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Fillon risque d’être mis en examen : “Ça met le Tapura dans l’embarras”

jeudi 2 mars 2017

Fillon Édouard Fritch

Le 10 février, Édouard Fritch avait rencontré François Fillon à son QG de campagne, à Paris. Un rendez-vous qu’il aurait mieux valu ne pas médiatiser, selon certains. (© DR)


François Fillon, le candidat à la présidentielle qu’a choisi de soutenir le Tapura Huiraatira, risque d’être mis en examen le 15 mars. Certes, il est le premier à avoir rassemblé les 500 parrainages nécessaires pour concourir à l’élection, mais en métropole, il est aussi en train de perdre de nombreux soutiens. Le parti du président Édouard Fritch se pose également des questions. Une réunion devrait se tenir ce soir pour en débattre et “voir ce qu’on décide”.

“Mmm… Comment répondre à cette question, tout en faisant en sorte de ne pas y répondre… ?”
Alors que François Fillon vient d’être convoqué par les juges parisiens, le 15 mars, en vue de son éventuelle mise en examen dans l’affaire des emplois – présumés fictifs – de son épouse Penelope et de deux de ses enfants, La Dépêche de Tahiti a interrogé les élus du Tapura Huiraatira, ici en Polynésie, sur leur soutien à ce candidat.

Le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu fin avril, dans à peine deux mois. Et François Fillon, qui a finalement déclaré qu’il ne se retirerait pas de la course à l’Élysée même s’il était mis en examen (contrairement à ce qu’il avait assuré en août dernier), s’apparente de plus en plus à un boulet chevillé à ses supporteurs.

En métropole, Bruno Le Maire, candidat malheureux à la primaire de la droite en novembre dernier (soutenu par le Tau Hoturau de Tauhiti Nena), a annoncé hier sa démission de l’équipe Fillon, qu’il avait rapidement rejointe.
Les centristes de l’Union des démocrates indépendants (UDI) ont quant à eux décidé de suspendre leur participation à sa campagne jusqu’à la convocation du bureau exécutif de leur parti, la semaine prochaine.
Au Tapura Huiraatira, c’est cette voie-là qui semble également être privilégiée. Le sujet devrait être évoqué au cours d’une réunion politique du parti organisée, selon nos informations, ce soir à Arue.
Y sera sans doute rappelé, pour commencer, que François Fillon ne fut que le choix par défaut du Tapura, après la défaite à la primaire d’Alain Juppé.

Ensuite, que dès la désignation de cet ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy en tant que poulain officiel du parti Les Républicains (LR), le président Édouard Fritch s’était inquiété de son programme, notamment la suppression de 500 000 postes de fonctionnaires.

 

“Il faut consulter la base”

 

Et voilà le député de Paris empêtré dans une affaire de “détournements de fonds publics, abus de biens sociaux et trafic d’influence”, alors qu’Édouard
Fritch prônait, il y a tout juste un an, la “tolérance zéro” face à “la complaisance coupable, voire la corruption” dans l’administration.
Par ailleurs, et par voie de conséquence, les chances de victoire de François Fillon s’amenuisent.

“Ça met le Tapura dans l’embarras”, reconnaissait donc hier le président du parti, et président du Pays, en déplacement jusqu’à Taravao. “Mais je ne peux pas décider tout seul. Il faut consulter la base.”
Les élus, quant à eux, refusaient de se positionner “tant qu’on ne s’est pas réuni avec notre groupe”. “Je n’ai pas d’avis personnel, il faut conduire les choses collectivement”, affirmait ainsi la représentante Armelle Merceron, jointe par téléphone, tout en rappelant d’un côté que “mis en examen n’est pas déclaré
coupable”, et de l’autre qu’elle ne se sentait, elle, “pas vraiment proche des choix qui ont été faits” en vue de la présidentielle.

 

Un changement de candidat ?

 

De même, sa consœur Virginie Bruant restait évasive. “Après, c’est sûr qu’il y a des membres du Tapura plus ou moins
contre le maintien de ce soutien à François Fillon”, soufflait-elle. “C’est chiant qu’il soit mis en examen…”
Pour autant, est-ce que le Tapura pourrait reporter son soutien sur un autre candidat ? “Tout est possible dans la vie”, répondait Virginie Bruant.
“Maintenant, une ligne de conduite a quand même été fixée : soutenir le candidat de la droite. Et il n’y a pas beaucoup d’alternatives… On verra donc demain (ce soir, NDLR) ce qu’on décide et pourquoi. Ce ne sont jamais des décisions simples, mais les échéances approchent donc on ne peut pas les repousser ad vitam aeternam.”
“C’est un peu tôt pour se prononcer, on vient seulement d’apprendre que François Fillon sera convoqué”, estimait au contraire une source à la présidence.

Tous, certainement, rêveraient d’un grand retour d’Alain Juppé, à l’instar de maires métropolitains qui ont commencé à le parrainer hier, alors qu’il n’est plus candidat.
Mais en attendant, à Tahiti, l’inconfort grimpe. Est-ce que cela fait jaser ? “Bah oui, évidemment”, soufflait hier un proche d’Édouard Fritch.
Déjà, le 10 février, après l’éclatement du scandale, d’aucuns avaient jugé, ici dans son entourage, que la médiatisation de sa rencontre avec François Fillon à Paris n’avait pas été des plus opportunes.
“Des discussions, bien sûr, il y en a tout le temps”, confirmait hier Virginie Bruant. “Mais on est quand même vachement soudé au Tapura”, soulignait-elle, en balayant tout risque de division des parrainages, même si l’UDI confirmait, au niveau national, la fin de son alliance avec Les Républicains.
“On est un parti de centre-droit. On entend parler de repositionnements en métropole, donc on avisera”, observait quant à lui Jean-Christophe Bouissou, porte-parole du gouvernement.
“C’est vrai que ça bouge pas mal dans cette campagne, qu’apparaissent de nouvelles forces, de nouvelles personnalités politiques… Mais notre parti a choisi de sceller un partenariat avec Les Républicains, donc la logique veut que nous continuions à entrevoir l’avenir avec eux.”

Il sait toutefois que ça sera “plutôt dur” pour François Fillon. “On pourrait voir en fonction de la physionomie du second tour”, suggérait-il donc, prudent.
“Une chose est sûre : le Tapura n’est pas extrémiste, ni d’extrême droite, ni d’extrême gauche. Et comme le disait Édouard Fritch : nous ne sommes pas des pucerons. Nous ne sautons pas de droite à gauche comme cela.”  K

 

Marie Guitton

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