Formation à Moorea – Des apiculteurs qui vont au fond des ruches…

    jeudi 7 avril 2016

    Démarrée lundi matin, la formation apicole de Niveau 2 de perfectionnement à l’apiculture s’adresse aux porteurs de projets ayant déjà suivi la formation Niveau 1 d’initiation à l’apiculture. Les stagiaires ont à leur actif la conduite d’un rucher composé d’au moins 10 ruches. Cette formation théorique et pratique se déroule au CFPPA (Centre de formation et de promotion agricole) de Opunohu Moorea et se termine aujourd’hui.
    Après un rappel des fondamentaux du niveau 1 et un travail sur différentes thématiques (développement du cheptel : sélection, greffage et élevage de reines ; conduite de son rucher : visite et nutrition des colonies selon les contraintes du calendrier apicole polynésien ; remérage, gestion des maladies (la loque américaine). Ce stage initié par Larry Deane, formateur du CFPPA est conduit par Benjamin Declume, apiculteur professionnel et formateur lui-même : “Nous allons beaucoup plus au fond des choses sur une logique plus professionnelle, en apprenant par exemple, comment élever des reines, pour une conduite plus professionnelle du rucher. Nous ne sommes plus à travailler avec quatre ou cinq ruches, mais plutôt comment conduire 20, 30, 50 ruches voire plus, comment élever et sélectionner des reines pour une démarche de qualité de sélection génétique. Nous travaillons aussi sur les chapitres de nutrition et d’aides aux abeilles, etc.”

    Protéger les abeilles polynésiennes

    Ce stage “intensif” de niveau 2, ne dure que cinq jours mais permet aux stagiaires d’acquérir l’essentiel pour développer leur cheptel, ce qui commence par savoir démarrer un élevage de reines. Après quoi, les stagiaires pourront bénéficier d’autres stages de formation, en salle ou sur leur propre terrain, sachant que pour faire un bon apiculteur, il faut au moins une dizaine d’années de pratique : “Avec ce qu’ils auront acquis lors de ce stage de perfectionnement, ils obtiendront une bonne connaissance qui les guidera dans une démarche de qualité, de sélection génétique.”
    Selon le formateur professionnel, la branche “apiculteur” est toujours en train de se chercher. Certes, les stagiaires sont de plus en plus nombreux à s’inscrire pour des cours de formations, mais rares sont ceux qui poursuivent, surtout après avoir compris qu’être un apiculteur demande beaucoup de travail et un réel investissement. D’où le décrochage important qui est constaté :  “Il faut être passionné pour faire ce métier, nos stagiaires actuels sont des jeunes apiculteurs qui ont réussi à monter des colonies et sont là pour se perfectionner, pour poursuivre dans leur démarche. L’engouement pour l’apiculture est là mais il faut former des professionnels et non faire du tout public, qui ne va jamais très loin.”
    Pour Benjamin Declume la position de l’apiculture sur le marché local se structure, mais la question cruciale consiste à savoir si le Pays est capable de pérenniser l’apiculture et protéger l’abeille polynésienne des maladies extérieures dont le “Varroa”, un acarien qui a colonisé le globe et qui a un potentiel sur les abeilles très important : “Si cette protection est confirmée, le développement de la filière se fera de lui-même. Les passionnés existent, les apiculteurs deviendront de plus en plus professionnels chaque année.” K

    De notre correspondant Jeannot Rey

     

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