Football – Mondial-U20 (éliminatoires zone Océanie)

    lundi 19 septembre 2016

    océanie

    La sélection tahitienne nourrissait de gros espoirs au Vanuatu et si elle a été globalement à la hauteur, elle était trop courte physiquement dans les matches décisifs. (Photo : OFC)

     

    Ludovic Graugnard : “Une préparation moins pointue que nos adversaires”

     

    La sélection tahitienne U20 nourrissait beaucoup d’ambition lors de son départ au Vanuatu pour participer au tournoi éliminatoire océanien de la Coupe du monde U20. Mais les Tahitiens ont été éliminés dès la phase de poule, une grosse déception pour les joueurs et leur staff. Nous avons rencontré Ludovic Graugnard, l’entraîneur de la sélection, pour tirer un bilan du parcours de son équipe. Un constat majeur, la préparation tahitienne a été beaucoup plus courte et moins dense que celle de ses principaux adversaires.

     

    Un retour sur les trois matches de poule. Quelle en est votre analyse avec du recul ?

    Lors de notre premier match contre les Salomon, j’ai des regrets sur le score car on menait 2-0 à la mi-temps. Mais sur l’ensemble de la rencontre, les Solomonais méritaient leur match nul et ils auraient même pu s’imposer en fin de match. On fait une très bonne première mi-temps. On était bien en place et on s’est montré efficace. Par contre, en seconde mi-temps, on concède rapidement un penalty dont tout le monde a souligné qu’il était imaginaire. Mais ça remet les Solomonais dans le match et on a beaucoup souffert par la suite. Contre la Nouvelle-Zélande, notre défaite 4-1 est sévère car ça ne reflète pas la physionomie du match.

    Là encore, on fait une bonne première mi-temps. On ouvre le score, on maîtrise bien le match, mais une grosse erreur de notre gardien offre un penalty aux Néo-Zélandais, ce qui leur permet de revenir au score avant la mi-temps. J’étais encore confiant car on les tenait bien, mais on prend un but à l’heure de jeu. Puis, Hauragi Huri est expulsé au moment où je pensais changer de système de jeu pour essayer de revenir au score. Après, on explose en fin de match d’autant que l’on n’avait pas 90 minutes dans les jambes comme on l’avait déjà constaté contre les Salomon. On finit par une victoire contre les Cook.

    Et bien que les joueurs savaient qu’ils étaient éliminés, ils ont eu le mérite d’aller chercher un succès contre les Rarotongiens qui ont démontré qu’ils avaient bien progressé, ce que l’on avait déjà constaté lors de leur match contre Salomon et la Nouvelle-Zélande.

     

    Votre équipe a eu du mal à finir ses matches. Comment l’expliquez-vous ?

    Tout simplement par une préparation beaucoup moins pointue que nos adversaires qui ont enchaîné les stages et les matches de préparation internationaux sur une longue durée. C’est la principale raison de notre échec. On a fait une préparation optimale pendant deux mois avant le tournoi, mais avec des joueurs qu’il avait d’abord fallu remettre à niveau sur le plan athlétique, car ils n’avaient plus joué depuis un bon moment et, pour certains, très peu lors de la saison 2015-2016.

    On a fait six ou sept matches amicaux contre des clubs de Ligue 1, mais ils étaient en phase de préparation et donc nos matches ont manqué de rythme. Et arrivé au Vanuatu, on a fait ce qu’on a pu sur le plan athlétique et avec une bonne organisation tactique. Mais, il nous a manqué à chaque fois trente minutes dans les jambes.

     

    La sélection U20 est quasiment la même que celle des U17 qui avait brillé en janvier 2015 en éliminatoire de Coupe du monde. Il apparaît que la majorité des joueurs ont peu progressé depuis. Pourquoi ?

    Au retour des éliminatoires, j’avais demandé à la fédération à ce que le groupe des U17 dispute le Championnat de Ligue 1 2015-2016 pour préparer les éliminatoires du Mondial U20. Les dirigeants de l’époque me l’avaient refusé car ils considéraient qu’il fallait rendre les joueurs à leur club. Mais les joueurs ont finalement peu joué dans leur club pour la plupart, car ils étaient souvent remplaçants en équipe première compte tenu de leur jeunesse.

    Et ceux qui ont participé au championnat U18 n’ont pas progressé car le niveau est trop faible. Je suis persuadé que si le groupe avait disputé le championnat de Ligue 1 et au vu du niveau de nos adversaires au Vanuatu, on aurait eu de grandes chances de se qualifier pour le Mondial-U20.

     

    Vos joueurs vous ont-ils quand même donné satisfaction ?

    Le groupe a été exemplaire. Les joueurs ont été pros, rigoureux, disciplinés. Ils ont fait le maximum et on ne peut rien leur reprocher. Ils avaient le potentiel pour se qualifier pour le Mondial, mais il leur a manqué de la préparation sur du long terme. Je pense d’ailleurs que l’actuelle sélection U17 qui participe au Championnat de Ligue 1 sera, elle, bien prête physiquement et collectivement pour ses éliminatoires de Coupe du monde au mois de février à Tahiti. Les entraînements et les matches amicaux sont importants, mais la compétition reste essentielle pour que les joueurs soient affûtés.

    Et puis, j’ajouterais que tous les pays du Pacifique se donnent les moyens de faire progresser leur football. On le constate bien ces dernières années au fil des tournois jeunes et seniors. Je pense que notre système va atteindre ses limites et que l’on va avoir de plus en plus de mal à rivaliser si on ne se remet pas en cause.

     

    Propos recueillis
    par Patrice Bastian

     

        Retrouvez dans notre édition du Lundi 19  septembre 2016 :       

    • Succès écrasant de la Nouvelle-Zélande

     

     

     

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