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Florian Teatiu, danseur pro, sur la scène de la Maison de la culture ce week-end

mercredi 14 mars 2018

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Florian Teatiu, enfant du fenua, fait vibrer les planches de la danse, en Europe. Il en sera de même vendredi et samedi, au grand théâtre de la Maison de la culture.

Florian Teatiu est danseur professionnel, en classique et contemporain. Il fait ses débuts à 14 ans. Aujourd’hui, 14 ans plus tard, il parcourt les scènes d’Europe. Enfant du Pays, il se produira sur la scène du grand théâtre ce week-end, à la Maison de la culture. Né en juin 1990 à Tahiti, d’une maman métropolitaine et d’un papa marquisien, Florian Teatiu excelle dans son art. Il a grandi à Tahiti et a commencé la danse classique et contemporaine à l’école de danse Annie Fayn, à l’âge de 14 ans. Il sera sur la scène du grand théâtre, vendredi et samedi soir, avec ses deux écoles fétiches, pour la 5e rencontre internationale de danse (lire encadré).

Avant cela, il dansait le hip hop, le break dance avec ses copains mais surtout « beaucoup, beaucoup de sport ». « Je suis arrivé à la danse un peu par hasard. Ma maman n’était pas danseuse et papa ne faisait que du traditionnel mais bien avant que je m’en souvienne » confie t-il lorsque nous le rencontrons au grand théâtre, là où il va se produire avec Tuarii Tracqui. « Je n’ai jamais baigné dans un environnement artistique, je ne sais pas d’où vient cette passion. Il y avait une amie de maman qui dansait à l’école, c’est elle qui m’a proposé de tenter la danse classique. J’ai essayé, je n’étais pas très doué. C’était dur, il y avait beaucoup de challenge mais j’aime le challenge. Et tout s’est enchainé et c’est devenu une passion au fil du temps « .

Savates, pareu sous la neige suédoise

Florian Teatiu est parti en Nouvelle-Zélande à la New Zealand school of dance (l’école nationale de danse du pays), pour trois ans d’études. « J’avais vu le spectacle ici, un vrai avant-goût de ce qui m’attendait et cela m’a confirmé que c’était cela que je voulais faire », confie le danseur, entre deux répétitions. « Je ne savais pas si c’était possible. Partir étudier là-bas m’a ouvert l’esprit sur ce qui était possible. Même si la Nouvelle-Zélande reste un petit pays, loin de l’Europe, cela a été un véritable tremplin pour faire une carrière en Europe ». Il sort en 2009 diplômé de cette école kiwi puis passe auditions sur auditions, pour tenter de trouver un ballet ou un chorégraphe. Il est ensuite intégré à la compagnie du théâtre Wiesbaden, en Allemagne, et fait « des choses aussi à droite et à gauche ». Il y reste cinq ans, puis part en Suède pour deux ans, pour enfin revenir en Allemagne, à Hambourg, avec de nombreux projets personnels en poche également. Il est revenu à Hambourg par amour – sa vahine est Allemande – mais danse maintenant, en indépendant. « Je suis à un stade de ma carrière où j’ai envie de dire des choses, faire ce qui me plait plus que de faire partie d’un théâtre, où cela est très hiérarchisé ».

« Je suis encore jeune mais j’ai déjà un grand vécu dans la danse. Je sais ce que j’aime et ce que je n’aime pas. J’ai plus envie de vivre mes propres choses. Être dans une compagnie qui achète une œuvre pour la jouer, c’est très impersonnel. J’ai envie de faire des choses qui sont en relation avec mon vécu », dit-il. « Ce qui me plait aussi, c’est de pouvoir toucher un peu à tout, ne pas juste être danseur mais plutôt être un artiste complet. J’ai commencé en Suède. On faisait plus que danser et cela m’a beaucoup plu », assure ce grand danseur de 27 ans.

Danseur de Formule 1

« C’est très physique », la danse, à ce haut niveau, assure Florian. « En Allemagne, on travaillait six jours sur sept, pendant plus de six heures par jour. Au niveau physique, on devient un athlète, on ne sort pas souvent. L’alimentation a aussi son importance, surtout pour le côté énergétique. On ne mange pas une pizza et un soda avant un spectacle. Au niveau mental, c’est aussi assez difficile, il faut être fort pour rester au top. C’est beaucoup de sacrifices à faire. On peut se comparer à un sportif de haut niveau ». Mais « on peut faire carrière jusqu’à la quarantaine. Certains veulent rester dans le milieu, je serais sans doute chorégraphe ensuite, pas professeur ».

