Fin de la prise d’otages à l’hôtel de Bamako, plus d’une vingtaine de morts

    vendredi 20 novembre 2015

    La prise d’otages menée par des hommes armés, jihadistes présumés, à l’hôtel Radisson Blu de Bamako s’est terminée vendredi après neuf heures d’enfer et plus d’une vingtaine de morts, à la suite de  l’intervention conjointe des forces maliennes et étrangères, notamment françaises.

    « La prise d’otages est terminée. Nous sommes actuellement en train de sécuriser l’hôtel », a déclaré à l’AFP une source militaire sous le couvert de l’anonymat, soulignant que « deux terroristes ont été tués ».

    Un journaliste de l’AFP devant l’hôtel a vu des agents de la protection civile en sortir des corps dans des sacs mortuaires orange sur des brancards.

    « Dix-huit corps ont été retrouvés », a affirmé à l’AFP une source de sécurité étrangère sous le couvert de l’anonymat. Des sources de sécurité maliennes ont ensuite fait état d’au moins 22 morts parmi les otages.

    Dans la matinée, le ministère malien de la Sécurité intérieure avait parlé de « deux ou trois » assaillants. « Ca se passe au 7e étage, des +jihadistes+ sont en train de tirer dans le couloir », avait alors déclaré une source de sécurité à l’AFP.

    Les auteurs de l’attaque « n’ont plus actuellement d’otage entre leurs mains et les forces sont en train de les traquer », avait assuré peu avant 16H00 GMT le ministre de la Sécurité intérieure, le colonel Salif  Traoré, après plusieurs heures d’assaut à l’intérieur de l’hôtel.

    Les forces spéciales françaises venues de Ouagadougou, au Burkina Faso voisin, se trouvaient à l’intérieur de l’hôtel et « participaient aux opérations aux côtés des Maliens », a souligné la source de sécurité étrangère.

    Par ailleurs, dans la matinée, la France, qui intervient militairement au Mali depuis janvier 2013, a envoyé une quarantaine de membres du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) au Mali.

    Immédiatement après la fin de l’assaut, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta –qui a écourté son séjour au Tchad où il était pour un sommet des cinq pays du Sahel–, a salué sur son compte Twitter « le professionnalisme des forces de défense et de sécurité du Mali et remerci(é) les pays amis pour leur assistance ».

    L’attaque du Radisson Blu, prisé de la clientèle internationale, a débuté autour de 07H00 GMT. Elle survient une semaine exactement après les attaques meurtrières revendiquées par le groupe Etat islamique qui ont fait 130 morts à Paris et plus de 350 blessés.

    – Plus d’une dizaine de nationalités -Dans la matinée, le groupe hôtelier Rezidor, qui gère le Radisson Blu, à l’ouest du centre-ville, avait parlé de 140 clients et 30 employés dans l’hôtel au moment de l’attaque.

    « Nos forces spéciales ont libéré une trentaine d’otages et d’autres ont pu s’échapper tout seuls », avait déclaré à la mi-journée le colonel Traoré, le ministère faisant ensuite état de 78 personnes libérées.

    Cette attaque rappelle la prise d’otages du 7 août dans un hôtel à Sévaré (centre), qui avait fait 13 morts. Le 7 mars, le premier attentat anti-occidental meurtrier à Bamako, visant un bar-restaurant, avait coûté la vie à cinq personnes, dont un Français et un Belge.

    Un client africain a témoigné sur la télévision publique malienne s’être enfermé dans sa chambre après avoir entendu des tirs d’armes automatiques dans le couloir.

    « Les forces maliennes sont venues nous récupérer. Ils ont frappé à nos portes pour dire que +c’est la sécurité+. On était un petit groupe, ils nous ont évacués par les escaliers », a-t-il raconté.

    Les assaillants sont entrés dans l’enceinte de l’hôtel au même moment qu’une voiture munie d’une plaque diplomatique, selon le ministère.

    Outre des policiers et militaires maliens, des forces spéciales de la gendarmerie étaient déployées, ainsi que des membres de la Minusma et de la force française Barkhane, avec un appui des forces américaines.

    Des étrangers d’au moins 14 nationalités faisaient partie des quelque 140 clients de l’hôtel Radisson Blu, selon le ministère de la Sécurité intérieure et les autorités ou employeurs des pays concernés.

    Y étaient présents des ressortissants d’Algérie, d’Allemagne, de Belgique, du Canada, de Chine, de Côte d’Ivoire, d’Espagne, des Etats-Unis, de France, d’Inde, du Maroc, de Russie, du Sénégal et de Turquie.

