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FRANCE – Affaire Omar Raddad : une trace ADN relance le suspense

vendredi 21 octobre 2016

RADDAD

De l’ADN retrouvé sur les scellés de l’affaire pourrait correspondre à une empreinte génétique enregistrée dans un fichier national. Mais rien ne dit que l’auteur du meurtre de Ghislaine Marchal a été identifié. (© DR)

 

Un soupçon de concordance entre une trace ADN relevée sur les scellés dans l’enquête sur le meurtre de Ghislaine Marchal en 1991 et une empreinte génétique enregistrée au fichier national maintient le suspense sur l’identification d’un éventuel nouveau suspect, ce qui innocenterait Omar Raddad.
“Il y a un soupçon d’identité entre une des traces retrouvées et un enregistrement au Fichier national automatisé des empreintes génétiques”, a déclaré jeudi le procureur de la République de Nice Jean-Michel Prêtre, confirmant une information du quotidien 20 Minutes.
“Mais, a-t-il poursuivi, il y a des vérifications qui sont faites, pour l’instant il n’y a rien de certain. Cela doit être confirmé par des analyses en laboratoire.” “Beaucoup de personnes ont sans doute touché ces portes depuis 1991”, a-t-il encore observé.

Omar Raddad, qui vit aujourd’hui à Toulon, a indiqué par la voix de son avocate Me Sylvie Noachovitch, être “impatient” que le coupable soit arrêté. Pour celle-ci, “c’est une très bonne nouvelle que cet ADN ait matché avec une personne inscrite au fichier national”.
“Cela écarte la piste d’un policier ou d’un journaliste qui, par exemple avec un postillon, aurait involontairement déposé son ADN sur le scellé au cours du procès”, a relevé l’avocate, qui défend M. Raddad depuis 2008 et se bat depuis cette date pour que de nouvelles comparaisons des ADN retrouvés sur la scène de crime soient faites avec le fichier national. “Cela conforte la position que j’ai toujours depuis 2008, j’ai bien fait de me battre”, estime-t-elle.

 

“À la justice d’avancer”

 

Me Noachovitch, qui a eu connaissance du nom de la personne désignée par ce recoupement d’ADN, attend maintenant que les choses aillent très vite. “J’espère avoir une réponse dès demain, ou au plus tard lundi, dès le retour des résultats du laboratoire”, dit-elle. “Après, ce sera à la justice d’avancer en auditionnant la personne”, a-t-elle estimé.
En novembre 2015, quatre empreintes génétiques correspondant à quatre hommes, deux empreintes parfaitement exploitables et deux autres partiellement, avaient été retrouvées sur deux portes et un chevron qui se trouvaient sur la scène du crime. Sur ces deux portes avait été écrit “Omar m’a tuer” et “Omar m’a t” avec le sang de la victime.

De premières analyses avaient récemment permis de déterminer que ces traces ne correspondaient ni au profil génétique d’Omar Raddad, ni à celui de plusieurs personnes que Me Noachovitch avait désignées à la justice comme étant susceptibles de pouvoir avoir été impliquées dans l’affaire.
Ghislaine Marchal, une riche veuve d’un équipementier automobile vivant à Mougins (Alpes-Maritimes), avait été tuée à coups de couteau le 23 juin 1991 dans sa propriété. Elle était alors âgée de 65 ans.

Son jardinier, M. Raddad, avait été condamné en 1994 à 18 ans de réclusion criminelle, sans possibilité, à l’époque, de faire appel, avant de bénéficier d’une libération conditionnelle en 1998 à la suite d’une grâce présidentielle partielle de Jacques Chirac.
D’autres traces ADN ne correspondant pas à celles de M. Raddad avaient déjà été retrouvées sur le lieu du crime, mais la justice lui avait refusé en 2002 un nouveau procès. Ce n’est que grâce à une nouvelle loi en date du 20 juin 2014, qui a assoupli les conditions de révision d’un procès criminel, qu’une nouvelle instruction avait pu avoir lieu.

AFP

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