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Fin de la mission de la ministre des Outre-mer

mercredi 22 février 2017

ericka bareigts

Dernière conférence de presse au fenua hier après-midi, à la résidence du haut-commissaire, pour Ericka Bareigts, ministre des Outre-mer. (© Christophe Cozette)

“Historique.” Qu’elle soit loi ou décision politique, la ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts, qui a quitté le fenua ce matin, a qualifié d’historiques différents chantiers, ouverts par le président de la République, il y a un an, jour pour jour (lire ici), une date anniversaire que n’a pas manqué de rappeler la ministre, hier, en fin d’après-midi, lors d’une conférence de presse, à la résidence du haut-commissaire, puis à la présidence du Pays, lors de son cocktail, offert pour son départ.

Outre le mana qu’elle dit “avoir ressenti tout au long de sa visite”, Ericka Bareigts, arrivée les pieds dans l’eau suite aux intempéries de vendredi dernier, était venue, avant tout, adresser, “au nom de la Nation tout entière”, “un message de soutien à la suite des terribles intempéries” du mois de janvier.

À l’instar de sa première journée, passée notamment avec les sinistrés de Pirae et de Mahina, le mot “solidarité” sonnait dans son intervention et dans son discours qui a suivi, comme un leitmotiv.

“Solidarité au sein de la population, de l’État ensuite et de la Nation, enfin”, a martelé l’élue de La Réunion, qui n’a pas manqué de rappeler, face aux forces vives du Pays, que votre “unité et votre fraternité sont un exemple pour nous tous”.

Concernant le fonds d’urgence, débloqué rapidement après ces terribles épisodes pluvieux du mois dernier, il a été trois fois supérieur à celui octroyé en 2015.

Il est prévu qu’il en soit de même pour le “volet indemnisations du fonds de secours”, “à condition que les dossiers remontent”.

En tout cas, “la procédure est lancée” et le fonds de secours sera versé directement au Pays, a précisé la ministre des Outre-mer.

Comme l’a-t-elle rappelé au début de son dernier rendez-vous avec les médias polynésiens, elle a tenu “à revenir et confirmer, le travail effectué et la parole tenue par un président (de la République, NDLR) exceptionnel, pour sa reconnaissance des outre-mer et ses décisions historiques”, et notamment la loi sur l’égalité réelle, récemment adoptée.

Bien évidemment, elle n’a pas omis de préciser que François Hollande a été le seul président de la République à avoir rendu visite à l’ensemble des outre-mer et sa visite “fait d’ores et déjà partie de la mémoire collective”.

Ce dernier “a incontestablement écrit une nouvelle page de notre histoire”, en reconnaissant solennellement le fait nucléaire et son impact sur l’environnement et les populations.

Exit donc ce critère de “risque négligeable” mais quid des indemnisations ? Le Civen (comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires) ne sera pas dissous, mais la nouvelle commission parlementaire créée “veillera à ce que le dispositif fonctionne correctement”, à savoir pour les personnes atteintes d’un des 21 cancers liés aux essais nucléaires et présentes en Polynésie entre 1966 et 1998.

Là aussi, “une décision politique historique” (de la part du chef de l’État) a tenu à souligner Ericka Bareigts, rappelant le nombre d’années “où la situation a été figée”. “Une si belle loi” s’est félicitée la ministre du président de la République, François Hollande.

 

“On devrait les lire rapidement”

 

Sur les accords de Papeete, point de grande nouvelle sauf que le “texte est stabilisé”, que la signature devrait se faire à Paris entre les présidents Hollande et Fritch et que ces accords devraient faire la navette auprès du conseil économique, social et culturel (CESC) et de l’assemblée de la Polynésie, comme l’a rappelé le haut-commissaire, René Bidal, présent aux côtés de la ministre des Outre-mer.

“On devrait les lire rapidement”, a lancé ce dernier.

Concernant la réforme de la protection sociale généralisée (PSG), l’État propose au Pays de l’accompagner avec les experts de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) afin de pouvoir débloquer le dernier fonds pour le régime de solidarité (RSPF) soit 358 millions de francs.
“Une simple proposition de technicité”, a précisé Ericka Bareigts.

Pour le numérique, elle réfléchit à pouvoir faire aider le Pays avec une adaptation du Plan France très haut débit, lancé en métropole en février 2013.

Concernant le fonds vert issu de la COP21 – encore un chantier présidentiel –, là aussi, la ministre des Outre-mer se penche, dès son retour, sur “un équivalent Fonds vert” soit des prêts à taux zéro, pour des investissements 100 % à vocation de lutte contre le changement climatique.

Un an déjà. Un an depuis la venue du président de la République. Un temps jugé “court” par Ericka Bareigts, “pour faire aboutir tous ces sujets”. 

