Fin de vie: l’Assemblée examine un texte qui n’épuise pas le débat

    mardi 10 mars 2015

    L’Assemblée nationale a commencé mardi à examiner la proposition de loi PS-UMP sur la fin de vie, qui divise dans ces deux familles politiques et bien au-delà, un texte que Manuel Valls a présenté comme n’étant « sans doute » qu’une « étape ».
    Le Premier ministre a souhaité que le Parlement « puisse dépasser ses clivages » politiques sur la question. Lui-même rapporteur d’une proposition de loi en 2009 sur le « droit de finir sa vie dans la dignité » allant plus loin, il a défendu « l’équilibre » du texte PS-UMP mais reconnu qu’il n’était « sans doute » qu’une « étape ».
    Ses auteurs, Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (UMP), que le gouvernement avait missionnés dans un « esprit de rassemblement », préconisent un « droit à la sédation profonde et continue » jusqu’au décès pour les malades incurables et dont le pronostic vital est engagé à court terme. Les « directives anticipées », par lesquelles chacun peut stipuler son refus d’un acharnement thérapeutique, seraient rendues contraignantes.
    François Hollande, qui avait promis durant la campagne présidentielle un droit à « une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité », a fait « siennes » les propositions des deux parlementaires.
    Plus d’un millier d’amendements ont été déposés sur les 11 articles de leur texte, qui vise à aménager la législation de 2005. Il doit être discuté jusqu’à mercredi soir au moins, avant un vote solennel le 17 mars. 
    Dès la mi-journée mardi, anti et pro-euthanasie ont protesté à proximité du Palais Bourbon, à quelques centaines de mètres les uns des autres. 
    Plusieurs dizaines de militants du collectif Soulager mais pas tuer ont dénoncé une euthanasie déguisée. Pour leur part, des dizaines de membres de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD) sont venus réclamer une « loi d’ultime liberté ».
     

    – La mort ‘pas de droite, pas de gauche’ –

     
    Le débat traverse la société. Cinq hauts dignitaires religieux (chrétiens, juif et musulman) ont ainsi lancé lundi un « appel pressant » afin que la prochaine loi ne puisse pas conduire à « décider de donner la mort ». 
    Ouvrant les échanges, M. Claeys a assuré que sa proposition de loi n’avait « pas vocation à épuiser le débat ». Soulignant que « la mort n’est pas de droite, pas de gauche », M. Leonetti a appelé à une « majorité de conviction ».
    Répondant à une demande de tous les bancs, la ministre de la Santé Marisol Touraine a indiqué que l’élaboration du plan triennal de développement des soins palliatifs, annoncé en décembre par François Hollande, serait lancée « dans les prochaines semaines ». 
    A l’adresse des parlementaires souhaitant aller au-delà de la proposition de loi, elle a assuré qu’il faudrait voir comment elle est « appliquée et, si une étape supplémentaire est nécessaire, de réfléchir à la meilleure manière de l’engager ».
    C’est que chez les socialistes, les positions divergent. Emmenés par Jean-Louis Touraine, professeur de médecine élu du Rhône, et Philip Cordery, député des Français du Benelux, où l’euthanasie est légale, quelque 120 députés portent un amendement préconisant une « assistance médicalisée active à mourir », c’est-à-dire le suicide assisté voire l’euthanasie. 
    Ecologistes et radicaux de gauche soutiennent des amendements identiques. Les premiers, représentés par Véronique Massonneau, ont estimé qu' »à vouloir un texte d’apaisement, on joue sur les ambiguïtés et on favorise les peurs ». Les seconds, par la voix de leur patron Roger-Gérard Schwartzenberg, ont pointé que « la sédation en phase terminale peut ne pas éviter une fin de vie douloureuse, une agonie parfois lente et longue ». 
    Une autre partie des députés PS appuie le texte co-écrit avec le principal groupe d’opposition. A l’initiative de l’ex-ministre Michèle Delaunay, 124 de ces élus, dont l’ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault, ont signé une tribune sur lemonde.fr en faveur des « nouveaux droits » qu’il porte.
    L’UMP aussi est divisée: une large majorité adhère à une proposition jugée « équilibrée », mais quelques dizaines de députés veulent en rester à la loi Leonetti de 2005. Souvent membres de la conservatrice Entente parlementaire pour la Famille, ils entendent occuper le terrain à partir de mardi soir avec des centaines d’amendements.
    Enfin, pour compléter ce panorama éclaté de l’Assemblée, une majorité des députés UDI et du Front de gauche soutiennent le texte PS-UMP. 

    AFP

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete