Geneviève de Fontenay, la pittoresque patronne des Miss, « tourne la page »

    jeudi 14 janvier 2016

    La célèbre « dame au chapeau » tire sa révérence: après plus de 60 ans de règne sur les concours de beauté, Geneviève de Fontenay « tourne la page » des Miss à 83 ans, estimant ne plus être « trop dans l’air du temps ».

    « La page des Miss est bel et bien tournée pour moi », déclare-t-elle dans un entretien à paraître vendredi dans le magazine France Dimanche.

    « Je crois que je ne me sens plus trop dans l’air du temps. Ou plutôt je ne me sens plus trop en accord avec ce qui me semble marcher aujourd’hui », confie l’ancienne présidente de la Société et du Comité Miss France, qui avait créé un concours dissident après sa rupture avec le groupe audiovisuel Endemol.

    « Je pense notamment à toutes ces filles que l’on voit tout le temps à poil », poursuit Geneviève de Fontenay, citant « Zahia, Nabilla, ou encore la fille de Dominique de Villepin les seins à l’air en une des magazines ». « Et de voir la chanteuse Rihanna devenir l’égérie de Dior, ça m’a rendue folle. Ce pauvre Christian doit se retourner dans sa tombe », s’insurge cette personnalité haute en couleur, connue dans toute la France pour ses chapeaux noir et blanc, son style désuet et son franc-parler.

    Elle présidera samedi soir pour la dernière fois l’élection Miss Prestige national 2016 à Soultzmatt (Haut-Rhin), pour laquelle 32 candidates sont en lice.

    L’ex-patronne des Miss France dit n’avoir « aucun regret ». « Je ne suis pas nostalgique. Tout ce que j’ai fait, je pense l’avoir bien fait. Quand je regarde en arrière, j’estime avoir eu une belle vie ».

    « Mais il est vrai qu’avec tout ce qui se passe en ce moment dans le monde, j’en venais à avoir un peu honte de faire ce genre de concours », reconnaît celle qui fut mannequin pour Balenciaga dans sa jeunesse.

    – Look d’aristocrate faussement coincée -Geneviève de Fontenay souligne aussi « la difficulté de trouver de nouvelles candidates convenables pour le concours Miss Prestige national », dont elle est présidente d’honneur. « Le seul concours qui survivra, c’est celui de Miss France… Il faut se rendre à l’évidence, Endemol est trop fort. On ne peut pas lutter contre une si grosse artillerie ».

    « Je préfère donc partir maintenant de mon plein gré, avant que le navire coule », dit-elle, évoquant aussi une divergence de vue avec la présidente officielle du Comité Miss Prestige national, Christiane Lillio.

    Elle ne part « pas pour participer à un autre concours », refusant toutefois « qu’on lui parle de retraite » : « Je ne vais pas disparaître du jour au lendemain! Je compte toujours me rendre là où l’on m’appelle, pour des séances de dédicaces dans les foires, les salons, les supermarchés », explique-t-elle.

    Elue « Miss Elégance » 1957, la « dame au chapeau » avait croisé quelques années plus tôt la route de Louis Poirot, dit de Fontenay, le président de la structure Miss France de l’époque.

    Ensemble, ils avaient fondé en 1954 le Comité et la Société Miss France, vendus en 2002 à Endemol.

    Peu de temps après, Geneviève de Fontenay claquait la porte, estimant être en conflit éthique sur l’organisation de Miss France. En soutenant un concours dissident, elle avait déclenché une guerre judiciaire avec Endemol qui a pris fin en 2013.

    Ses déclarations choc, notamment dans sa lutte « contre le débraillé », ou ses prises de positions paradoxales en faveur de l’extrême gauche ont forgé sa popularité, nourrie aussi par un décalage entre sa gouaille et son look d’aristocrate faussement coincée.

    Agence France-Presse

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