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La filière en danger : Le cri d’alarme des perliculteurs

mardi 7 mai 2019

Les perliculteurs ont écrit au président pour l’avertir des dangers rencontrés par la filière. Photo : Jen. R

Les perliculteurs ont écrit au président pour l’avertir des dangers rencontrés par la filière. (Photo : Jen. R)


Les professionnels de la perliculture manifestent leur inquiétude. La loi du pays encadrant la filière est remise en cause car elle nuirait à cette dernière. L’exportation des rebuts et le manque de labellisation fragiliseraient la production et discréditeraient l’image de la perle de Tahiti à l’international.

Les présidentes du Syndicat des petits et moyens perliculteurs de Polynésie française, de la Fédération des professionnels des richesses marines et de leurs environnements, du GIE Toa rava et de l’Union pour le développement économique des petits et moyens producteurs de perles et d’huîtres de Polynésie française, Mia Williams et Marcelle Howard, étaient face à la presse, hier matin, pour lancer un cri d’alarme destiné au gouvernement concernant la filière perlicole.

Selon ces professionnelles, la loi de pays datant du 18 juillet 2017 doit être révisée car elle nuirait gravement à la pérennité de cette dernière.

“La loi précise que pour encadrer la filière il faut qu’un conseil de la perliculture, avec des professionnels du secteur, soit mis en place et que des comités de gestions dans les îles productrices soient créés. Or deux ans après rien n’a été fait. La non-représentation des professionnels de notre secteur auprès des instances politiques et économiques du Pays entraine des prises de positions dramatiques pour l’ensemble de la filière, au détriment de l’intérêt général. C’est pourquoi nous demandons en urgence la création de ce conseil”, expliquait hier Mia Williams.

 

L’exportation des rebuts en question

 

Autre problématique majeure, selon ces syndicats et fédérations. La disposition prise par cette loi du Pays de 2017, et qui supprime les dispositions antérieures de 2009 qui visaient à garantir la qualité des perles de culture de Tahiti, autorise désormais l’exportation des rebuts aujourd’hui classifiés en catégorie E.

“Cette disposition est nuisible non seulement pour notre image à l’international mais aussi pour notre environnement. Auparavant pour qu’une perle soit exportée, il fallait que sa couche nacrière mesure au moins 0,8 mm ce qui obligeait les producteurs à mener leurs productions à termes et à les faire contrôler. Aujourd’hui il n’y a plus d’obligation de contrôle à l’exportation sur les épaisseurs de nacres ce qui entraine des récoltes prématurées non conformes qualitativement à ce que les clients attendent. À court terme, cela va discréditer notre production par rapport aux îles Fidji et aux îles Cook qui de leur côté privilégient la qualité et travaillent actuellement sur un label”, précise Mia Williams. Elle souhaite donc que cette disposition disparaisse purement et simplement.

“Nous voulons que soit remis en place les contrôles des perles à l’exportation pour rétablir la confiance de nos acheteurs internationaux car en quelques mois le prix moyen du gramme de la perle est passé de 1 000 F en décembre 2018 à 500 F en avril 2019.”

De plus, Mia Williams et sa consœur Marcelle Howard demandent expressément au gouvernement de travailler rapidement sur un vrai système de labellisation de la perle de Tahiti.

Une demande pour que la première ressource du pays en terme économique puisse avoir un nom, une image et une marque à l’export et que celle-ci ne leur soit pas dérobée par un autre pays producteur.

Les îles Fidji, selon Marcelle Howard, seraient en train de travailler sur un label dénommé “Tahitian Pearl culture”.

Selon les professionnelles, d’autres points négatifs sont aussi à prendre en compte comme la pollution lagonaire liée à l’accumulation des déchets plastiques et pour lesquels aucune disposition de récupération et d’élimination pérenne n’existe.

“Nous avons un gros problème de matière première car il n’y a plus de nacres dans nos lagons”, explique Marcelle Howard qui constate que la taxe de 50 F par perle imposée aux producteurs locaux à l’export va directement dans le budget global du Pays.

“Cet argent sert à tout, sauf à notre filière. Il serait normal, je pense, qu’une partie soit réinjectée dans la filière et dans la recherche pour pérenniser l’activité et la développer”, commente la présidente du GIE Toa Rava.

Mia Williams a annoncé avoir écrit au président du Pays la semaine dernière pour lui demander un rendez-vous en urgence.

“Je n’ai pas encore reçu de réponse mais je suis confiante car je ne suis pas sûre qu’Édouard Fritch soit au courant de tout ce qui se passe. Il est de notre devoir de l’informer des dangers qui se dessinent si rien n’est fait”.

 

Jen.L

 

Marcelle Howard

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