Habillage fond de site

Sa fille violée près de 600 fois : 5 ans requis contre la mère

vendredi 31 août 2018

justice tribunal

(© archives LDT)

Ils ont des dizaines d’années d’expérience dans les salles d’audience, se sont penchés sur des tas d’affaires sordides. Et pourtant. “C’est l’affaire la plus sale que j’aie jamais jugée”, a estimé le président de la cour d’appel qui officiait hier pour juger E.P.. L’avocat général le rejoignant sur ce point : “Je n’ai jamais vu de dossier comme cela.”

En première instance, E.P. avait été condamnée à quatre ans de prison pour proxénétisme aggravé et non-dénonciation de mauvais traitements infligés à un mineur. Sa fille. Dans cette affaire, plusieurs membres de la famille de la prévenue ont déjà été condamnés à de lourdes peines devant la cour d’assises, 18 ans pour certains. D’autres l’ont été par le tribunal pour enfants.

En octobre 2014, le psychologue d’un foyer socio-éducatif signale au procureur les faits dénoncés par la victime, alors âgée de 17 ans. Cette dernière a été violée dès l’âge de 6 ans par son grand-père. “Ma cliente a subi la violence de son père. La victime lui a été arrachée dès sa naissance et les viols dès l’âge de 6 ans ont été pour lui une manière de marquer son territoire, de montrer que sa fille était sienne”, a défendu l’avocate de la prévenue qui avait connaissance des viols perpétués par son père sur sa propre fille.

Mais le drame est loin de s’être arrêté là. Le grand-père décédé, la jeune fille alors âgée de 9 ans a été violée par son oncle et plusieurs de ses cousins. Selon les calculs des enquêteurs, les sévices auraient eu lieu plusieurs fois par semaine et la jeune victime aurait ainsi été violée 600 fois. Avant d’être placée en foyer à l’âge de 16 ans, la victime passe de chez son oncle violeur au domicile de sa mère. Cette dernière a refait sa vie avec un homme. Le frère de ce dernier propose à la mère d’avoir un rapport sexuel avec sa fille en échange de 1 500 francs. La mère assistera même au rapport sexuel forcé dans la salle de bain familiale.

Durant l’enquête, E.P. a admis ces faits. “Pourquoi avoir accepté ces 1 500 francs ? Cela ne vous a pas choqué ?”, interroge le président.

“Si”, répond simplement la mère qui explique qu’elle n’a pas réagi car “il était saoul”. Le juge se demande également pourquoi elle n’a pas dénoncé les viols du grand-père alors qu’elle en avait connaissance. “Je n’habitais pas là-bas”, donne-t- elle pour seule réponse.

L’expert la désigne comme une personne dénuée d’empathie, dit que si son discernement était altéré, elle pouvait toutefois être considérée comme responsable et accessible à une sanction pénale.
L’avocate fait état “d’un dossier de la misère humaine, affective et économique” d’une famille incestueuse, le frère de la prévenue avait lui-même violé sa mère. Un peu plus tôt, le procureur général s’est emporté contre la prévenue estimant qu’elle avait “écopé d’une peine insuffisante à l’égard des faits. Je me suis étonné qu’elle ait pris l’option d’un appel.”

Pour le représentant du ministère public, la prévenue est “un peu l’anti-mère. Une mère, c’est quoi ? C’est protéger et aimer. Vous, vous l’avez laissée telle un appât aux mains de prédateurs. Vous ne l’avez pas vendue, vous l’avez bradée. Pendant des années, elle n’était plus une personne mais un objet sexuel.”

Pour une peine maximale encourue de 10 ans, l’avocat général a demandé qu’elle soit condamnée à cinq ans de prison ferme assortis d’un mandat de dépôt. Les juges rendront leur décision le 27 septembre.

 

F.C.

 

0
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

Retraites : Selon-vous, la réforme de la Protection sociale généralisée est-elle nécessaire, même si cela suppose des efforts de tous pour la survie du système ?

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete