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Pour le futur, comment mieux gérer les ressources lagonaires ?

mardi 11 avril 2017

pêche lagonaire

Pression démographique, politique dirigée vers le développement et non la gestion, manque de prise de conscience, aménagements littoraux, pollution terrigène, changements climatiques, surpêche… Les participants se sont interrogés sur les menaces pesant sur les ressources lagonaires. Point de départ avant de chercher des solutions. (© Marie Guitton)


La Polynésie française s’interroge sur la meilleure façon de préserver ses richesses lagonaires. Une préoccupation partagée par de nombreux pays voisins. Afin de trouver des solutions, un séminaire régional est actuellement organisé à Arue. Impliquer les communes et les pêcheurs est essentiel. Le Pays pourrait ainsi présenter, dans “quelques mois”, une nouvelle réglementation.

Des cris d’alarme sont régulièrement poussés. Par une élue qui voit des poissons “trop petits” vendus au marché de Papeete et sur les bords de route de Tahiti.

Par Marguerite Lai, qui espère que l’arrivée de Hokule’a vendredi “réveillera les consciences” face à la surpêche…

Que faire face à l’appauvrissement des lagons ? Afin “d’apporter une assistance à la Polynésie française pour améliorer son dispositif de gestion des pêches lagonaires”, un séminaire régional est organisé depuis ce lundi à Arue.

“Le constat d’échec, il est dans tout le Pacifique, précise Cédric Ponsonnet, directeur adjoint des ressources marines et minières (à la DRMM, chargée de la réglementation des pêches au fenua). Il y a très, très peu d’endroits où l’on arrive à bien gérer la ressource. Il y a plein de raisons à cela : l’accroissement démographique, l’évolution des habitudes alimentaires, le changement climatique, les techniques de plus en plus ‘performantes’, les pollutions… qui font qu’il y a de plus en plus de pression sur les ressources. Et le souci, c’est qu’on a du mal à trouver des solutions efficaces et suivies, et qu’on arrive à contrôler.”

Jusqu’à jeudi, une cinquantaine d’acteurs liés à la pêche (gestionnaires, chercheurs, statisticiens, associations, tavana, scientifiques, pêcheurs…) de tout le triangle polynésien participe à la rencontre organisée par le Pays et Integre, un projet financé par l’Union européenne.

 

Apprendre des expériences

 

L’objectif, pour la Polynésie française notamment, est d’apprendre des bonnes et moins bonnes expériences mises en œuvre chez ses voisins océaniens afin de “définir un mode de gestion de la pêche plus participatif”.

Car la participation des pêcheurs et des communes à la gestion de la ressource est aujourd’hui indispensable.

Comment, sinon, convaincre ceux qui vivent de la pêche de ne pas être trop gourmands ? Au fenua, la pêche lagonaire pèse 3 400 tonnes, chaque année, soit une valeur marchande de deux milliards de francs. Une goutte d’eau dans le produit intérieur brut (PIB), mais une question de survie pour certaines populations, notamment dans les îles. Dès lors, quel équilibre trouver entre activités économique ou nourricière et protection de la ressource ?

“J’espère que vous n’allez pas voter une loi qui va nous interdire de manger tous les jours, a lâché Teiva Tarahu hier, pendant le séminaire. Moi, je suis pêcheur lagonaire et je ne suis pas du tout d’accord avec tout ça. Venez nous voir à Moorea, vous verrez comment on est 200 familles qui vivent de la pêche lagonaire !”

Pour lui, “ce n’est pas la peine de réglementer, il faut laisser la nature faire son travail”. Une réponse que les services du Pays disent entendre souvent et avoir du mal à faire évoluer.

 

Vers une réglementation globale, mais “souple

 

De nombreux autres pêcheurs, au contraire, observent avec tristesse leur lagon se vider depuis des années. Ce fut le cas de Patrick Rochette, 56 ans, il y a quinze ans à la Presqu’île.

Tout a changé il y a trois ans, avec la mise en place du rahui, une sorte de mise en jachère d’une partie du lagon. “Aujourd’hui, il y a plein de poissons”, assure-t-il, en exhortant ses confrères à penser à l’avenir de leurs enfants.

Bien conscient de cet enjeu, Félix Barsinas, président de la communauté de communes des Marquises (Codim), vante quant à lui les aires marines éducatives pour “impliquer tout le monde à la sauvegarde de ce patrimoine”.

Mais comment généraliser ces initiatives ? De bons exemples existent dans le Pacifique, comme aux Samoa ou à Fidji, ainsi que l’explique Caroline Vieux, coordinatrice locale du projet Integre : “On trouve plein de systèmes dans lesquels on fait le choix de laisser une liberté pour que les mesures soient mieux acceptées et appliquées”.

La DRMM semble l’avoir bien compris. D’ici “quelques mois”, elle espère qu’un nouveau cadre, déclinable à l’échelle locale après des concertations, sera soumis à l’assemblée de la Polynésie.

Félix Barsinas, lui, regarde déjà au-delà du lagon, au-delà des frontières : “Je caresse l’espoir qu’après ces quatre jours de réflexions, on arrive à une réglementation qui nous lie à toutes les îles du Pacifique. Pourquoi ne pas aller voir d’une seule voix les grandes puissances de ce monde pour leur dire que, quand même, l’océan Pacifique nous appartient ?”

Marie Guitton

 

 

Lire les réactions des intervenants, et plus de détails sur les expériences menées au fenua et dans les Pays voisins, dans La Dépêche de Tahiti du 11 avril 2017

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