    Air France, qui a annulé tous ses vols à partir et à destination de Bamako, faisait état de 12 employés logés dans l’établissement qui ont été mis « en lieu sûr ». Le ministère malien de la Sécurité évoque quant à lui 15 « citoyens français » libérés, sans plus de précisions.

    Le nord du Mali est tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda. Ils en ont été en grande partie chassés à la suite du lancement en janvier 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire internationale.

    Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères. Les attaques jihadistes se sont étendues depuis le début de l’année vers le centre, puis le sud du pays.

    Dans un enregistrement remontant à octobre et récemment authentifié, le chef du groupe jihadiste Ansar Dine, allié d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Iyad Ag Ghaly, dénonçait l’accord de paix signé en mai-juin entre le camp gouvernemental et la rébellion et appelait à frapper la France « croisée ».

    Agence France-Presse

    Au moins 14 nationalités

    Des étrangers d’au moins 14 nationalités faisaient partie des quelque 140 clients de l’hôtel Radisson Blu de Bamako lors de l’attaque menée vendredi par plusieurs individus armés qui a fait au moins 18 morts, selon le ministère malien de la Sécurité intérieur et les autorités ou employeurs des pays concernés.

    Les assaillants, qui n’avaient plus d’otages sous leur contrôle en fin de journée après l’assaut donné par les forces spéciales maliennes épaulées par des forces américaines et françaises.

    L’établissement de classe internationale, situé dans un environnement calme à l’ouest du centre-ville, dispose de 190 chambres et suites.

    Le bâtiment comprend de longs couloirs et un grand hall d’entrée, haut de plafond, et un grand jardin avec piscine.

    L’hôtel est sécurisé par un premier poste de contrôle tenu par des gardes de sécurité dans la rue menant à l’établissement, à une cinquantaine de mètres l’entrée même du Radisson.

    Outre 45 Maliens retenus dans l’hôtel et libérés, 14 autres nationalités y étaient représentées parmi les clients au moment de l’attaque.

    ALGERIE

    Sept Algériens, dont six membres d’une délégation officielle algérienne et un cadre d’une entreprise française, ont été exfiltrés de l’hôtel, selon les autorités algériennes. Le ministère malien de la Sécurité faisait état de quatre Algériens libérés après la prise d’otages.  

    ALLEMAGNE

    Quatre Allemands « ont pu quitter l’hôtel indemnes dans le courant de la journée », a annoncé le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier. Le ministère malien de la Sécurité a pour sa part indiqué qu’un ressortissant allemand avait été libéré.

    BELGIQUE

    Quatre Belges étaient présents au moment de la prise d’otages, dont l’un d’entre eux, un haut fonctionnaire en mission dans le cadre de la Francophonie, a été tué, selon les autorités belges.

    CANADA

    Un ressortissant canadien pris en otage a été libéré, a indique le ministère malien de la Sécurité.

    CHINE

    Au moins sept ressortissants chinois séjournaient au Radisson Blu, selon l’agence Chine Nouvelle alors que le ministère malien de la Sécurité évoquait quatre Chinois parmi les otages libérés.

    COTE D’IVOIRE

    Deux Ivoiriens faisaient partie des otages libérés, selon le ministère malien de la Sécurité.

    ESPAGNE

    Deux Espagnols faisaient partie des otages libérés, selon le ministère malien de la Sécurité.

    ETATS-UNIS

    Au moins six citoyens américains ont été évacués de l’hôtel, selon le commandement militaire américain pour l’Afrique.

    FRANCE

    Air France, qui a annulé tous ses vols à partir et à destination de Bamako, faisait état de 12 employés logés dans l’établissement qui ont été mis « en lieu sûr ». Le ministère malien de la Sécurité a évoqué pour sa part 15 citoyens français libérés.

    INDE

    Vingt ressortissants indiens présents dans l’hôtel ont été évacués sains et saufs, selon l’ambassadeur indien au Mali.

    MAROC

    Deux citoyens marocains se trouvaient dans l’hôtel au moment de la prise d’otages, selon le ministère marocain des Affaires étrangères et de la Coopération. L’un d’eux a pu quitter les lieux « sain et sauf et en toute sécurité », a-t-on précisé.

    RUSSIE

    Un Russe faisait partie des otages libérés, selon le ministère malien de la Sécurité.

    SENEGAL

    Un citoyen sénégalais figurait parmi les otages et a été libéré, selon le ministère malien de la Sécurité.

    TURQUIE

    Sept salariés de Turkish Airlines présents dans l’hôtel – le chef de station, deux pilotes et quatre membres du personnel navigant – étaient sains et saufs à l’issue de la prise d’otages, selon le ministère turc des Affaires étrangères et la compagnie aérienne. Le ministère malien de la Sécurité a pour sa part évoqué quatre otages turcs libérés.  

     Agence France-Presse
     

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete