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FISCALITÉ – Budget 2018 : Des “promesses tenues” et des “cadeaux” qui fâchent 

jeudi 28 septembre 2017

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Bercy a élaboré un budget 2018 fait de coupes budgétaires et de fortes baisses d’impôts. (Photo : Joël Saget/AFP)

Des choix assumés malgré les polémiques : le gouvernement a défendu hier son projet de budget pour 2018, fait de coupes budgétaires et de fortes baisses d’impôts, disant vouloir remettre la France dans les clous européens afin de renforcer sa “crédibilité”.

Le projet de loi de finances (PLF) 2018, premier du quinquennat Macron, est “le budget des promesses tenues”, a assuré le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, en présentant à la presse ce texte à forte valeur symbolique.

En ligne de mire, les multiples réformes fiscales voulues par le gouvernement, mais aussi la réduction du déficit public, que le gouvernement a promis de ramener à 2,6 % du produit intérieur brut (PIB) l’an prochain, après 2,9 % en 2017.

Cette cible de déficit va “nous permettre de sortir de la procédure européenne de déficit excessif”, dans laquelle la France se trouve “depuis 2009”, a estimé le ministre de l’Économie Bruno Le Maire.

“Pour que nous retrouvions notre crédibilité en Europe, il faut que nous respections nos engagements”, a ajouté le locataire de Bercy, insistant sur la nécessité d’avoir des “priorités claires” pour le pays.

Parmi ces “priorités” : le soutien à l’activité et à l’innovation, via des allégements fiscaux. Le “PLF” prévoit ainsi l’instauration d’une “flat tax” de 30 % sur les revenus du capital et programme une baisse de l’impôt sur les sociétés de 33 %  à 25 % d’ici 2022. Il réduit par ailleurs le champ de l’impôt sur la fortune (ISF) aux seuls biens immobiliers.

La gauche, mais également des ONG et des syndicats, critiquent des mesures favorisant les contribuables les plus aisés. Les députés communistes Jean-Paul Dufrègne et Fabien Roussel ont dénoncé un “budget écrit par les riches, pour les riches”, quand la CGT estime que “rien ne prouve” que ces “cadeaux” “se transformeront en investissement”, comme l’assure le gouvernement.

“Les gagnants, ce sont les Français. Nous allons relancer l’économie française parce que c’est l’entreprise qui crée l’emploi”, a rétorqué Gérald Darmanin, hier soir, sur TF1. “On va redonner du pouvoir d’achat comme depuis longtemps on n’a pas donné aux Français”, a-t-il ajouté, appelant à “arrêter d’être démagogue” et “idéologue”.

Parmi les mesures censées accroître le pouvoir d’achat : la suppression des cotisations salariales pour les travailleurs du privé, et la suppression progressive de la taxe d’habitation pour 80 % des ménages, avec une première étape de trois milliards d’euros en 2018.

D’après le PLF, la baisse des prélèvements sera toutefois plus faible que prévu pour l’année 2018, de l’ordre de sept milliards d’euros, au lieu des dix milliards annoncés par le gouvernement.

Cette différence de 3 milliards tient au fait que la baisse des cotisations salariales, initialement prévue le 1er janvier, se fera pour partie en octobre 2018, ce qui réduira significativement le bénéfice de cette mesure pour les personnes concernées.

En année pleine, il y aura “bien 10 milliards d’euros d’impôts en moins”, assure toutefois Bercy qui insiste sur le respect des engagements.

Plusieurs ministères vont ainsi bénéficier d’un coup de pouce budgétaire l’an prochain, à l’image des Armées, dont le portefeuille augmentera de 1,8 milliard d’euros, ou de l’Éducation nationale, budget le plus important de la nation, qui gagnera 1,3 milliard d’euros, à 51,3 milliards.

En contrepartie, de lourdes coupes budgétaires ont été décidées sur certaines missions : les aides au logement seront ainsi réduites de 1,7 milliard d’euros, tandis que les contrats aidés seront amputés de 1,5 milliard d’euros. Côté transports, une pause sera imposée dans les grands projets d’infrastructure.

Au total, 15 milliards d’euros d’économies seront réalisés l’an prochain, dont la moitié sur le périmètre de l’État. Un montant inférieur à ce qui avait été annoncé durant l’été par le Premier ministre Édouard Philippe (20 milliards), mais néanmoins “sans précédent”, selon Bercy.

 

AFP

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