Une fillette de 6 ans agressée par trois hommes de sa famille

    mercredi 9 novembre 2016

    L’audience  du tribunal correctionnel, hier, a mis en lumière les plaies de la misère sociale et affective dont les enfants portent les stigmates, et  les drames stupides provoqués  par l’alcool. (© Caroline Perdrix)

    L’audience du tribunal correctionnel, hier, a mis en lumière les plaies de la misère sociale et affective dont les enfants portent les stigmates, et les drames stupides provoqués par l’alcool. (© Caroline Perdrix)

     

     

    Ce devait être un lieu de refuge : élevée dans un foyer ravagé par l’alcool, battue à coup de bouteilles et de barre de fer, la fillette avait vu son père se pendre et sa mère condamnée à de la prison avec sursis, avant d’être confiée à sa grand-mère.
    C’est là que le compagnon de celle-ci, aujourd’hui âgé de 53 ans, l’a agressée sexuellement à deux reprises et que deux de ses oncles ont également abusé d’elle.

    C’est finalement un signalement d’une institutrice qui permettra d’arracher la petite à cette bande organisée qui n’a de famille que le nom, et de la placer en famille d’accueil.
    Le plus âgé des hommes, accusé également des mêmes faits par une autre enfant de la famille, dira durant sa garde à vue que l’initiative venait de l’enfant et qu’elle lui avait ensuite demandé de l’argent.

    Devant le tribunal, et en dépit de ses premières déclarations et de l’expertise psychiatrique de la fillette, il a nié tout autre attouchement que quelques caresses à la poitrine.
    Le deuxième homme, âgé de 40 ans et compagnon d’une des tantes de l’enfant, a quant à lui prétendu qu’il avait confondu, dans le noir de la chambre, la petite de 8 ans (les faits sont plus récents) avec l’une de ses cousines de 18 ans.

    Comme son aîné, il a attribué l’initiative à l’enfant, à qui il a donné 100 F pour son silence. C’est le tonton qu’elle aimait le plus, dira-t-elle aux enquêteurs, parce que c’était celui qui la frappait le moins…
    Le troisième homme, fils de la grand-mère, sourd, handicapé en fauteuil roulant et présentant un “déficit des fonctions cognitives supérieures” suite à un accident, s’est lui aussi livré à des attouchements sur la petite fille.

    La partie civile (la direction des affaires sociales) a insisté sur “l’univers sordide” de la petite, “précaire, carencé, incohérent” selon les mots de l’expert psychiatre. “Ces trois messieurs, ces sous-hommes, sont inquiétants. On dirait qu’ils se sont donné le mot, ils continuent d’accuser la petite. Il y a d’autres enfants qui circulent dans cette maison, que va-t-il leur arriver ?”, a demandé l’avocat.

    La procureure s’est déclarée “sans voix” devant cette affaire et le tribunal a suivi ses réquisitions : les trois hommes sont déclarés coupables, le plus âgé est condamné à quatre ans de prison, dont deux ferme, et mise à l’épreuve avec obligation de suivi psychiatrique, le second à trois ans de prison, dont un ferme, et mise à l’épreuve avec obligation de suivi psychiatrique, et le troisième écope d’un an avec sursis. Chacun d’entre eux est également condamné à verser 800 000 F d’indemnités à l’enfant.

     

    C.P.

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