FRANCE – Les candidats déclarés reçoivent mal Valls

    lundi 24 octobre 2016

    VALLS gauche

    Le Premier ministre Manuel Valls s’est repositionné samedi dernier au centre du jeu, se disant “fier” du bilan gouvernemental, avec un appel au rassemblement lancé à Arnaud Montebourg et Emmanuel Macron. (© Francois Pauletto/Citizenside/AFP)

     

    L’appel au rassemblement de la gauche lancé samedi dernier par Manuel Valls a été plutôt mal reçu hier par les anciens ministres PS devenus frondeurs, mais son diagnostic sur une gauche qui risque d’être “pulvérisée” est moins contesté.
    “Je suis candidat à l’élection présidentielle. Je ne suis pas là pour me rallier à qui que ce soit avant que le premier tour des primaires ait lieu”, a affirmé Benoît Hamon, candidat déclaré à primaire de janvier interrogé sur C8.
    Sans contester le pronostic d’une gauche en lambeaux si elle ne franchit pas le premier tour de la présidentielle du printemps, il a précisé qu’à ce stade, “Au secours la droite revient, ça suffit pas” comme argument de ralliement.

    “Le rassemblement, bien sûr, mais sur quel projet, derrière quelle idée, quelle vision de la politique économique, quelle analyse de l’échec de ce quinquennat ?” a lancé pour sa part Aurélie Filippetti, ancienne ministre de la Culture et compagne d’Arnaud Montebourg, lui aussi candidat, interrogée sur France Bleu Lorraine.
    “C’est ça qu’il faut faire, et pas seulement faire des déclarations en cherchant à culpabiliser telle ou telle personne qui ont pris leurs distances pour des raisons bien précises”, a-t-elle ajouté.
    Le directeur de campagne de M. Montebourg François Kalfon avait réagi encore plus vivement dès samedi dernier : “C’est quand la maison brûle qu’on veut rassembler la famille ? derrière qui ? quel contenu ? loi travail ou fin de l’austérité ?”, a écrit M. Kalfon sur Twitter, appelant à “une primaire sincère qui permettra le rassemblement, pas une opération de com’ sur le mode embrassons-nous Folleville”.

    Personne à gauche ne conteste à ce stade la perspective d’une gauche incapable de franchir le premier tour de la présidentielle, promise par tous les sondages.
    La veille, Manuel Valls, intervenant devant une “université du changement” du PS, avait appelé la gauche à “réagir, réagir vite” pour déjouer ce pronostic, et s’était adressé directement à ses anciens ministres frondeurs : “Je demande à Arnaud, Emmanuel (Macron), Benoît, Aurélie : qu’est-ce qui nous sépare? »

    Ce discours a trouvé un fervent soutien chez le député socialiste Malek Boutih : “La grande maladie de la gauche en ce moment c’est que tout le monde se prend pour le Messie et le Sauveur”, a-t-il déploré sur BFM TV.
    “Je suis obligé de faire un constat : (Manuel Valls) est le seul homme d’État potentiel chez nous, le seul en capacité”, a-t-il ajouté.
    M. Valls, lui, avait bien pris garde samedi à ne pas déclarer ses intentions, et avait multiplié les appels à la “loyauté”, toujours soucieux d’attendre que François Hollande dise oui ou non s’il entend briguer un nouveau mandat avant d’éventuellement se lancer lui-même.

    M. Hollande, en dépit d’une cote d’impopularité frisant les records et du désarroi qu’il a provoqué dans son camp après la publication de ses confidences recueillies dans le livre Un président ne devrait pas dire ça, n’est pas totalement abandonné.
    Le conseiller régional socialiste d’Île-de-France Julien Dray a “espéré” qu’il se présente, au nom de l’unité de la gauche, et parce que les difficultés actuelles “lui donnent envie d’aller au combat, de se battre, parce que toute sa vie c’est la politique, le bien, l’intérêt général”.

     

    AFP

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