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La folie des bracelet en silicone

lundi 12 février 2018

À l'heure du goûter, tout le prestige réside dans la multitude de couleurs dont l'avant-bras est armé. (© Florent Collet)

À l’heure du goûter, tout le prestige réside dans la multitude de couleurs dont l’avant-bras est armé. (© Florent Collet)

Il a effacé le handspinner des mémoires, comme il en était advenu autrefois des élastiques rainbow loom, des cartes pokemon, des billes et autres des yo-yo. Chaque cour de récréation a eu sa mode, sa tendance brûlante (surtout pour le porte-monnaie des parents), un phénomène quasi-inexplicable se répandant d’école en école.

Cette fois-ci ce serait de quelques-uns des élèves d’une des écoles du centre-ville que le virus aurait commencé. Le produit en question ? Un simple bracelet de silicone.

Disponible en plusieurs coloris et orné de motifs évoquant l’art de vivre tahitien, il a visiblement séduit le plus jeune public. Un élève, puis deux, puis 4 ont voulu avoir le même que celui de son copain de classe.

Samedi, dans l’étroite boutique Enjoy Life (ndlr : profite de la vie), située à l’étage d’un des immeubles en face du Vaima, Ismaël Adams, l’un des gérants, doit aussi jouer les portiers pour faire entrer ses clients au compte goute.

À noël, la file d’attente s’étirait jusqu’au rez-de-chaussée et plus loin encore dans la rue. Il fallait patienter une heure pour avoir son bracelet, ou plutôt ses bracelets, car l’enfant est collectionneur.

À l’heure du goûter, tout le prestige réside dans la multitude de couleurs dont l’avant-bras est armé. Guidant son papa vers la caisse, Vaiata, une élève de cm2 en arbore déjà quatorze « Cela fait un style. Un seul ne suffit pas, plus tu en as mieux c’est. »nous explique-t-elle.

Le phénomène interroge, et à la sortie de la boutique, les parents n’arrivent à expliquer le succès. « On se pose la question. Techniquement, c’est juste du plastique mais je pense que pour les jeunes, il y a une idée d’appartenance. Mes enfants m’en ont demandé parce que tous leurs copains d’école en ont mais je ne comprends pas pourquoi. Je leur demande, ils peuvent juste me dire que c’est la mode » explique une maman.

Les gérants de la société sont les premiers surpris de cet engouement. »C’est un effet de mode. Les jeunes en sont fous. Cela fait plaisir car nous ne nous attendions pas à ce que cela prenne cette ampleur. Nous nous proposons surtout une gamme de textile, et le bracelet était juste un accessoire supplémentaire, et du jour au lendemain, nous n’avons rien compris, tous les jeunes veulent s’en procurer pour se les échanger dans la cour de l’école. » relate Ismaël Adams qui n’a toujours pas percé le secret de ce succès « Franchement je ne sais pas. Peut-être, ils ont adhéré au concept de la marque, au logo. On nous pose toujours la question. Il y a plein de parents qui passent et nous demandent ce qu’il se passe avec nos bracelets. Mais on ne sait pas. »

Aucune publicité, juste une simple publication Facebook lors de nouveaux arrivages et surtout un immense bouche-à-oreille suffisent à alimenter un flot incessant de clients.

Une aubaine pour cette marque crée il y a 3 ans et qui a ouvert sa boutique en avril 2017. « Les bracelets en ce moment c’est la folie donc c’est vrai que cela nous booste bien au niveau des chiffres, mais on ne sait pas combien de temps cela va durer alors pour le moment on suit le mouvement. Il a fallu doubler la quantité pour la fabrication. Après il faut aussi proposer de nouveaux modèles.« 

C’est donc Ismaël qui, sur ordinateur, dessine ananas, cocotiers et vagues qui deviendront les ornements en relief des bracelets fabriqués en Chine. »

Un succès qui n’a forcément pas échappé aux autres marques locales, qui ont elles aussi, sorti leurs bracelets silicones. C’est le cas dans la boutique voisine spécialisée dans le surf wear.

Si quelques bracelets sont vendus, la ferveur ne semble concerner la marque incitant à profiter de la vie « On a eu des échos de parents qui avaient offert des bracelets à leurs enfants, mais eux voulaient notre marque, pourtant cela reste un bracelet. » reconnaît Ismaël Adams, toujours stupéfait de cette réussite, qui si elle inexplicable à moins le mérite de profiter à une entreprise locale, qui aujourd’hui emploie 3 personnes à temps plein.

 

Florent Collet

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