Christophe Cozette

 

 

Ericka Bareigts s’est rendue sur l’atoll des Tuamotu

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C’était la première fois qu’un ministre des Outre-mer se rendait à Ahe. (© Marie Guitton)


C’était la première fois qu’un ministre des Outre-mer se rendait à Ahe. Ericka Bareigts y a visité hier une ferme perlière, une école et la centrale électrique hybride livrée en 2010. Ses nombreux dysfonctionnements ont été étudiés et serviront de leçons pour les prochains projets, notamment celui de Manihi.

La ministre des Outre-mer Ericka Bareigts s’est rendue hier, avec une délégation de responsables du Pays et de l’État, sur l’atoll de Ahe, aux Tuamotu. Au cœur de sa visite, la centrale électrique hybride livrée en 2010, qui avait coûté 233 millions de francs, financés par des fonds européens.

Elle vient de faire l’objet d’un audit, d’être rénovée, et c’est donc elle qui pourrait guider la construction des prochaines unités à venir, notamment à Manihi.

Comme à Ahe, les six autres centrales construites aux Tuamotu, ont déjà commencé à montrer des “signes de fatigue”. “Elles n’ont pas toujours été bien dimensionnées, les matériaux ne sont pas toujours les bons vu les conditions climatiques, et l’entretien laisse à désirer”, explique Denis Mauvais, chef de la subdivision administrative des Tuamotu-Gambier.

À Ahe, l’entretien courant des 964 panneaux solaires est réalisé par un agent communal à mi-temps, Charles Delord, 40 ans. Mais sa formation en électricité, reçue il y a un an à Tahiti, ne suffit pas. “Or c’est dur de faire venir quelqu’un de qualifié alors qu’il ne s’agit pas d’un emploi à temps complet…”, souffle un responsable.

Pendant plusieurs mois, la centrale hybride qui sert 300 personnes environ aurait fonctionné au groupe électrogène, faute de panneaux photovoltaïques opérationnels. Des réparations ont donc été effectuées, pour un montant de 11,7 millions de francs.

De l’argent gaspillé ? La tavana de Manihi, Mireille Haoatai, préfère regarder vers l’avenir.

“Une centrale hybride, c’est du soleil et, de temps en temps, quand on n’a pas beaucoup de soleil, du fioul. Aujourd’hui, c’est l’exemple de Ahe, qui fonctionne très bien, qui va servir pour faire celle Manihi.” “Le Pays a un plan de développement de centrales hybrides dans l’ensemble des Tuamotu”, explique en effet le président du Pays, Édouard Fritch, qui dit attendre “les propositions de l’État en matière de financement”.

Des travaux doivent d’ores et déjà débuter le mois prochain pour faire pousser une centrale flambant neuve à Manihi. D’un montant de 190,9 millions de francs, cofinancé par l’État, elle devrait être livrée en 2018 et approvisionner en électricité jusqu’à 600 personnes, du village principal jusqu’à l’hôtel désaffecté, “qui pourrait être repris”.

 

“La centrale hybride, ça fonctionne”

 

“Ici, la particularité, c’est de savoir comment on peut sécuriser l’approvisionnement électrique en protégeant l’environnement et en faisant des économies pour les usagers. Il y a plusieurs pistes et je viens voir ce qui a été créé, a quant à elle déclaré la ministre des Outre-mer, pendant sa visite. La centrale hybride, ça fonctionne, donc on a tiré les conclusions de l’expérience de Ahe pour faire quelque chose de mieux, à Manihi. Le progrès technique fait aussi qu’on a une meilleure qualité, moins cher. Donc c’est le moment d’y aller.”

Les erreurs ne seront pas reproduites, assure aussi la maire de l’île : “À Manihi, c’est un CAE (contrat d’accès à l’emploi, NDLR) d’un an, renouvelable une fois, qui va travailler avec les entrepreneurs qui vont venir. Donc il va être formé avant de s’occuper de cette centrale pour la commune.” Cette dernière en tirerait de nettes économies.

“En général, c’est 60 à 70 % d’économie de fioul”, précise Édouard Fritch. “Actuellement, on dépense 18 millions avec la centrale électrique. Demain, si j’ai ma centrale hybride, je pourrais économiser 10 millions”, a de son côté calculé la tavana Mireille Haoatai. Elle espère qu’à terme, le mix énergétique soleil-fioul pourrait être complété par une hydrolienne. “Parce que si le groupe électrogène tombe en panne alors qu’on n’en a qu’un seul – et c’est ce qu’il s’est passé ici – la population se retrouve dans le noir”, dit-elle.

La ministre, de son côté, mise sur l’amélioration des capacités de stockage. “On pense que ça permettra un jour de stocker le surplus d’électricité produit dans la journée et d’en libérer le surplus le soir dans les réseaux.”

 

Marie Guitton

 

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