Les galettes des rois, reines du début de l’année

    mercredi 4 janvier 2017

    galette

    La galette, partagée, est aussi symbole de convivialité. (© Bertrand Prévost)


    Le 6 janvier ou le 2e dimanche de janvier est célébrée la fête de l’Épiphanie. L’occasion de faire un petit rappel historique à propos de cette fête et de la galette qui lui est inévitablement associée. Mais aussi de découvrir le travail d’un artisan pâtissier qui met tout son talent dans sa réalisation.

    Depuis plusieurs semaines, parfois même avant Noël, certains magasins proposent des galettes des rois dans leur rayon pâtisserie.

    Cette initiative est courante depuis quelques années à Tahiti, mais l’on peut s’en étonner. Ce dessert est en effet lié à la fête de l’Épiphanie, que l’on célèbre traditionnellement autour du 6 janvier.
    Au calendrier religieux s’est substitué un calendrier commercial qui fait feu de tout bois et assimile allègrement Halloween, Noël, Nouvel An et cette fête qui rappelle l’adoration du Christ Jésus par des mages venus d’Orient peu après sa naissance.

    Certes, cette fête chrétienne a sans doute elle-même des origines païennes plus anciennes liées au cycle de la lumière solaire en ce moment de solstice d’hiver dans les pays de l’hémisphère Nord.
    Mais la “marchandisation” de tous ces moments conviviaux – même laïcisés – n’a-t-elle pas pour conséquence leur banalisation ?
    On peut aussi se poser la question en ce qui concerne le symbole de cette fête, la galette. Elle est aujourd’hui fabriquée industriellement en grandes quantités, congelée puis décongelée avant d’être mise en rayons.
    Ce gâteau spécifique réalisé à base de pâte feuilletée et fourré peut-il être vraiment apprécié s’il n’est pas fabriqué avec l’art qui lui est dû ? Évidemment, les prix ne sont pas les mêmes ! Ils peuvent aller de 600 à 4 000 F.

    L’Épiphanie, fête de la Lumière

    La fête de Noël et l’Épiphanie, liées toutes deux à la naissance de l’enfant Jésus, sont des fêtes que ne manquent pas de célébrer les Polynésiens, majoritairement chrétiens aujourd’hui.
    Le paradoxe est que celles-ci se déroulent en plein été austral alors que cette période, en Europe et au Moyen-Orient, d’où elles sont originaires, correspond approximativement à un moment de l’année où les jours commencent à rallonger.
    Cette “renaissance” du soleil, et donc d’éloignement du froid et de l’obscurité, était célébrée avec liesse. C’est ainsi que dans l’Antiquité étaient organisées les Saturnales.
    C’est en tant que symbole de la Lumière spirituelle, incarnée par Jésus, que cette fête fut christianisée au IVe siècle de notre ère.
    Dans la symbolique chrétienne, selon la tradition latine, l’Épiphanie rappelle le voyage qu’auraient entrepris des rois et mages venus d’Orient.
    Inspirés par un songe chacun, ils auraient été guidés par une étoile pour rendre hommage au nouveau-né de Bethléem que voulait faire disparaître le roi Hérode et lui apporter des présents précieux : de l’or, de la myrrhe et de l’encens.

    Cette célébration religieuse a retrouvé au Moyen-Âge son accent festif d’origine païenne et a pris au fil des siècles des formes diverses de pratiques.
    Elle est aussi l’occasion de “tirer les rois”. Une fève – aujourd’hui remplacée par une petite figurine – est cachée dans une galette et la personne qui la découvre dans sa part devient le roi (ou la reine) de la journée. Il (ou elle) a alors le droit de porter une couronne de fantaisie puis choisit sa reine (ou son roi).

    Bögätö, “une expérience gustative”

     

    À Tahiti, quelques artisans se sont lancés dans la pâtisserie de qualité. C’est le cas d’Alexandre Bellard et Bastien Capbern, qui ont ouvert tout récemment une boutique et une terrasse de dégustation sur l’avenue du prince Hinoï, à Papeete.

    Respectueux de la tradition, ils se sont lancés dans la fabrication de galettes des rois, quelques jours seulement avant le 6 janvier.

    Ils sont aussi exigeants sur le plan de la qualité. “C’est une patte feuilletée, naturellement, mais réalisée avec du beurre de Poitou-Charente AOP (Appellation d’origine protégée, NDLR) et fourrée à la frangipane d’amande ou de noisette”, explique Alexandre Bellard, qui gère la boutique. “On a aussi des galettes au chocolat. Elles sont fabriquées sur place et cuites au four dans nos locaux.”

    Ce qui importe pour ces deux associés, c’est de faire de la pâtisserie avec amour et avec de bons produits.
    “Donc, on n’a pas le même résultat au niveau du goût, de la saveur… que ce que l’on trouve au supermarché, en grande quantité. Mais c’est bien, il en faut pour tout le monde”, sourit-il, tolérant à l’égard de la grande distribution.
    “Tous nos produits de base sont de qualité et donnent un rendu meilleur que la galette congelée. Quant à la période de vente, je pense que plus c’est vendu au moment de l’Épiphanie, mieux c’est. En faire tout au long de l’année ou même trois semaines avant, c’est lui faire perdre son sens”, précise Bastien Capbern, le chef pâtissier.

    Petite originalité, tous les gâteaux de Bögätö sont de forme rectangulaire. “Nos galettes sont du même style, c’est plus facile à partager”.  

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    Pour Alexandre Bellard et Bastien Capbern, l’important est de faire de la pâtisserie avec amour et avec de bons produits. (© Photo : Claude Jacques)

    C.J.

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