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Frappée matin et soir : “Je n’aime pas qu’elle voie ou parle à d’autres personnes”

vendredi 5 octobre 2018

FC 1 mari violent

L’homme a expliqué qu’il est énervé contre sa femme depuis qu’il est allé au tribunal “à cause d’elle”. (Photo : Florent Collet)

Les gendarmes ont accepté de lui retirer les menottes quelques instants avant de le conduire pour neuf mois en détention. En larmes, il serre ses deux jeunes garçons, et ne cesse de leur répéter son amour pour eux.

Il y a moins d’un mois, le message était tout autre à l’égard du plus grand, âgé de 5 ans. Alors qu’il étranglait la mère avec une serviette, il lui avait demandé d’ouvrir la porte pour que les voisins puissent voir la scène.

Une fois sa victime au sol, inconsciente, l’homme lui avait ordonné de refermer la porte. C’est la femme qui s’était elle-même enroulée le tissu autour du cou. “J’étais à bout. Je voulais en finir”, a-t-elle expliqué aux gendarmes.

Une femme frappée quotidiennement au petit déjeuner, avant que son homme ne parte du travail, et le soir quand il en revenait. De violents coups de poing au réveil, des coups de pied dans le dos alors qu’elle donnait à manger aux enfants, des tirages de cheveux…

Plusieurs explications à son geste : “Elle traînait. Je ne voulais pas arriver en retard”, “Je dormais mal, j’étais énervé”, “Je travaille dur, elle me met la pression”…

 

Un exutoire de sa frustration

 

L’homme explique également qu’il est énervé contre sa femme depuis qu’il est allé au tribunal “à cause d’elle”. Le mari possessif avait fait de la violence l’exutoire de sa frustration : “Je n’aime pas qu’elle voit ou parle à d’autres personnes”.

Les scènes de violence ont eu lieu devant les enfants, dans une simple pièce partageant toilettes et sanitaires avec d’autres locataires. “Quelle image cela donne à votre fils ? Plus tard, ils penseront que c’est normal et feront pareil. Vous en pensez quoi ?” L’homme baisse la tête.

“Quand on est fatigué, on mange et on se couche”, explique le procureur. “Le pire, c’est que tu as fait cela devant les enfants et tu les as utilisés en demandant d’ouvrir la porte. Je devrais t’envoyer en prison, mais je ne le demanderai pas. Pas pour toi, mais pour elle et pour les enfants. Pour que tu continues de lui demander pardon et pour que les enfants oublient et que cela ne leur laissent pas traumatisme.”

Quelques minutes plus tôt, la femme, qui avait aussitôt retiré sa plainte, avait expliqué qu’un accord avait été trouvé pour leur séparation, qu’elle partait vivre dans une autre île avec les enfants, et que le père verserait la majeure partie de son salaire pour les prendre en charge. “Contrairement aux apparences, il est profondément amoureux de sa femme. Il a honte de ce qu’il a fait.”

Les juges l’ont finalement condamné à 18 mois de prison, dont neuf avec sursis. La mère restera digne jusqu’à ce que son conjoint disparaisse avec les gendarmes, mais craquera devant les larmes de ses petits.

F. C.

 

 

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