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Fret interîles subventionné : augmentation de 2,08 % au 1er juillet

mercredi 4 juillet 2018

taporo

Le Pays va payer 2,08 % de plus le fret interîles qu’il subventionne, mais les armateurs disent qu’ils ne s’y retrouvent toujours pas et remettent en cause le mode de calcul ïdes tarifs imposé par l’administration. (©archives LDT)

Un arrêté du conseil des ministres du 27 juin a remis à jour les tarifs du fret inter-îles pris en charge par le Pays, actant une augmentation de 2,08 %, parfois un peu plus pour le gaz ou les produits réfrigérés.

Pour rappel, depuis 2012, la Polynésie prend en charge 100 % du fret entre Tahiti et les îles pour les produits suivants : coprah, produits de première nécessité et eau en bouteille. Le dispositif a ensuite été étendu à certains matériaux de construction (ciment, tôles de couverture, bois traité, contreplaqué), aux intrants naturels pour l’agriculture et à l’alimentation des animaux d’élevage. Dans le sens îles-Tahiti, le Pays prend en charge le fret des produits agricoles et des produits de l’artisanat traditionnel.

En 2017, la Polynésie française a ainsi déboursé 145 millions de francs ; l’augmentation des tarifs ponctionnera, en théorie, trois millions supplémentaires du budget. Cette augmentation résulte d’une formule de calcul qui revalorise les tarifs selon l’évolution de trois indices, les salaires “Enim” (spécifiques aux travailleurs de la marine marchande et de la pêche), le prix du gazole et l’indice général des prix. Quand le résultat du calcul fait apparaître une augmentation supérieure à 2 %, le conseil des ministres met à jour les tarifs, après consultation de la commission d’examen des tarifs maritimes interinsulaires.

“Cette commission n’a qu’un avis consultatif, explique un armateur. C’est bien le gouvernement qui décide en dernier ressort. Nous sommes huit à voter, quatre armateurs et quatre représentants du Pays. Les quatre armateurs ont voté favorablement, l’administration s’est abstenue.”

La voix du président de la commission – en l’occurrence le ministre en charge des transports maritimes interinsulaires, Jean-Christophe Bouissou – étant prépondérante en cas de partage des voix, le procès-verbal indique que la commission a voté défavorablement. Et pourtant, l’augmentation a été actée par le conseil des ministres. C’est d’ailleurs la première depuis 2012.

Les armateurs vont proposer un nouveau mode de calcul Est-ce pour amadouer les armateurs, qui contestent le mode de calcul des tarifs ? “Les tarifs sont calculés soit au poids, soit au volume, dit un membre de la confédération des armateurs. La règle internationale veut que le tarif applicable soit celui qui est le plus avantageux pour le transporteur. Or, il y a quelques années, le gouvernement a modifié cela pour que le tarif applicable soit celui qui avantage le client. On est pénalisé sur plusieurs produits, en particulier ceux qui sont réfrigérés ou congelés, et pour les fruits et légumes qui viennent des îles Sous-le-Vent et des Australes, et il y en a quand même un paquet. Aux Australes par exemple, ils font des poivrons. Et le poivron, c’est du vide, quoi !”

Les armateurs polynésiens ont contesté cette disposition mais ont été déboutés par le tribunal administratif, “donc là, on est en cour d’appel à Paris”. Les armateurs considèrent qu’en leur imposant des tarifs désavantageux, le Pays leur fait supporter une partie de sa “générosité.” “Ils pourraient très bien décider de prendre en charge 50 %, ils veulent prendre 100 %, mais c’est une décision politique. Que le gouvernement assume, au lieu de nous faire subir ces frais-là.”

D’autant que la direction générale des affaires économiques (DGAE), qui effectue les paiements aux armateurs pour le fret subventionné, accuse trois mois de retard dans ses règlements : “L’administration dans toute sa splendeur ! Donc nous avons décidé de demander à un cabinet d’expertise comptable d’étudier une modification de la formule, car elle ne correspond plus à la réalité de l’exploitation des navires”, conclut l’armateur, en indiquant que ces propositions devraient être prêtes dans trois à quatre mois.

 

C.P.

 

 

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