Formation professionnelle : la qualité sous contrôle

    samedi 4 juin 2016

    Le Fonds paritaire de gestion, te Pu no te ‘ite, a détaillé hier matin aux organismes de formation professionnelle deux nouveautés “fondamentales” instaurées par des lois du Pays le 14 mars 2016.
    Définis en conseil des ministres, les critères d’appréciation de leur “capacité à dispenser une formation de qualité” leur ont d’abord été présentés, puisque le Fonds paritaire de gestion dispose désormais d’un pouvoir de contrôle sur les formations qu’il finance.
    “C’était important, parce qu’il y a eu des dérapages, explique Lucie Tiffenat, la présidente du Fonds paritaire.

    Il y en a qui veulent nous rouler dans la farine. On a des organismes de formation qui sont carrément des fantômes. Donc à partir de cette année, on a les moyens d’aller dans les formations et de vérifier la pédagogie, ou s’ils ont bien des tables, des chaises, un minimum…”
    Des contrôles peuvent dès à présent être opérés par la dizaine de salariés du Fonds paritaire, et éventuellement par ses administrateurs (10 représentants patronaux et 10 des salariés).
    “Ce sera une nouvelle étape pour les prestataires”, indique Lucie Tiffenat, qui se réjouit du renforcement de la présence du Fonds paritaire.

    “Là, on commence à avoir une vitesse de croisière”, assure-t-elle, à deux mois de la fin de son mandat de présidente.
    Signe du développement de cette association, créée en 2009, le Fonds paritaire va par ailleurs accompagner, “pour la première fois”, le Pays dans la mise en œuvre d’un dispositif d’aide à l’emploi : les contrats aidés Act-pro (Aide au contrat de travail professionnel), imaginés pour réinsérer durablement les demandeurs d’emploi de 18 à 29 ans dans la vie professionnelle.

    Un partenariat inédit

    Ces jeunes, au chômage depuis au moins trois mois ou licenciés pour des raisons économiques, pourront se voir proposer un contrat à durée indéterminée rémunéré au minimum à 80 % du Smig la première année et à 100 % la seconde, basé sur l’alternance entre la pratique au sein de l’entreprise et la formation théorique.

    Tandis que le Pays, au travers de son service de l’emploi, de la formation et de l’insertion professionnelles (Sefi), versera une aide forfaitaire mensuelle aux employeurs, le Fonds paritaire de gestion financera, lui, les heures de formation du salarié, afin qu’il “puisse rester dans l’entreprise le plus longtemps possible”, selon Lucie Tiffenat, également représentante du syndicat Otahi.
    Avant que le Sefi signe l’Act-pro, le Fonds paritaire validera le parcours de formation envisagé “en fonction du poste occupé et des besoins de l’entreprise”, explique-t-elle.

    Le Fonds paritaire y consacrera un premier budget de 200 millions de francs. “Ce sont des reliquats du fonds mutualisés”, indique la présidente.
    Dans le détail, les cotisations récoltées auprès des entreprises privées pour financer la formation professionnelle sont rarement complètement redistribuées.
    Les sommes non utilisées sont placées, dans un premier temps, dans un fonds mutualisé qui permet aux petites entreprises qui cotisent très peu d’offrir des formations à leurs salariés.

    Désormais, s’il reste encore du rabe en fin d’année, “c’est ce reliquat du fonds mutualisé qui sera récupéré pour soutenir les Act-pro, dont ne pourront bien sûr bénéficier que les entreprises privées à jour de leurs cotisations”, précise Lucie Tiffenat.
    Ce partenariat entre le Pays et les partenaires sociaux est inédit, selon le gouvernement. Il y voit “une volonté commune d’œuvrer au développement d’emplois durables et de qualité”.
    M.G.

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