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Gauguin : Tuhei Adams et Pua-Taï Hikutini à Paris avec Vincent Cassel

mercredi 20 septembre 2017

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Autour d’Édouard Deluc, les acteurs Pua Tai Hikutini (Iotefa), Tuhei Adams (Teura) Vincent Cassel (Gauguin) et Pernille Bergendorff (Mette Gauguin). (© Philippe Binet/LDT)


La grande salle du Gaumont Opéra-Capucines, à Paris, a accueilli le film d’Édouard Deluc, Gauguin – Voyage de Tahiti, avec le réalisateur et les acteurs, dont Vincent Cassel. Parmi l’équipe du film, étaient présents deux jeunes acteurs du fenua, Tuhei Adams, la compagne polynésienne de Gauguin, et Pua Tai Hikutini, qui joue le jeune Iotefa. L’histoire du film s’inspire du livre de Gauguin, Noa Noa, et s’attache surtout à montrer au spectateur l’état du peintre, malade et vieillissant.

Hier soir, à Paris, la grande salle du Gaumont Opéra-Capucines, près de l’Opéra, a accueilli le film d’Édouard Deluc, Gauguin – Voyage de Tahiti, en présence du réalisateur, de Vincent Cassel et des premiers rôles polynésiens.

Ce ne fut pas la standing-ovation, mais le public semblait satisfait de ce biopic, qui sort opportunément à la veille d’une grande rétrospective Gauguin, au Grand Palais, début octobre.

S’inspirant du livre de Gauguin, Noa Noa, Édouard Deluc s’en est parfois écarté pour introduire des événements qui ajoutent un zeste de dynamique dans le scénario.

Il s’est concentré surtout sur l’état du peintre à Mataiea. Malade et vieillissant, il tient bon, à l’écart de la civilisation proche – celle de Papeete – après avoir fui celle de Paris.

Sa passion est au bout du pinceau, quoi qu’il arrive. Elle est aussi dans l’œil qui trouve en Teura, le modèle archétypal polynésien, qu’incarne d’ailleurs si bien Tuhei Adams.

Vincent Cassel, qui porte tout le film, est malheureux d’un bout à l’autre de celui-ci et du coup, le spectateur porte aussi son fardeau.

Filmé souvent en gros plan, l’acteur livre toute sa tristesse et son acharnement.

Deluc n’a pas versé dans le voyeurisme remarqué dans d’autres films consacrés aux peintres ou aux sculpteurs.

La relation entre Gauguin et Teura reste très pudique à l’écran, en dépit de la réputation avérée du peintre.

Qui aime qui ? Peut-on se demander. Teura résignée à rester et le peintre attaché à l’utilité de son modèle ? Le fiu de la Polynésienne sera compensé par les sollicitations plus claires et surtout plus jeunes de Iotefa, autrement dit Pua Tai Hikutini, qui enlèvera la belle au vieux peintre décati.

 

Passion de la peinture

 

Et puis, bien vue aussi, cette incompréhension et cette interrogation classiques de deux civilisations qui s’observent, en dépit d’un Gauguin qui veut être plus le sauvage que le civilisé de l’époque.

Dans cette souffrance aux multiples facettes, seul compte la passion de la peinture, véritable ligne de survie, d’un Gauguin dont le médecin, incarné par Malek Zidi, s’acharne, lui aussi, à vouloir maintenir.

On s’ennuiera peut-être à cause du manque d’action et l’absence de fulgurance de certains paysages polynésiens. Mais, on restera accroché à un Vincent Cassel, pathétique, entré complètement dans son personnage au point d’être presque plus que vrai.

Voir Tahiti et souffrir ? Gauguin voulait voir Tahiti pour ne plus souffrir ; on connaît la suite avec les Marquises plus tard. Alors, Gauguin – Le voyage de Tahiti  ne sera pas un énième Révoltés de la Bounty, mais un film sur une belle passion.

Ph. Binet

 

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