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Les funérailles d’un adolescent tournent en vaste manifestation contre Duterte

lundi 28 août 2017

Des manifestants scandent des slogans lors des funérailles  du jeune Kian Loyd Delos Santos. (Photo : AFP/Ezra Acayan/NurPhoto)

Des manifestants scandent des slogans lors des funérailles du jeune Kian Loyd Delos Santos. (Photo : AFP/Ezra Acayan/NurPhoto)

Des milliers de Philippins ont réclamé samedi dernier la fin des exécutions extrajudiciaires lors des funérailles d’un jeune homme tué par la police, qui ont tourné à la plus grande manifestation contre la guerre brutale anti-drogue du président Rodrigo Duterte.

Le meurtre la semaine dernière de Kian Delos Santos, âgé de 17 ans, a déclenché des protestations –  chose rare – contre la campagne controversée mais populaire de Rodrigo Duterte pour éradiquer les drogues.

Pour les manifestants, la mort du jeune homme met en lumière les violations répétées des droits de l’homme perpétrées par la police.

Depuis que Rodrigo Duterte est arrivé au pouvoir il y a 14 mois, la police a signalé avoir tué 3 500 personnes lors d’opérations anti-drogues. Des milliers d’autres sont mortes dans des crimes reliés à la drogue et aux circonstances inexpliquées.

Rodrigo Duterte et sa guerre anti-drogue sont soutenus par une large majorité de Philippins, exaspérés par une forte criminalité et un système judiciaire au ralenti, selon des sondages nationaux.

Mais le meurtre de Kian Delos Santos, fils d’un vendeur ambulant et d’une mère immigrée, femme de ménage, a fait la Une de tous les médias et a déclenché l’indignation de la population.

Selon la police, l’adolescent était un trafiquant de drogues qui a tiré sur des policiers lors de son arrestation. Cependant, des images de vidéosurveillance montrent deux policiers traînant le jeune homme non armé avant qu’il ne soit tué.

 

“Empêcher la vérité de mourir”

 

Après une veillée avec la famille au domicile du jeune homme, environ 3 000 personnes – des camarades de classe, des voisins, des nonnes, des prêtres et des activistes des droits de l’Homme – ont défilé sous un ciel couvert pour protester contre son meurtre, a constaté un photographe.

« Nous allons poursuivre ce combat. Ce qui lui est arrivé était tellement injuste », a déclaré sa cousine de 21 ans Jhai Delos Santos, présente à la marche.

« Nous avons des droits aussi. Ils ne peuvent pas juste faire une guerre anti-drogue contre des personnes qui n’ont pas d’antécédents de drogues et ne prennent pas de drogues », a-t-elle dit, ajoutant également que le père et le grand-père du garçon avaient depuis reçu des menaces de mort anonymes.

« Kian est le nom et le visage de la vérité. Nous devons empêcher la vérité de mourir avec le meurtre de Kian », a déclaré le père Robert Reyes, un des prêtres catholiques qui a célébré samedi dernier une messe pour l’adolescent.

Sillonnant les rues étroites, les participants à cette lente procession portaient sur eux des rubans noirs et brandissaient des affiches aux slogans protestataires comme « Justice pour Kian » ou bien « Stop aux meurtres des pauvres ».

Le cortège s’est brièvement arrêté pour se recueillir devant le bureau de police des trois policiers qui ont arrêté le jeune homme. Ces trois policiers ont depuis été suspendus.

Une autopsie de la police a conclu que le jeune homme a été abattu de deux balles à la tête alors qu’il gisait au sol.

Rodrigo Duterte, qui a par le passé établi des parallèles très controversés entre sa campagne anti-drogue et l’extermination des juifs par Adolf Hitler, a promis d’amener les tueurs de Kian devant la justice.

« Le président a clairement déclaré que la guerre contre la drogue n’est pas une licence pour violer la loi », a déclaré le porte-parole de Rodrigo Duterte, Ernesto Abella, dans un communiqué publié vendredi dernier.

Amnesty International a accusé en février la police philippine de tuer des gens sans défense, de monter des preuves de toutes pièces, de payer des assassins pour abattre des trafiquants, de voler les victimes ou leur famille. L’ONG a ajouté que les policiers sont payés par leur hiérarchie pour tuer et a identifié des victimes très jeunes, certaines étaient âgées de huit ans.   

 

AFP

 

 

 

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