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French blue survole les débats à l’Assemblée

vendredi 10 novembre 2017

FEN_CC3_APF091117Hier, les représentants de l’assemblée de la Polynésie avaient rendez-vous pour leur cinquième séance de la session budgétaire, avec notamment l’étude de différents rapports sur des projets de loi et de délibérations.

C’est surtout l’unique question orale au gouvernement, qui a ouvert la séance, qui a agité l’hémicycle, somme toute assez calme.

Le sujet : l’arrivée de French blue et ses “légions de vrais faux backpackers”, qui inquiète l’UPLD.

La Dépêche de Tahiti s’en était émue hier. “Antony Géros se fait un film sur les touristes sac à dos”, avons-nous titré, sur cette “question douteuse au gouvernement”.

En agitant “l’épouvantail du péril extérieur”, comme l’a précisé la ministre du Tourisme, Nicole Bouteau, le représentant indépendantiste souhaite mettre des “alertes” comme une fiche d’information, voire même un registre de domiciliation à partir de trois mois de résidence, pour ces “vrais faux backpackers qui seront légions et qui, une fois ici, seront chez eux”.

Sans se démonter mais sur un ton ferme, Nicole Bouteau lui a répondu, en préambule, avec les chiffres annoncés par la compagnie smart-cost French blue (lire ci-dessous). “Oui, nous sommes en capacité d’accueillir 10 % de flux touristique supplémentaire en 2018”, a-t-elle rétorqué, sur l’aspect réceptif.

Mais “agiter l’épouvantail du péril extérieur”, c’est “aller très, trop loin” pour la ministre. “Pourquoi pas un tatouage au poignet ou une puce électronique ?”, s’est interrogée la ministre, à la place de ce “registre de domiciliation”, proposé par l’UPLD.

On va où, là ? Vos questions sont édifiantes, leur tournure reflète un état d’esprit que je n’ose qualifier”, s’est insurgée Nicole Bouteau, avant de conclure que “nos visiteurs ont toujours été accueillis avec chaleur, qu’ils descendent d’un avion bleu au tiare ou blue frenchy”.
C’est pour cela qu’il y a des mesures de contrôle à l’arrivée qu’il faut faire, pour que nous ayons des alertes, avant que le niveau de non-retour soit atteint”, a renchéri Anthony Géros, craignant également des plans sociaux à venir, voire la fermeture de la ligne vers le Japon (lire ci-contre). L’arrivée de French blue n’a pas fini de faire couler de l’encre…

“Trois moniteurs d’État polynésiens”

Autre sujet qui a fait débat, plutôt à tendance “politique politicienne” selon la ministre du Tourisme (lire ci-contre), c’est le projet de loi du Pays sur la plongée subaquatique de loisir, enfin présentée aux représentants.

Un sujet dont s’est fait l’écho, de nombreuses fois, La Dépêche de Tahiti. Malgré une très longue concertation tous azimuts – 66 organismes ont été consultés – pour toiletter ces textes vieux de 25 ans, “où est la volonté d’océanisation de l’activité, il n’y a aucune garantie pour l’emploi de nos Polynésiens”, s’est interrogée Chantal Galenon pour l’UPLD, regrettant que “sur 230 moniteurs d’État, trois seulement sont Polynésiens”.

Nous créons des diplômes polynésiens puisque cela est de notre compétence, pour permettre le développement de cette activité en Polynésie, par les Polynésiens, que l’on soit guide, enseignant ou directeur de centre de plongée”, a expliqué à La Dépêche la ministre du Tourisme, qui semblait regretter un ton de “politique politicienne”.

L’UPLD s’est abstenue mais la loi du Pays a été votée avec 47 voix pour.

Outre quelques délibérations, les représentants ont voté deux autres lois du Pays relatives au médecin traitant, au parcours de soins coordonnés et au panier de soins, et à l’harmonisation de la prise en charge de la longue maladie par les régimes de protection sociale polynésiens, avant de se pencher sur le rapport de la chambre territoriale des comptes sur la politique agricole depuis 2010.

La séance s’est close aux alentours de 16 heures. 

Christophe Cozette

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