Habillage fond de site

Les gendarmes viennent l’aider, il les frappe et les insulte

mardi 23 juillet 2019

Sans permis, sans assurance, Claudino A. a été contrôlé avec 0,75 mg d’alcool par litre d’air expiré. Photo : FC

Sans permis, sans assurance, Claudino A. a été contrôlé avec 0,75 mg d’alcool par litre d’air expiré. Photo : FC

Une marche arrière qui coûte cher. Claudino A. en a fait l’amère expérience au soir du dimanche 14 juillet. La journée a démarré de manière festive, à Tautira, où il a partagé des bouteilles de vodka et deux caisses d’obus de bière en compagnie de trois autres amis.

Le chemin du retour, vers son domicile, à Taapuna (Punaauia), va connaître un tournant lorsqu’il croise un ami qui l’interpelle au niveau de Pueu. L’homme, qui n’a jamais passé son permis, entame une marche arrière pour faire demi-tour sur la route, mais son pneu heurte un muret et nécessite d’être réparé. C’est ce qu’il est en train de faire lorsque les pompiers puis les gendarmes arrivent sur place pour s’assurer que l’homme de 31 ans est indemne et que son véhicule ne va pas causer d’accident. Mais l’homme peine à changer sa roue. Ce qui a le don de l’énerver au point de mettre un coup de poing sur sa vitre arrière et de se blesser à la main.

Un gendarme tente alors de le calmer, mais Claudino se méprend sur ses intentions et lui assène un coup de poing au torse. Hier, à la barre, où il était jugé en comparution immédiate, il a indiqué ne se souvenir que de quelques bribes de cette soirée. “J’ai cassé ma vitre. C’est là que le trou noir m’est venu. Après, quand on m’a lu ce que j’avais fait, cela m’est revenu doucement par flashes.”

L’homme a donc oublié que les gendarmes ont dû le mettre au sol, le menotter et l’amener de force dans le fourgon où l’homme a alors tenté de casser les vitres, avec sa tête. L’homme n’a également aucun souvenir des insultes et menaces proférées aux militaires.
“Si je les avais insultés, je ne l’aurais pas fait en français mais en tahitien”, rétorque-t-il, quand il est fait inventaire des noms d’oiseaux prononcés dans la langue de Molière.

 

La Croix bleue… Non

 

L’homme, sans emploi, qui a fait quelques petits boulots, ne tardera pas à s’excuser auprès des gendarmes mais le mal est fait. Il a déjà été condamné à plusieurs reprises, notamment pour des vols et des violences et a déjà été incarcéré pendant 21 mois.

Il a promis de signer à la “Croix bleue” (engagement devant Dieu à la sobriété pendant un temps donné, ndlr). Mais, une semaine après les faits, il ne s’est toujours pas engagé. “C’est parce que le père Christophe m’a dit de bien réfléchir avant de faire cela.”

 

Sans permis, il achète une voiture

 

Le procureur s’interroge : “Si vous n’aviez pas le permis, pourquoi acheter une voiture ?” “C’est pour ma petite famille, pour aller ballade, aller à la mer”, explique ce père de quatre filles âgées de 3 à 10 ans et qui n’a jamais passé le permis “par manque de moyens”. D’ailleurs, il n’est plus inscrit au Sefi car “ils demandent d’avoir le permis”.

Le procureur rappelle que l’homme doit aussi être convoqué au tribunal, en septembre, pour vol, et regrette la tournure prise par cette soirée du 14 juillet.

“Les gendarmes étaient là pour éviter un sur-accident. Ils n’avaient pas un but de répression mais de prévention. Ici, il y a un sens des valeurs et de respect des autorités que l’on a un peu perdu en métropole. C’était le 14 juillet, il aurait fallu un peu délicatesse de votre part à l’égard des militaires, mais vous avez failli.”

Il requiert douze mois de prison, dont six avec sursis, avec une mise à l’épreuve de trois ans l’obligeant à suivre des soins contre l’alcool et à chercher un travail ou suivre formation.

L’avocat de Claudino A. rappelle que son client a reconnu que son comportement était déplacé et avait immédiatement présenté des excuses sincères. Il rappelle également ses responsabilités familiales où seule la mère dispose d’un emploi. Les juges décident finalement de le condamner à huit mois de prison, dont quatre avec sursis, assorti d’un mandat de dépôt.

C’est suivi des ses filles en pleurs, venues lui apporter des vêtements, qu’il a donc été conduit en détention.

 

FC

 

 

0
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

Pensez-vous qu’un Tahitien peut enfin s’imposer à domicile cette année à la Tahiti Pro Teahupo'o ? Si oui, lequel ?

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete