Francis Gazeau, greffé du cœur et conférencier passionné

    mercredi 4 novembre 2015

    Après avoir été le parrain de la première édition du raid Vaipahi Je cours pour ton cœur, samedi dernier, Francis Gazeau a répondu à l’invitation de Loana Loquet, conseillère municipale de Teva i Uta, lundi, en soirée. Il a ainsi rencontré une trentaine de personnes réunies dans une des salles de la paroisse Saint-Jean-Baptiste de Mataiea, afin de leur raconter son histoire et de les sensibiliser au don d’organes.
    Né en 1943, Francis Gazeau, qui vit à Rangiroa depuis 33 ans, a fait un infarctus en 1983. Par la suite, son état s’est aggravé jusqu’à ce qu’il ait “un pied dans la tombe et l’autre sur une peau de banane”, comme il aime à le dire aujourd’hui en plaisantant. 

    Deux ans d’attente

    Il a fait l’objet d’une évacuation sanitaire à Paris et a été inscrit sur la liste d’attente des transplantations cardiaques pendant deux ans. C’est le 21 avril 2004, à l’hôpital Pitié-Salpêtrière, qu’il a reçu le cœur “d’un donneur jeune, sportif et en bonne santé”. 
    Son parrain n’est autre que le professeur Christian Cabrol, premier chirurgien à avoir procédé à des greffes du cœur en Europe et président de l’association pour le développement des innovations en cardiologie, recherche et enseignement (Adicare). “Il y a des moments magiques dans la vie, quand on a l’occasion de rencontrer des gens particuliers, et je suis fier de présenter mon ami”, c’est ainsi que taote Henri Loquet a quant à lui présenté Francis Gazeau.
    Le public a ensuite assisté à la projection du film Les As de cœur, réalisé par Jacques Navarro-Rovira. Ce film regroupe divers témoignages de membres de la famille de Francis Gazeau, d’infirmières, de médecins, d’amis, ainsi que celui du père d’un donneur. 
    Il relate également l’acte fort et militant, le pari fou que Francis Gazeau s’est lancé, en vivant seul sur le motu Tahanea, dans les Tuamotu, pendant une année. 

    “Le donneur continue également à vivre”

    Pour lui, c’était la manière de rendre hommage à son donneur et à sa famille, ainsi qu’à tous les donneurs, de militer en faveur du don d’organes et également de présenter les beautés de la Polynésie. Sur demande de la faculté, pendant cette année de vie en ermite, Francis Gazeau a dû recevoir deux médecins de Tahiti, venus effectuer une visite médicale de contrôle. 
    À la suite de la diffusion du film, il s’est volontiers prêté au jeu des questions. “Il n’est pas difficile de vivre avec un cœur greffé. Je vis normalement, en respectant le traitement anti-rejet et en ayant une qualité de vie saine. Au sujet des médicaments, depuis bientôt 12 ans, je prends environ 60 % de médicaments en moins qu’au début, d’où moins d’effets secondaires”, a-t-il expliqué, en continuant : “Une des facettes du don d’organe, c’est que d’une certaine manière, le donneur continue également à vivre.”
    Il a également expliqué “qu’il ne faut pas avoir peur de donner, il n’y a pas lieu d’avoir de crainte. Avant le prélèvement d’un cœur, la mort clinique du donneur est constatée par deux médecins après deux examens.”
    Dans le film, le père d’un donneur déclare : “Cela peut arriver à tout le monde, avant de recevoir, il faut être capable de donner. Les prélèvements sont effectués en respectant la personne et les organes prélevés sont remplacés par des organes synthétiques.”
    Francis Gazeau va débuter en avril 2016 un tour de France afin de sensibiliser le maximum de gens au don d’organes. Il souhaite également que les Polynésiens qui ont fait l’objet d’une greffe d’organes viennent témoigner lors de ses conférences, car en parler autour de soi simplifie les démarches par la suite, selon lui. 

    De notre correspondant A.K.

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