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FRANCE – La Jungle de Calais se vide

mardi 25 octobre 2016

calais réfugiés

Les candidats au départ de la Jungle de Calais ont été répartis en quatre files : adultes seuls, familles, personnes vulnérables et mineurs. (© Guillaume Pinon/NurPhoto/AFP)

 

L’évacuation totale de la Jungle de Calais, opération à haut risque, a démarré dans le calme et sur un rythme élevé hier, 2 300 migrants ayant quitté le plus grand bidonville de France dès le premier jour.
Pomme de discorde avec Londres, le dossier des mineurs isolés semblait d’autre part en voie de solution.

De 6 000 à 8 000 hommes, femmes et enfants venus pour la plupart d’Afghanistan, du Soudan ou d’Érythrée vivent dans ce vaste campement, devenu depuis des années le lieu de rassemblement des migrants déterminés à gagner l’Angleterre, juste de l’autre côté de la Manche.
Hier, 45 cars (contre 60 initialement prévus) ont acheminé 1 918 adultes de Calais dans 80 centres d’accueil et d’orientation (CAO) situés dans onze régions de France, selon le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.

L’opération se déroule “dans le calme et la maîtrise”, s’était-il félicité un peu plus tôt.
Quatre cents mineurs ont pour leur part été dirigés, dans l’attente de l’instruction de leur dossier, vers le “Centre d’accueil provisoire” (CAP), une structure située sur le campement et faite de conteneurs, a détaillé Bernard Cazeneuve. Quelque 1 300 mineurs isolés vivaient encore la semaine dernière sur le campement, dont 500 disent avoir des attaches familiales au Royaume-Uni.

Après de longues files d’attente avant même le lever du jour, le flux s’est nettement ralenti ensuite, alors que la Jungle doit être vidée d’ici la fin de semaine. Quarante-cinq autocars sont programmés aujourd’hui et 40 demain, à destination des CAO, au nombre de 451.  Les candidats au départ sont répartis en quatre files : adultes seuls, familles, personnes vulnérables et mineurs. Ils doivent décliner nom, prénom, date de naissance et nationalité, mais il n’y a aucun examen de la situation administrative de chacun.

Dès aujourd’hui, le démantèlement du camp prendra un tour éminemment symbolique, avec l’entrée des premières pelles mécaniques pour débarrasser déchets et abris de fortune autour du CAP, et éliminer progressivement toute trace de “la tache” de Calais. Mais il ne faut pas s’attendre à voir des bulldozers, souligne-t-on à la préfecture du Pas-de-Calais.

L’affluence au centre de transit, carrefour de l’opération, a subitement chuté en milieu d’après-midi, et la file d’attente a disparu. Des candidats au départ auraient reporté de 24 ou 48 heures leur embarquement. “On leur a répété que des départs s’effectueraient demain (mardi) et mercredi”…, expliquait la préfecture. La densité de la foule présente à la mi-journée aurait aussi dissuadé des migrants de s’attarder plus longtemps.

Ce temps mort n’en a rendu que plus visible la marche émouvante entreprise par une petite centaine d’Éthiopiens de l’ethnie oromo, très politisée, pour célébrer son départ de la Jungle.
Aux cris de “oromo, free Oromia”, les manifestants ont quitté la Jungle à pied pour rejoindre le hangar où les attendaient des bus, en agitant des drapeaux aux couleurs de leur ethnie, les poings croisés au-dessus de la tête.

AFP

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