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Gaston Flosse : Angelo Frébault “s’est exclu lui-même”

mercredi 26 septembre 2018

C’est l’article 10 des statuts du parti qui conditionne la discipline de vote d’un représentant de l’assemblée, selon le Vieux lion. (© archives LDT)

C’est l’article 10 des statuts du parti qui conditionne la discipline de vote d’un représentant de l’assemblée, selon le Vieux lion. (© archives LDT)


Le Tahoera’a est revenu sur l’exclusion d’Angelo Frébault. Gaston Flosse, “qui avait confiance en lui”, “se sent trahi”. Mais le gouvernement et l’État en ont eu pour leur compte aussi.

Angelo, Édouard, l’État et les autres… Gaston Flosse avait réuni les médias hier matin, au siège du Tahoera’a, pour expliquer l’exclusion d’Angelo Frébault, qui a eu lieu la veille au soir, après son abstention sur la loi du pays sur la réforme des retraites, vendredi dernier.

Il a également tiré à boulets rouges contre le président du Pays, Édouard Fritch — “un mauvais magicien à la poudre de perlimpinpin qui nous endort tous” —, l’État (“néocolonialiste”) et les médias. Bref, un peu tout le monde.

Gaston Flosse a ouvert cette conférence de presse de plus de 90 minutes, après avoir confié “avoir pris un coup sur la tête, après les élections”.

Au point du jour, l’exclusion d’Angelo Frébault, ex-syndicaliste contre la réforme 1 du gouvernement Fritch, en mars, devenu représentant orange à l’assemblée, qui s’est abstenu lors du vote, la semaine dernière, sur la seconde mouture du projet de réforme des retraites, instaurant l’âge de départ à 62 ans et 38 années d’ancienneté mais aussi, l’actualité.

Après avoir détaillé le pourquoi et le comment de cette décision (lire interview), Gaston Flosse s’est dit “trahi car il avait confiance en lui”.

“Tous les soirs durant la campagne, devant des milliers de personnes, il a répété 60 ans et 35ans, et cela faisait partie de nos 12 mesures d’urgence. Il faut tenir ses engagements, pour garantir la longue vie d’un parti”, assène le Vieux lion.

En tout cas, il “préfère être à neuf à l’assemblée que d’avoir une pomme pourrie entre nous”, a-t-il dit avant de conclure sur l’affaire Frébault.

“Quand le Tahoera’a demande la discipline de vote, et c’est prévu dans les statuts, qu’il s’y conforme sinon sa place n’est pas au Tahoera’a.”

 

Du “Tout est faux” au “Tout est flou”

 

L’opposition selon Gaston Flosse — et dont son parti fait partie —, “doit se manifester, notamment sur le budget 2019”. “Lorsque nous avons démarré cette mandature, j’ai réuni les représentants de l’assemblée et je leur ai imposé une opposition constructive, et c’est ainsi que le Tahoera’a a voté un certain nombre de lois du pays et de délibérations”, a dit l’ancien sénateur.

Quand à Édouard Fritch, le président du Pays, c’est “un mauvais magicien à la poudre de perlimpinpin qui nous endort tous”, avec ses “Tout va mieux, tout va bien”.

Le Vieux lion a bien sûr décortiqué le discours de son ex-dauphin, lors de la session budgétaire. “Quand on parle de PIB, on ne sait pas. Quand on parle de chômage, on ne sait pas…. Tous ces chiffres sont cachés. Il n’y a pas de transparence. Tout est flou, tout est caché. C’est le roi des flous.”

“L’ISPF vit grâce aux subsides du gouvernement. L’IEOM est financé indirectement par le Pays. Nous empruntons beaucoup à l’AFD. Croyez-vous qu’ils vont dire que le Pays ne marche pas ? C’est fait exprès car sinon, les vrais chiffres annoncés par le gouvernement seraient catastrophiques. Un gouvernement en place depuis cinq ans, avec le même président, le même vice-président, les mêmes ministres, les mêmes représentants à l’assemblée. Cela aurait dû démarrer dès le lendemain des élections mais rien ne se passe.”

Gaston Flosse cite ensuite Hao et ses “deux premières pierres”, Takaroa et Ua Pou, et leurs 7 milliards de câble sous la mer, alors qu’il serait mieux de nettoyer le lagon pollué de l’un et faire un aéroport aux Marquises. Au mieux, pour ces bientôt six premiers mois de gouvernance, Gaston Flosse reconnaît qu’Édouard Fritch “a réussi à faire beaucoup plus de courses de chevaux” et qu’”on pourrait faire du coprah avec les cocotiers du front de mer”.

 

“Édouard Fritch, le roi des flous”

 

L’État en a pris pour son grade aussi. Selon nos informations, Gaston Flosse aurait sollicité Oscar Temaru pour l’accompagner à New York, à la quatrième commission à la tribune de l’ONU, en octobre, pour porter le fer face à Édouard Fritch.

Il a démenti sur toute la ligne ces informations, sans oser répéter son célèbre “Ceci n’est pas à l’ordre du jour”, prononcé la veille d’une motion de censure contre Gaston Tong Sang, il y a plus de dix ans déjà. Mais “Édouard Fritch, c’est la voix de la France à l’ONU”, “un État néo-colonial, qui veut faire disparaître l’autonomie”, notamment dans le domaine de l’éducation, selon Gaston Flosse.

De là à ce qu’un nouveau 7/7/7 naisse en octobre, à la tribune de l’ONU…

 

Christophe Cozette

 

Gaston Flosse, président du Tahoera’a : “Je me sens trahi par Angelo Frébault”

© Christophe Cozette

© Christophe Cozette

Qu’avez-vous dit à Angelo Frébault ?

Nous lui avons demandé d’abord les raisons pour lesquelles il s’est abstenu alors que toutes les instances du Tahoera’a, à l’unanimité, ont demandé aux représentants de l’assemblée de voter contre le projet du gouvernement (sur la réforme des retraites), ndlr).

Il nous a dit avoir déposé six amendements puis un septième, mais après avoir contrôlé la chose et vérifié, on s’est aperçu que c’était faux. Il n’avait jamais déposé d’amendement. Il nous a dit en avoir été l’instigateur.

Dans cette affaire-là, je me sens trahi par Angelo Frébault. J’avais confiance en lui. Après avoir expliqué sa position. Il s’est levé, a pris ses affaires et il est parti en claquant la porte. Il s’est exclu lui-même du Tahoera’a mais le conseil politique a pris la décision de l’exclure définitivement. (…)

C’est moi qui ai proposé son exclusion définitive. C’est impossible qu’un conseiller ne puisse pas se soumettre à la décision des instances dirigeantes du mouvement.

 

Vous parliez de la place prépondérante de l’État, ces derniers mois. Vous dénoncez cela.

Tout à fait, dans certains domaines comme l’éducation. On voit bien que l’autonomie ne marche plus. C’est le vice-recteur qui est redevenu le patron de l’Éducation avec le directeur de l’enseignement. Ce n’est pas la ministre de l’Éducation puisque nous sommes compétents, de l’école maternelle jusqu’au lycée. C’est à elle de venir devant les parents pour expliquer pourquoi on ferme des classes, le jour de la rentrée.
L’État veut faire disparaitre l’autonomie, dans ce domaine- là.

 

 Vous dénoncez même un néo-colonialisme.

Exactement, c’est du néo-colonialisme. Dans d’autres domaines aussi, moins voyants que l’éducation.

 

Propos recueillis par Christophe Cozette

 

 

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