« La scène, ce n’est pas toute ma vie mais c’est magique, une fois sur scène », songe t-il. « J’ai beaucoup aimé faire de la création avec des chorégraphes mais j’ai beaucoup aimé aussi faire Roméo et Juliette, où j’ai interprété Roméo, en Allemagne. C’était mon premier grand rôle. » Danser dans un lieu insolite ? « Ce n’est pas trop mon truc. C’est plutôt travailler avec certaines personnes qui me fait vibrer. » De retour en Allemagne, différents projets l’attendent mais, désormais, il gère son emploi du temps. « C’est de l’art, il y a beaucoup de bons danseurs, si tu es la bonne couleur pour la peinture, ça passe mais si t n’es pas la bonne, ça ne passe pas, c’est très aléatoire, il faut être là au bon moment, au bon endroit. » Selon les théâtres implantés où il réside ou les projets qui le motivent, cela peut être un contrat pour deux-trois mois ou plusieurs années.

Danse avec les stars ? « Je n’ai jamais été attiré par le côté commercial, comme les comédies musicales, par exemple. Le côté télévisé de la danse ne m’intéresse pas. La danse n’est pas une compétition, pour moi, c’est un art ».

Christophe Cozette

 

 

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Le fenua dans la peau, aussi

Même s’il n’était pas revenu depuis cinq ans au fenua, Florian Teatiu n’oublie pas ses racines polynésiennes. « Le froid en Suède, on s’y fait. Je ne pars jamais sans mes savates. Même en plein hiver, il m’arrivait d’aller au supermarché en savates et en short », provoquant quelques regards curieux autour de lui, avec cette tenue. « C’est tellement plus confortable », assure l’intéressé. « Quand je suis en Suède, je ne ressemble pas trop à un Suédois. On me demande souvent d’où je viens. (…) Faire une carrière de danseur, ce n’est pas courant pour les gens des îles. Il y a un autre danseur, venu de Tahiti, dans le registre néo-classique qui a fait carrière mais nous ne sommes pas plus nombreux. »

« J’écoute de tout en musique et beaucoup de local comme Tapuarii ou Pepena. Cela me rappelle la maison », sourit Florian, qui fait souvent ses courses, en Suède, en pareu. Comment on tient en Suède, loin de son fenua ? « Il faut avoir l’esprit ouvert à toutes les cultures et situations. Tu essayes de te faire un nouveau cocon, une seconde maison. J’avais presque oublié d’être né ici. »

 

Que nous préparent-ils ?

Florian Teatiu avait entendu parler de Tuarii Tracqui, avec qui il va se produite lors de ces deux soirées. Pourtant, la ressemblance est saisissante : même corpulence, même chevelure, mêmes expressions corporelles. Ces deux-là pourraient être frères. « C’est marrant, sa maman et mon papa ont dansé ensemble de manière traditionnelle, il y a longtemps. Maintenant, c’est à notre tour de faire quelque chose ensemble. Je ne connais pas la danse polynésienne, en fait, hormis le Heiva. Cela va être chouette de travailler avec lui, je vais essayer de donner un peu de challenge au ‘ori tahiti, qui est très cadré, où l’on fait chaque mouvement deux fois. Pourquoi ne pas le faire une seule fois. Je ne vais pas changer la danse traditionnelle, juste essayer de lui donner une autre vision, une autre perspective. Dans le futur, cela m’intéresserait de faire quelque chose encore plus construit », a-t-il confié. Deux hommes danseurs, seuls sur scène, cela se fait peu voire pas, en danse traditionnelle ; ça motive Florian. De revenir au bout de cinq ans, « surtout avec les deux écoles avec qui j’ai commencé », Florian est un danseur heureux.

 

 

Informations pratiques

5e édition de la Rencontre internationale de danse, les 16 et 17 mars, au grand théâtre de la Maison de la culture, à 19h30.

Billetterie : sur place à la Maison de la culture ou en ligne sur www.maisondelaculture.pf. Prix unique : 3 000 F.

Infos : 87 78 59 48

Légende 

 

CC2 : Un danseur de haut vol.

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