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La fourrière animale de Punaauia, toujours pas en service

jeudi 25 juillet 2019

Les cages, au nombre de vingt, n’ont jamais accueilli le moindre chien. Photo : Christophe Cozette

Les cages, au nombre de vingt, n’ont jamais accueilli le moindre chien. Photo : Christophe Cozette


Inaugurée en grande pompe, en présence de l’État, en février 2018, la fourrière intercommunale de Punaauia ne fonctionne toujours pas. Diverses péripéties et des dysfonctionnements n’ont pas permis sa mise en service. En septembre, tout devrait être réglé, selon le syndicat intercommunal pour la gestion de la fourrière animalière.

Toujours pas. Inaugurée en grande pompe en février 2018, la fourrière intercommunale Punaauia-Paea, avec son incinérateur, situés au fin fond de la Punaruu, ne fonctionnent toujours pas, comme La Dépêche de Tahiti a pu le constater, hier.

Initialement prévu pour récupérer les chiens errants de Punaauia et de Paea dans dix cages pour chaque commune, cet établissement n’a toujours pas pu récupérer le moindre chien errant depuis son inauguration, il y a bientôt 18 mois.

“Un projet, déjà vieux de plus de huit ans, qui voit enfin le jour et qui répond à un cruel besoin, tout du moins pour l’île de Tahiti, littéralement envahie par des meutes de chiens errants, malades voire dangereux”, écrivait La Dépêche de Tahiti dans son édition du 21 février 2018. “On a reçu le dossier en 2014, aujourd’hui le bébé est là. Maintenant, il doit fonctionner”, avait, à l’époque, expliqué Layana Atae, présidente du syndicat intercommunal pour la gestion de la fourrière animalière (Sigfa). “En novembre 2016, on a posé la première pierre. Au départ, quatre communes faisaient partie du projet, Papara, Faa’a, Paea et Punaauia mais deux communes nous ont lâchés.”

Les deux communes de Punaauia et de Paea ont continué leur intercommunalité et le projet était sorti de terre.

Ce dont s’était félicité, à l’époque, Raymond Yeddou, chef des subdivisions administratives des îles du Vent et des îles Sous-le-Vent. “C’est un jour qui fera date”, avait notamment déclaré ce dernier, selon qui ce site répond à un triple objectif sécuritaire des populations, des animaux et des élus qui sont, depuis 2008, chargés par la loi de gérer les chiens dangereux.

Rappelons que le coût total de cette fourrière intercommunale s’est élevé à 106 millions de francs, financés à hauteur de 53 millions par le Fonds intercommunal de péréquation, et la mise en conformité totale de l’espace animalier devait avoir lieu les jours suivant cette inauguration de février 2018.

Oui mais voilà, rien ne s’est passé comme prévu. La conformité du bâtiment reste en attente après que le maître d’oeuvre a lâché le chantier. L’agrément pour la garde des animaux reste également à obtenir auprès de la biosécurité.

Il faut également trouver un vétérinaire puisqu’un espace est prévu pour à la Punaruu mais cela n’a pas été non plus une mince affaire. Aucun ne souhaitait travailler sur place mais une convention semble pointer le bout de son nez avec un vétérinaire de Punaauia. Signature de convention qui conditionne la conformité sanitaire.

Résultat, depuis février 2018, aucun chien errant n’a été enfermé dans une cage pour y être incinéré, par la suite.

 

Vingt cages toujours vides

 

De surcroît, le terrain appartenant à la mairie qui le loue au Sigfa, pourtant idéalement situé au fin fond de la vallée, n’était pas viabilisé, c’est-à-dire sans eau, ni électricité. Cette dernière est arrivée depuis le temps avec les panneaux photovoltaïques mais les canalisations d’eau existantes peuvent être fermées en cas de pluie, pour de longs mois. Mais la protection incendie due à l’utilisation (potentielle) de l’incinérateur nécessite une alternative durable, soit une citerne d’eau assez conséquente, nécessaire en cas d’incendie, par exemple. Et cette dépense n’était pas prévue au budget initial et ironie du sort, le permis de construire de cette citerne n’a pas pu être constitué dans un premier temps, ce qui a occasionné un délai supplémentaire. Un second permis de construire devrait être accordé prochainement.

En tout cas, cette non-ouverture provoque l’ire des associations de protection des animaux. Pour la présidente de l’association Eimeo Animara, basée à Moorea, “il est aberrant de dépenser autant d’argent pour une installation qui ne fonctionne pas, soyons simples mais efficaces”.

Ce chantier assez complexe devant répondre à des normes strictes est une première au fenua et tout le monde semble essuyer les plâtres. Néanmoins, la présidente du Sigfa, Layana Atae, jointe hier au téléphone, semble rester confiante. “Dès septembre, on ouvre, c’est le but à atteindre”, nous a-t-elle dit. “On espère que tout sera en place, c’est le challenge. Tous les travaux seront réalisés par nous, le Sigfa. D’autres communes nous ont sollicités mais nous devons démarrer avant de signer des conventions avec eux”, a déclaré la présidente du Sigfa. Septembre… On y croit.

 

Christophe Cozette

 

 

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