Fusillade dans un camp de gens du voyage: quatre morts, dont un gendarme, trois blessés graves

    mardi 25 août 2015

    Un homme appartenant à la communauté des gens du voyage a commis un carnage mardi dans un camp de nomades de la Somme, tuant à coups de fusil trois membres d’une même famille et un gendarme, et blessant grièvement trois autres personnes.

    Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve s’est dans la soirée à l’hôpital d’Amiens où il a rencontré les blessés et les familles des victimes de la fusillade dans un camp de gens du voyage, a annoncé à l’AFP le porte-parole de l’Intérieur Pierre-Henry Brandet.

    Arrivé peu avant 22H00 au centre hospitalier universitaire, le ministre s’est incliné devant la dépouille du gendarme de 44 ans tué par le forcené avant de se rendre au chevet du gendarme de 26 ans blessé dans l’échange de tirs.

    Il a ensuite rencontré les familles du gendarme tué et des gens du voyage dont trois membres d’une même famille ont été tués et un enfant de trois ans blessé pour « témoigner de son entier soutien aux familles de toutes les victimes », selon M. Brandet.

    Il a également « rendu hommage au dévouement aux gendarmes de Roye et du groupement de la Somme » qui sont intervenus et qu’il a également rencontrés.

    Grièvement blessé, l’enfant de trois ans est sorti du bloc opératoire et était hors de danger, le gendarme plus légèrement blessé qu’initialement envisagé devait pour sa part sortir de l’hôpital dans la nuit, selon une source proche du dossier.

    Le forcené, appartenant à la communauté des gens du voyage et qui a ouvert le feu dans un camp de nomades à Roye (Somme) était toujours en observation.

    Des renforts de forces de l’ordre ont été déployés à Roye ainsi qu’aux alentours du CHU d’Amiens en raison des tensions dans le camp où s’est produit le drame.

    « Un homme est entré dans une aire de gens du voyage à Roye dans la Somme. Il a tué froidement un bébé de six mois, une femme, un homme et il a blessé plusieurs personnes, deux gendarmes, dont l’un très grièvement, ainsi qu’un autre enfant de trois ans », a déclaré le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve à la presse.

    Le gendarme grièvement atteint, peu après, « est décédé des suites de ses blessures », selon le ministère de l’Intérieur.

    « C’est une affaire absolument dramatique et qui suscite dans la Somme, en France et au ministère de l’Intérieur une considérable émotion ».

    Trois des morts appartiennent à une même famille: un enfant, une femme qui se trouvait à ce moment-là dans une caravane, peut-être la mère de l’enfant, enfin le grand-père, a précisé le procureur de la République Bernard Farret, venu depuis Amiens.

    L’auteur des coups de feu, qui a apparemment agi seul, était muni « d’un fusil de chasse », a rapporté M. Farret.

    Le chef du parquet s’est dit dans l’incapacité de donner les motifs de la fusillade. Toutefois, a-t-il dit, « l’auteur était, semble-t-il, en état d’ébriété ». « On ne peut pas parler de réglements de compte mais d’une agression d’un individu sur une famille », a-t-il encore souligné.

     – Tension  -« Il s’agit d’une aire d’accueil communal gérée par une association accueillant une quarantaine de gens du voyage semi-sédentarisés qui y vivent depuis plusieurs années dans des caravanes. Jusqu’à maintenant, il n’y avait pas eu de problèmes », a rapporté la préfecture.

    Vers 21H30, une certaine détente était observée sur les lieux du drame, d’après la préfecture. Auparavant, la tension avait été très vive, selon un journaliste de l’AFP sur les lieux. Une voiture a même tenté de forcer un barrage, selon un adjoint au maire de Roye joint par l’AFP, commune située en milieu rural, à proximité de l’autoroute A1 Paris-Lille.

    Des incidents ont opposé un petit groupe de gens du voyage à des journalistes, le reste de la communauté demeurant calme. C’est d’abord une équipe de la chaîne I<TELE qui a été prise à partie et sommée de s’éloigner. Une heure plus tard, deux journalistes, l’un d’Europe 1, l’autre de RTL, ont été frappés par les mêmes personnes, aux abords du camp, a constaté un journaliste de AFP sur place. L’un d’eux saignait.

    « Un renfort policier » a été dépêché à proximité de l’hôpital d’Amiens.

    La dernière flambée de violences dans un camp de gens du voyage s’était produite en 2010 à Saint-Aignan (Loir-et-Cher), avec la mort d’un gitan tué par un gendarme lors d’un contrôle de gendarmerie auquel le gitan avait tenté de se soustraire.

    Agence France-Presse

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