Forum des îles du Pacifique : le fenua veut “faire partie du club”

    samedi 5 septembre 2015

    La Polynésie française a participé hier, à Auckland en Nouvelle-Zélande, à la 5e réunion du Groupe des dirigeants polynésiens (Polynesian leaders group). Au menu du jour : surveillance de l’espace maritime, amélioration des liaisons aériennes régionales et résilience au changement climatique.
    La rencontre aura aussi été l’occasion, pour le fenua, de plaider en faveur de sa pleine intégration au Forum des îles du Pacifique, qui statuera sur cette requête mercredi, lors de sa 46e édition à Port-Moresby, en Papouasie Nouvelle-Guinée.
    La journée d’hier était donc un tour de chauffe avant le sprint final, permettant à la Polynésie française de renforcer ses appuis régionaux. 
    Jeudi, avant de quitter Tahiti, Manuel Terai, le délégué de la présidence polynésienne aux Affaires internationales, européennes et du Pacifique, était optimiste quant à l’issue de cette course de fond engagée en 2014 par Gaston Flosse, relayé par Édouard Fritch. 
    “Il y a trois semaines, à la réunion du comité des fonctionnaires du Forum, nous avons été soutenus par tous les officiels, même par l’Australie. Nous avons le sentiment aujourd’hui que les pays du Pacifique, surtout polynésiens, mais aussi mélanésiens, ont compris que nous sommes un très bon partenaire dans le Pacifique”.
    La Polynésie française est devenue membre associé du Forum des îles du Pacifique en 2006, mais le statut de membre de plein droit lui a toujours été refusé en raison de son rattachement à la France. 
    Or, depuis la création du Forum en 1971, les choses ont évolué sur tous les fronts.
    D’abord, le fenua a incontestablement gagné en autonomie et peut désormais librement “disposer de représentations” dans les organismes internationaux du Pacifique, au sein desquels le président du Pays peut se voir confier des responsabilités “dans les domaines de compétences de l’État.” 
    Édouard Fritch l’affirme donc : la France “n’entrave en rien notre action et notre vision stratégique”. 
    En outre, la page des essais nucléaires français est à peu près tournée au niveau diplomatique, ce qui favorise la reprise du dialogue avec les puissances voisines. 
    Et surtout, la mondialisation a démontré la nécessité de faire émerger une zone de coopération dans le Pacifique suffisamment forte pour porter la voix des petits États insulaires dans le grand concert des nations. 

    Le lien avec la France deviendrait-il un atout ?

    “Le forum était un peu la chasse gardée des anglophones. Mais le monde s’est ouvert et ils ont compris l’importance de mettre leurs intérêts personnels de côté pour favoriser l’intégration régionale, explique Manuel Terai, le délégué polynésien. Il faut que les pays du Pacifique travaillent ensemble sur des projets communs, comme la lutte contre le réchauffement, puisque nous sommes devenus des victimes du changement climatique. La question n’est plus de savoir si on est francophone ou anglophone. Il faut que nous soyons entendus au-delà de nos frontières du Pacifique.”
    Dans ce combat pour faire émerger une nouvelle puissance régionale, le lien de la Polynésie française avec la France pourrait bien se transformer en atout. 
    “Il faut reconnaître qu’aujourd’hui, la France a un rôle à jouer dans le Pacifique”, affirme-t-on à Papeete, où l’on ne manque pas de rappeler qu’une réunion tripartite France-Australie-Nouvelle-Zélande est d’ailleurs prévue en octobre sur la sécurité dans la zone. 
    La France fut aussi, en mars, pourvoyeuse d’aide humanitaire au Vanuatu, dévasté par le cyclone Pam… Et c’est elle qui organisera en décembre à Paris la Conférence internationale sur le climat, dite COP21, qui intéresse de très près les États insulaires. 
    “C’est une chance que la COP21 arrive dans quelques mois, ne cache pas Manuel Terai. C’est un enjeu qui va faire bouger les frontières, parce que tous les pays du Pacifique sont intéressés d’y faire entendre leur voix. Il y a donc des chances que les leaders polynésiens nous demandent d’être leur porte-parole.”
    Voilà, peut-être, la principale monnaie d’échange qu’offre aujourd’hui le fenua. “Nous sommes, avec la Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna, la vitrine de la France dans le Pacifique”, lâche le délégué polynésien… 
    N’en déplaise à Oscar Temaru, le leader indépendantiste, qui estime que le fenua “ne doit pas servir de cheval de Troie à la France pour faire entendre sa voix au sein du Forum des îles du Pacifique”. 
    L’État, en tout cas, ne se trompe pas sur ses intérêts, et affiche son soutien à l’intégration du fenua à cette instance.
    Sans s’exprimer sur les bénéfices qu’en retirerait la France en termes d’influence, le haut-commissariat rappelle que l’État “est favorable à ce que les communautés d’outre-mer s’insèrent dans leur environnement régional”. “La France a toujours poussé en ce sens, et une telle démarche est aujourd’hui facilitée en Polynésie française par la fin des essais nucléaires. Pour preuve, la ministre des Outre-mer sera présente jeudi au dialogue post-forum à Port-Moresby.”
    Manuel Terai parle donc d’une initiative “win-win-win”. Car hormis la France et les petits États du Pacifique, le fenua aurait tout à y gagner sur le plan économique. 

    Marie Guitton

    dadi 2015-09-08 20:47:00
    he Édouard "aux mains d'argent" si tu pouvais te bouger les fesses pour faire repartir l'économie, au lieu de ça tu prépares les stationnements payants dans une ville qui va devenir fantôme avec tous les magasins qui ferment faute de client salariés.
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