Les filières s’adaptent aux besoins des entreprises

    jeudi 15 septembre 2016

    unisersité

    L’Université de la Polynésie française fera sa rentrée solennelle jeudi prochain. Pour favoriser l’insertion de ses jeunes diplômés, sa carte des formations évolue en fonction des besoins des patrons. (Photo : Marie Guitton)

     

    Rentrée de l’université : comment favoriser l’insertion professionnelle des diplômés ?

     

    La rentrée solennelle de l’Université de la Polynésie française (UPF) aura lieu jeudi prochain. L’occasion, pour son président Éric Conte, de présenter les grandes échéances de l’année, et les défis auxquels il s’attèlera jusqu’à la remise de son tablier, dans huit mois.

     

    L’insertion professionnelle des jeunes diplômés, notamment, est une priorité. Car chaque année, des centaines d’étudiants continuent à sortir de l’université (environ 360 personnes sont licenciées par an), alors que les créations d’emplois — qui ne re­partent que très timidement — ne parviennent pas à les absorber. “L’université ne crée pas les emplois…, soufflait toutefois Éric Conte hier. Elle forme les jeunes autant que possible en adéquation avec les besoins des entreprises.

    C’est le premier levier dont use l’UPF pour insérer ses diplômés : “Analyser les besoins du monde du travail” afin d’adapter sa “carte des formations”. Deux nouveaux diplômes universitaires de technologie (DUT) ont par exemple ouvert cette année, en partenariat avec l’Université de Bordeaux.

    Aujourd’hui, on est en train de préparer la signature du futur contrat quinquennal (2017-2021) avec le ministère, ajoute Éric Conte. On va ouvrir un master CCA (comptabilité contrôle audit), un master sur les énergies renouvelables, et un deuxième master de droit pour séparer les droits public et privé… Donc, on essaie de donner le meilleur possible aux jeunes Polynésiens.

    Les patrons semblent y trouver leur compte : “Sauf dans les métiers très pointus, on trouve aujourd’hui toutes les compétences sur le territoire, se félicite Patricia Lo Monaco, la présidente de la commission emploi-formation du Medef, qui représente 17 organisations patronales. On arrive à pourvoir 90 % des emplois avec des personnes qui ont été formées ici, tous dispositifs confondus. Dans le cas contraire, on essaie de se rapprocher, comme on le fait depuis des années, des différents acteurs de formation pour qu’ils préparent les futurs salariés.

    La représentante attend toutefois patiemment “la ligne de conduite du Territoire” : “Lorsque les grands projets se profileront de façon bien nette, alors il faudra réajuster la carte des formations. On sort petit à petit d’une crise. Il faut être prêt pour après-demain”, prévient-elle.

     

    À qualification élevée, “insertion facilitée”

     

    Pour l’heure, le bagage universitaire, même adapté aux besoins des entreprises, est-il vraiment un gage d’emploi ?“Évidemment, la crise a dégradé un peu les taux d’insertion professionnelle de nos diplômés”, reconnaît Vincent Dropsy, maître de conférences en science économique à l’UPF.

    Aujourd’hui, 24 % des étudiants qui cherchent du travail dans les premiers mois après l’obtention de leur licence n’en trouveraient pas. “Mais, ils ont deux fois plus de chance d’obtenir un emploi que la moyenne des jeunes Polynésiens, note l’économiste. Donc certes, la situation s’est détériorée pour tout le monde, y compris pour nos diplômés, mais il y a toujours cette valeur d’un diplôme.

    Plus la qualification est élevée, plus l’insertion est facilitée”, confirme Patricia Lo-Monaco. Si la responsable encourage donc à prolonger ses études après la licence, elle pousse aussi, en parallèle, les étudiants à nouer le contact le plus tôt possible avec les entreprises. C’est le deuxième levier qu’actionne l’UPF, en leur imposant de plus en plus de stages et en organisant le forum étudiants-entreprises par exemple.

    Des fois, ça permet d’à peine finir ses études qu’on a déjà du travail, glisse la représentante du Medef. Ça s’appelle le réseau.

     

    Marie Guitton

     

        Retrouvez dans notre édition du Jeudi 15 septembre 2016 :       

    • Encadré : Au programme du 22 septembre : distinction des majors de promotion et d’un professeur
    • Réaction : Éric Conte, Président de l’Université de la Polynésie française 
    • Interview : Marion Hubert, Major de promotion Lettres et Arts (2015-2016). Née en France d’une mère d’origine centrafricaine, elle a épousé un Polynésien et s’est installée au fenua en 2014. 

     

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