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Il frappe la tête de sa femme contre le mur : 18 mois de prison ferme

vendredi 20 janvier 2017

Pas conscient de sa violence, le prévenu n’a jamais rencontré de psychologue durant son séjour  en prison. (© Florent Collet)

Pas conscient de sa violence, le prévenu n’a jamais rencontré de psychologue durant son séjour en prison. (© Florent Collet)

 

C’est un habitué du palais de justice qui a été présenté, hier après-midi, en comparution immédiate au tribunal correctionnel. Cinq fois déjà, V.T. a été condamné pour des violences sur ses conjointes, dont quatre fois pour avoir frappé son épouse, la victime dans cette affaire.

Le 15 janvier, à Papeari, il a bu des bières et un litre et demi de komo en compagnie de sa moitié, de qui il souhaiterait se séparer, et leurs enfants. Au moment de partir, alors qu’ils sont installés dans le véhicule, sa femme lui dit d’attendre avant de partir. Elle n’explique pas pourquoi quand V.T. lui en demande la raison à plusieurs reprises. “Il a pris cela pour une provocation”, a expliqué son avocate.

La femme finit par sortir du véhicule et en claque la porte. La goutte d’eau qui fait déborder le vase de la colère de V.T., qui poursuit la femme partie en courant.

À son approche, il est d’abord accueilli par un coup de louche dont s’est saisie son épouse. Il lui assène alors coups de poing et coups de pied, la tire par les cheveux puis lui cogne la tête contre le mur. “Deux fois, on a bien entendu le bruit”, expliqueront les enfants, témoins de la scène.

Ces derniers séparent le couple et la femme parvient à aller se réfugier dans la maison, alors que V.T. est allé se saisir d’un couteau. “J’avais peur de la réaction de mes enfants”, s’est-il défendu.

Absente à l’audience car encore hospitalisée après s’être vu délivrer sept jours de ITT, la victime a tout de même écrit un courrier pour signaler que son mari lui avait brûlé toutes ses affaires personnelles, de ses vêtements à ses papiers, et pour informer de son souhait de demander le divorce. Une séparation qui a fait l’objet de nombreux rebondissements.

L’homme explique ainsi avoir voulu se séparer d’elle à de nombreuses reprises, mais qu’elle a toujours refusé, faisant du chantage au suicide, allant même jusqu’à s’asperger d’essence sans y mettre le feu. Il parviendra tout de même à rompre pour se mettre avec une nouvelle femme.

Elle aussi sera frappée et sera la raison de sa cinquième condamnation pour violence. “C’est parce qu’elle me trompait”, a-t-il expliqué. À sa sortie de prison, il la retrouve en effet avec un nouvel homme.

Quand il rentre finalement chez lui, son ex-femme a pris place dans la maison. Les disputes se poursuivent jusqu’à la bagarre de la semaine dernière.

L’homme, gardien de l’école de sa commune, est aussi friand de paka. “Seulement quand je suis énervé”, confie-t-il. “Donc vous fumez combien ?”, l’interroge la présidente du tribunal. “Dix pipettes par jour”, répond-il sans sourciller.  

Alors que la présidente du tribunal égrène le nombre de peines et le peu d’effet que cela a eu sur le prévenu, la juge lui demande s’il pense être violent. “Non”, assure-t-il, convaincu. Le procureur n’est pas du même avis au sujet de cet homme de 45 ans, impulsif, qui ne supporte pas la frustration et qui reporte toute la responsabilité de sa violence sur ses femmes. Il requiert deux ans de prison, dont six mois assortis d’un sursis.

De son côté, l’avocate souligne le rôle pas si innocent de l’épouse qui s’est longtemps opposée au divorce et du fait que, comme dans de nombreux couple, “le dialogue n’existe pas, le seul moyen de se connecter, ce sont les coups”.

L’avocate rappelle que son client risque de perdre son travail puis sa maison s’il était condamné. “Je veux bien assumer ma peine, mais j’aimerais pouvoir travailler en journée et dormir en prison”, demande-t-il. “Il ne s’agit pas de marchandage”, répond la juge.

Les réquisitions du procureur sont suivies, jusqu’au mandat de dépôt. “Et pour ce que je vous ai demandé, pour pouvoir travailler en journée ?”, tente-t-il auprès de la présidente du tribunal. “Vous allez en prison”, coupe-t-elle. 

 

F.C.

 

 

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