Polynésie durant le tournage…Le blockbuster Point Break, tourné à Teahupoo,  il y a deux ans et demi n’a quant à lui bénéficié d’aucune aide du territoire car les scènes bien que filmées à Tahiti se déroulaient à Biarritz, dans l’histoire… donc pas de promotion pour la destination.

    Pourtant, “près de 300 millions par la production hollywoodienne ont été injectés sur le territoire, en hôtel, salaires des techniciens locaux, ma’a…, pour seulement 5 à 7 minutes dans le film. Ca a fait vivre la Presqu’île, durant quatre mois et ça a laissé des traces. Aujourd’hui, certaines pensions proposent des excursions sur les lieux de tournage du film…”, explique Laurent Jacquemin, de Filmin Tahiti.
    Quant au long métrage de Mathieu Kassovitz, L’ordre et la morale, tourné dans les Tuamotu, mais dont l’histoire se déroule en Nouvelle-Calédonie,
    “il a créé 298 emplois locaux et générer 680 millions de Francs en dépenses locales”, affirme Marie-Eve Tafaatau, productrice de Pacific TV prod qui a accueilli l’équipe de tournage au fenua. Pas de doute, l’audiovisuel rapporte gros et le gouvernement a tout y gagner en investissant dans cette branche.

     

    Les aides apportées à la filière audiovisuelle

    La filière audiovisuelle a nettement évoluée depuis dix ans. Et les politiques prennent conscience tout doucement des retombées économiques, culturelles et sociales que chaque production tournée au fenua peut engendrer.
    Localement, les productions peuvent aujourd’hui prétendre à un dispositif d’aide à la création audiovisuelle et numérique : le SCAN, (soutien à la création audiovisuelle et numérique).
    L’enveloppe dédiée à ce dispositif est passée de 90 millions de francs en 2015 à 150 millions de francs pour l’année 2017, à répartir sur plusieurs dizaines de projets locaux.

    Une belle avancée, peut-on dire. Mais cette aide reste insignifiante pour toutes les grosses productions étrangères dont les budgets avoisinent plusieurs centaines de millions de francs. Actuellement, seuls le ministère du Tourisme et Tahiti tourisme apportent un réel soutient financier, pour l’accueil de tournages étrangers d’envergure.

    À la condition expresse que les projets fassent la promotion de la Polynésie. Que fait le ministère de l’Economie, quand on connaît les retombées économiques qu’un film comme Point Break peut générer pour le fenua (près de 300 millions de francs injectés directement sur le territoire) ?

     

     

    Elénore Pelletier

     

     

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    Retrouvez l’intégralité de notre dossier spécial filière audiovisuelle dans le journal du lundi 6 février ou en version numérique.

     

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