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Formation et assurance-chômage : Matignon précise la méthode

mercredi 18 octobre 2017

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, rencontre le Premier ministre et la ministre  du Travail pour discuter des nouvelles réformes sociales. (Photo : Bertrand Guay/AFP)

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, rencontre le Premier ministre et la ministre du Travail pour discuter des nouvelles réformes sociales. (Photo : Bertrand Guay/AFP)

Le gouvernement a précisé hier le calendrier et la méthode de ses nouvelles réformes sociales : une négociation pour la formation professionnelle, une réunion multilatérale pour le chantier périlleux de l’assurance-chômage et une concertation pour l’apprentissage.

Après l’Élysée la semaine dernière, Matignon a pris le relais et reçoit les partenaires sociaux jusqu’à demain.

Le Premier ministre Édouard Philippe s’exprimera “dans les jours qui suivront”, “à l’oral ou à l’écrit”, pour fixer “une feuille de route méthodologique” de la suite des concertations, notamment le calendrier, a-t-on précisé à Matignon.

Mais déjà, les partenaires sociaux en savent un peu plus.

L’exécutif s’est engagé auprès d’eux à laisser syndicats et patronat négocier entre eux sur la formation professionnelle, alors que certains syndicats critiquaient la méthode utilisée pour les ordonnances, qui n’avait donné lieu cet été qu’à une série de rencontres bilatérales.

Un “geste” à relativiser, car la loi impose à l’État de proposer aux partenaires sociaux de négocier sur ce sujet.

Matignon a également entendu la demande de la CFDT, qui souhaite une première réunion multilatérale, entre le gouvernement et les partenaires sociaux, pour l’assurance-chômage, et pas uniquement des réunions bilatérales.

Laurent Berger, le patron de la centrale, est ainsi ressorti satisfait, jugeant “intéressants” à la fois le calendrier, la méthode et la façon dont sont abordés un certain nombre de sujets. Une satisfaction partagée par Philippe Louis (CFTC). 

“Nous, on croit ce qu’on voit. On attend de voir comment ça va se passer”, a, de son côté, réagi, prudent, Philippe Martinez (CGT).

Jean-Claude Mailly, son homologue de FO, a précisé que la concertation sur l’apprentissage démarrerait dès “fin octobre”. Puis “la première semaine de novembre”, le gouvernement donnera un document d’orientation sur la formation professionnelle, à l’élaboration duquel seront associées les régions.

Étaient aussi présents à Matignon la ministre du Travail Muriel Pénicaud et le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer, partie prenante notamment sur l’apprentissage, le volet le plus consensuel de ces réformes.

À compter de vendredi, les consultations se poursuivront au ministère du Travail.

Doivent encore être reçues aujourd’hui et demain la CFE-CGC, l’Unsa, mais aussi la CPME, l’U2P ou encore la FNSEA, ainsi que les régions.

Ce ballet se télescopera demain avec une manifestation à l’appel de la CGT et de Solidaires, la troisième depuis la rentrée contre la réforme du droit du travail.

“Pour nous, les ordonnances travail sont toujours au premier plan”, a expliqué Éric Beynel (Solidaires), qui dit ne pas se faire “d’illusions” sur la réforme qui va s’inscrire dans une logique de “politique libérale”.

Le gouvernement veut aboutir à un projet de loi déposé en avril et adopté l’été prochain.

C’est la réforme de l’assurance chômage qui cristallise le plus de craintes. Emmanuel Macron a promis d’ouvrir le régime sous conditions aux démissionnaires – il est déjà possible de le faire dans certains cas – et aux indépendants.

Pour les démissionnaires, le président de la République a fixé dimanche un nouveau critère, le fait d’avoir “un projet”. Ce droit à indemnisation serait utilisable tous les “5, 6, 7 ans”.

Les syndicats craignent toutefois que cette ouverture n’entraîne une baisse des droits pour l’ensemble des allocataires, mais l’exécutif se veut rassurant. “Le Premier ministre m’a confirmé ce qu’a dit le président de la République la semaine dernière: il n’y a pas de diminution de droits à indemnisation des demandeurs d’emploi”, a assuré Jean-Claude Mailly.

En contrepartie des nouveaux droits, les contrôles visant les chômeurs doivent être “renforcés”, a prévenu Emmanuel Macron, expliquant viser les “multirécidivistes du refus”.

Autre sujet scruté de près par le patronat : l’instauration d’un “bonus-malus” qui pénaliserait les entreprises ayant trop recours aux contrats courts, comme le secteur de l’hôtellerie-restauration. 

 

AFP

 

 

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